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La clé des champs

De Luc Boulanger

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Résumé

La princesse Espérance vit dans un château qu’elle n’a jamais quitté depuis son enfance. Le roi et la reine, ses parents, veulent la protéger du monde extérieur prétendument rempli d’étrangers hostiles et de créatures malveillantes. La princesse réussit tout de même à s’échapper et grâce à une clé magique, elle parcourt les différents royaumes du pays imaginaire. Une pièce qui prône l’interculturalisme et la tolérance.

Un texte conçu pour les groupes nombreux avec beaucoup de petits personnages. Le rôle de la princesse est plus important, mais il peut toujours être divisé entre deux ou trois enfants au besoin.

L’histoire est un mélange bien dosé de créatures en vogue comme les vampires et les zombies auxquels se joingnent des personnages des contes classiques comme une sorcière, des nains, Merlin l’enchanteur et même Peter Pan.

Fiche technique

  • Style/Thème : Conte moderne sur l'interculturalisme
  • Lieu : Un royaume
  • Nombre de comédiens : 12 à 20
  • Durée : 40 minutes
  • Âge : 8 à 13 ans
  • Niveau : Intermédiaire

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Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme « Écrivains à l’école » subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Articles de presse

La clé des champs

Extrait de la pièce

La clé des champs

 

par Luc Boulanger

 

Les personnages

 

Princesse Espérance
Roi
Reine
Petit Chaperon rouge
Empereur vampire
Impératrice vampire
Victor le vampire
Paysan
Paysanne
Petite fille
La sorcière
Quatre nains
Minus, le grand nain
Merlin
Le gardien des murailles
Deux zombies

 

Les différents royaumes que la princesse va visiter sont séparés par d’immenses murailles que la princesse traverse aisément grâce à la clé magique. Pour la conception des décors, il n’est pas obligatoire de représenter les murailles. Le texte est écrit de façon à suggérer leur présence. Quand la princesse traverse une muraille, elle sort de scène et quand elle revient, on comprend qu’elle arrive dans un nouveau royaume.

 

À différents endroits dans le texte, la princesse s’exprime en aparté, c’est-à-dire qu’elle s’adresse directement au public sans que les autres personnages entendent. Il s’agit d’un procédé théâtral très ancien qui permet de créer une complicité entre un personnage et le public.

 

Ce texte est disponible pour lecture seulement. Il n’est pas libre de droits. Pour l’utiliser, vous devez obtenir les droits d’auteur. Toute reproduction électronique, audiovisuelle ou imprimée sans consentement explicite de l’auteur est interdite.

 


Scène 1

 

La princesse est assise. Elle pleure en se cachant le visage avec ses mains. La reine arrive.

 

Reine : Ne me dis pas que tu pleures encore.

 

La princesse qui se découvre le visage, veut s’exprimer mais la reine l’interrompt.

 

Reine : Je sais, tu t’ennuies et tu voudrais sortir du château.

 

Roi qui arrive à son tour : Alors, ma fille adorée, ça va mieux ?

 

La princesse ouvre la bouche, mais la reine est plus rapide.

 

Reine : Pas du tout.

 

Roi : Mais, nous faisons tout en notre pouvoir pour te divertir.

 

Reine : Mademoiselle n’est jamais satisfaite.

 

Roi : Pourtant… On lui présente la Belle au bois dormant.

 

Reine : Mademoiselle lui baille au visage.

 

Roi : On lui propose alors Raiponce.

 

Reine : Mademoiselle trouve que son invitée se brosse trop les cheveux.

 

Roi : On fait donc appel à la Reine des neiges.

 

Reine : Mademoiselle reste de glace.

 

Roi : Rien ne peut la contenter.

 

Encore une fois, la princesse vient pour parler, mais d’un signe de la main, la reine l’arrête.

 

Reine : Tu vas nous répéter que tu as l’impression d’être prisonnière.

 

Roi : Que tu rêves de voyager, de rencontrer toutes sortes de créatures fantastiques.

 

Reine : Tu voudrais que Peter Pan surgisse à ta fenêtre, qu’il te prenne par la main pour te transporter à travers les nuages.

 

Roi : Mais le pays imaginaire a changé. L’époque des aventures naïves est révolue.

 

Reine : Il faut d’abord être prudent et veiller à ta sécurité. Mille dangers te guettent à l’extérieur.

 

Roi : Voilà pourquoi nous te gardons à l’intérieur du château.

 

Reine : Nous pensons à ton avenir.

 

Roi : Et le pauvre Peter Pan a disparu. Nul ne sait ce qu’il est devenu.

 

Reine : Au lieu de pleurer, tu devrais nous remercier.

 

Roi : Pourquoi vouloir partir alors que le moindre de tes souhaits peut être exaucé.

 

Reine : Nous sommes riches et tu as des dizaines de serviteurs à ton service.

 

Roi : Allez, fais-nous un petit sourire, juste un…

 

Le roi et la reine la regardent avec un sourire forcé. Désespérée, la princesse est sans voix.

 

Reine : Elle ne veut pas comprendre. Cette enfant est ingrate.

 

Roi : Il ne faut pas abandonner. Ma chère fille, j’ai une surprise qui va te rendre ta bonne humeur.

 

Reine : Ton père ne cesse de chercher des solutions.

 

Roi : Je t’ai trouvé une nouvelle amie. Il s’agit d’une jeune fille de ton âge qui a une belle réputation au pays imaginaire.

 

Reine : Je suis impatiente de connaître son nom.

 

Roi : Le Petit Chaperon rouge.

 

La princesse a une moue de dépit.

 

Reine : J’espère que tu vas au moins lui donner sa chance.

 

Roi : Elle attend dans la salle d’à côté. Je vais demander qu’on l’appelle.

 

Il quitte.

 

Reine en quittant : Sois positive.

 

Espérance : Je sais que mes parents ne veulent que mon bonheur, mais la seule chose qui me ferait plaisir est de sortir de ce château que je n’ai jamais quitté depuis ma naissance. Je vis au pays imaginaire, mais je ne le connais qu’à travers les contes que j’ai lus dans les livres. Je voudrais tellement rencontrer le chat botté, Ali Baba, croiser le fer avec le capitaine Crochet.

 

Le Petit Chaperon rouge est arrivée.

 

Espérance : Ah ! Te voilà.

 

Chaperon en faisant une petite révérence : Bonjour, je vous apporte des galettes et un petit pot de beurre.

 

Espérance : Alors, qu’est-ce que tu me proposes comme activité ?

 

Chaperon : Eh, je vous ai apporté des galettes et un petit pot de beurre.

 

Espérance : Oui, mais qu’est-ce qu’on va faire ensemble ?

 

Chaperon : Eh, je sais pas. Des galettes ?

 

Espérance en aparté : Ouais, elle n’a pas trop l’air allumée. Mais pour confondre sa grand-mère avec un loup, il ne faut pas être douée.

 

Le Chaperon la regarde avec un sourire niais.

 

Espérance qui réfléchit : À moins que… Oui… Je crois que j’ai une idée. Nous allons jouer à « Je suis toi et tu es moi ».

 

Chaperon : Je ne comprends pas.

 

Espérance : Nous allons inverser nos rôles. Tu vas devenir princesse et moi le Chaperon rouge.

 

Chaperon : Est-ce que c’est permis ?

 

Espérance : Ce n’est qu’un jeu. Allez, échangeons nos capes.

 

Chaperon : Bon.

 

Les deux jeunes filles s’échangent leur cape et les enfilent.

 

Espérance : Maintenant, tu t’assois, tu caches ton visage avec tes mains et tu pleures.

 

Chaperon : Je pleure ?

 

Espérance : Oui, je pleure souvent. Mais, je n’ai pas le temps de t’expliquer pourquoi. Ah, j’oubliais ; ma couronne.

 

Elle prend sa couronne et la dépose sur la tête du Chaperon.

 

Chaperon : Si je suis une princesse, est-ce que je vais pouvoir manger des tas de gâteaux ?

 

Espérance : Oui, plus tard. Pour l’instant, tu mets tes mains sur ton visage et tu pleures sans bouger le plus longtemps possible.

 

Le Chaperon écoute sans broncher les consignes de la princesse. Elle sanglote comme un petit chat.

 

Espérance en aparté : Elle est vraiment nulle. Mais je crois que ça va aller.

 

La princesse ramasse le panier de galettes.

 

Espérance : Avec cette cape rouge et ce panier de galettes, je vais tromper la vigilance des gardes. Enfin, je pars à la découverte du pays imaginaire.

 

Elle quitte.

 

Scène 2

 

Chez l’empereur des vampires, Victor, le fils de l’empereur, lit un livre en marchant. L’impératrice arrive.

 

Impératrice : Comme tu es studieux, mon fils. Je vois que tu apprends tes leçons avec beaucoup d’ardeur.

 

Victor : J’ai terminé mes leçons depuis longtemps. En fait, je lis un roman palpitant.

 

Impératrice : Moi aussi dans ma jeunesse, j’étais passionnée de Dracula.

 

Victor : Qui vous a dit que je lisais Dracula ?

 

Impératrice : Dracula est la plus belle histoire qui soit.

 

Victor : C’est plutôt banal et ça manque de vie. Non, je préfère « L’île au trésor ».

 

Impératrice : Quoi ? Un livre qui raconte des aventures de pirates.

 

Victor : Oui.

 

Impératrice : Si ton père apprend cela, il va se retourner dans sa tombe.

 

Empereur : Hum ! Hum ! Je me lève à l’instant et j’ai entendu la fin de votre conversation.

 

Impératrice : Bonne nuit très cher, j’espère que vous avez bien dormi.

 

Empereur : Les coussins de mon nouveau cercueil sont vraiment très confortables.

 

Impératrice : Notre fils s’est procuré un roman interdit.

 

Victor : Qu’y a-t-il de mal à lire des histoires qui mettent en vedette des humains ?

 

Empereur : Les humains sont nos ennemis. Ils sont menteurs et méchants. On ne sait jamais quand ils vont nous enfoncer un pieu dans le dos.

 

Victor : Je ne peux pas savoir ; j’en n’ai jamais rencontré.

 

Empereur : Par chance !

 

Victor : Et je n’ai jamais rencontré de licorne, d’elfe ou de géant. Pourtant, je vis au pays imaginaire.

 

Impératrice : Il a été décidé que chaque peuple du pays imaginaire devait rester dans son royaume.

 

Empereur : Un royaume pour les licornes, un royaume pour les elfes, un royaume pour les vampires, un royaume pour les humains, un royaume…

 

Victor : Je sais tout ça. Mais je ne comprends pas pourquoi.

 

Empereur : Pour que chacun puisse vivre en paix. Jadis, il y avait beaucoup de guerres et de mésententes au pays imaginaire.

 

Victor : Et la seule solution que vous avez trouvée, c’était de construire d’immenses murailles entre les royaumes.

 

Impératrice : Les murailles nous protègent des autres.

 

Empereur : Les vampires peuvent maintenant vivre sans crainte des humains et des autres créatures qui les ont toujours pourchassés.

 

Victor : N’y aurait-il pas d’autres solutions ?

 

Empereur : Honnêtement, je ne crois pas.

 

Victor : Alors moi, je vais la chercher cette solution.

 

Impératrice : Ne sois pas ridicule ; d’autres avant toi se sont cassé les dents sur ce problème.

 

Victor : J’y arriverai.

 

Empereur : Oublie ça et continue de te consacrer à tes études. N’oublie pas qu’un jour, tu prendras ma place à la tête de l’empire des vampires.

 

Victor : J’en ai assez d’étudier. Je suis déjà le premier de ma classe en mathématique et en hypnotisme. Je veux sortir. J’ai le goût de mordre dans la vie.

 

Impératrice : Sois raisonnable. Il te reste beaucoup à apprendre.

 

Victor : Je veux apprendre sur le terrain, rencontrer d’autres créatures, me faire ma propre idée à propos des humains.

 

Empereur : Mais les humains vivent généralement le jour.

 

Victor : D’ailleurs, je suis fatigué d’avoir à me cacher le jour. Les vampires méritent leur place au soleil.

 

Impératrice : Mais nous sommes allergiques au soleil, ses rayons peuvent nous tuer.

 

Victor : Il existe maintenant une crème solaire conçue spécialement pour nous, de la 250. Je vais l’essayer.

 

Impératrice : Ma foi, il a complètement perdu la raison.

 

Empereur : Même si tu sors en plein jour, tu ne pourras franchir les murailles. Elles sont bien protégées.

 

Victor : C’est ce qu’on va voir.

 

Impératrice : Nous allons t’en empêcher.

 

Empereur : Laisse-le faire. Il finira par se rendre compte de ses erreurs.

 

Victor : Un jour, je reviendrai et vous serez fiers de moi.

 

D’un pas décidé, Victor quitte.

 

Impératrice : Que va-t-il devenir ?

 

Empereur : Ne te fais pas de mauvais sang. Il faut bien que jeunesse se passe.

 

L’impératrice laisse aller un soupir.

 


Scène 3

 

La princesse porte toujours la cape du Chaperon rouge et tient à son bras le panier rempli de galettes.

 

Espérance en aparté : Les gardes se sont laissé berner. Ils m’ont pris pour le Petit Chaperon rouge. Je suis libre !!!

 

Elle trouve sur son chemin un paysan et une paysanne.

 

Espérance : Pardon de vous déranger bonnes gens. Je cherche une façon de franchir les murailles ?

 

Paysanne : Est-ce que tu as entendu la même chose que moi Firmin ?

 

Paysan : Je me suis lavé les oreilles pas plus tard que ce matin ma femme.

 

Paysanne : Cette jeune bécasse veut aller gambader de l’autre côté de la clôture.

 

Espérance : Il existe sûrement un passage ou un tunnel qui me permettrait d’accéder aux autres royaumes.

 

Paysan : Mais vous êtes en sécurité ici.

 

Espérance en aparté : La sécurité ! Encore ce mot ; c’est vraiment une épidémie.

 

Paysan : Pourquoi voulez-vous risquer votre vie ?

 

Espérance : J’ai le goût de l’aventure. Je veux voir du pays et rencontrer des gens différents.

 

Paysanne : Je me demande qui vous a mis en tête de pareilles sornettes. Les terres au-delà des murailles sont peuplées de créatures dangereuses aux intentions mauvaises.

 

Paysan : Tous ceux qui sont partis là-bas ne sont jamais revenus.

 

Espérance : Vous en connaissez personnellement de ces personnes qui ne sont jamais revenues ?

 

Le paysan et la paysanne se regardent incertains.

 

Espérance : Est-ce que vous en connaissez ?

 

Paysan : Pas personnellement, mais il y a eu plusieurs cas célèbres.

 

Espérance : Et ces créatures étranges, êtes-vous certains qu’elles ont de mauvaises intentions ?

 

Paysanne : Mais tout le monde vous le dira.

 

Espérance : Ce ne sont donc que des ouï-dire.  Moi, avant d’affirmer quoi que ce soit, je veux me forger ma propre opinion.

 

Paysanne : Vous avez l’air bien naïve, ma chère. À votre place, j’y réfléchirais deux fois avant de commettre l’irréparable.

 

Paysan : Et comptez-vous chanceuse qu’on ne vous dénonce pas aux autorités. Le roi pourrait vous jeter au cachot s’il apprenait vos plans.

 

Paysanne : Si vous persistez dans vos intentions, vous finirez emprisonnée comme l’enchanteur Merlin qui a tenté de détruire les murailles avec sa magie.

 

Espérance : Un enchanteur ! J’en rêve.

 

Paysan : Depuis ce temps, la magie est interdite et c’est très bien ainsi.

 

Paysanne : Suivez notre conseil et oubliez ces folles idées.

 

Le paysan et la paysanne quittent.

 

Espérance en aparté : Ils ignorent que le roi est mon père.

 

Un brin contrariée, elle les regarde partir.

 


Scène 4

 

Espérance : Mais je ne suis guère plus avancée. Je crois qu’il sera difficile de trouver réponse à mes questions.

 

Une petite fille en haillons s’avance vers la princesse.

 

Petite fille : Bonjour, je vends des allumettes. Vous voulez m’en acheter quelques-unes?

 

Espérance : Merci, je n’ai nul besoin d’allumettes.

 

Petite fille : Elles ne coûtent que trois sous.

 

Espérance : Je n’emporte jamais d’argent avec moi. Je suis une princesse ; ce sont mes valets qui s’occupent des achats.

 

Petite fille : Une princesse ? Je vous prenais pour le Petit Chaperon rouge.

 

Espérance en aparté : C’est vrai, où ai-je la tête ?

 

Espérance : Je blague ! Je suis bien le Petit Chaperon rouge. D’ailleurs, dans mon panier, j’ai des galettes. Je peux t’en donner une, mais en échange, j’aimerais avoir quelques informations.

 

Petite fille : Je veux bien, mais donnez-moi la galette d’abord.

 

Espérance en aparté : Peut-elle vraiment m’aider ? Je n’en suis pas certaine. Mais je ne risque pas grand-chose.

 

Elle lui donne la galette. La petite s’en empare avec empressement et la cache sous ses haillons.

 

Petite fille : Que voulez-vous savoir ?

 

Espérance : Tu dois connaître bien du monde. Je cherche une personne brave qui pourrait m’aider à franchir les murailles.

 

Petite fille inquiète : Franchir les murailles ? C’est que…

 

Espérance : Il doit bien exister quelqu’un quelque part qui connaît une façon de traverser ces immenses murs.

 

Petite fille qui hésite un peu : Eh… Je ne crois pas Madame.

 

Espérance : Tu es certaine ?

 

Espérance en aparté : Elle semble me cacher quelque chose.

 

Petite fille : Absolument.

 

Espérance : Dis-moi. Tu vends des allumettes pour subvenir à tes besoins ?

 

Petite fille : Je n’ai pas le choix. Je suis la Petite Fille aux allumettes.

 

Espérance : La Petite Fille du conte ?

 

Petite fille : Elle-même madame.

 

Espérance : J’adore ton histoire ; elle est tellement triste.

 

Petite fille : Merci.

 

Espérance : Tiens, prends tout mon panier et mes galettes.

 

Petite fille : Ah ! Mais vous êtes vraiment gentille ! Merci ! Merci !

 

Espérance en aparté : Avec toutes ces galettes, j’espère qu’elle arrivera à survivre.

 

Petite fille qui serre très fort le panier : Madame, vous n’êtes pas vraiment le Petit Chaperon rouge ?

 

Espérance est un peu surprise ; elle hésite.

 

Espérance : Tu as raison. C’est un secret qui doit rester entre toi et moi.

 

Petite fille : Entendu Madame. J’ai moi aussi un secret pour vous.

 

Elle regarde à gauche et à droite pour être certaine que personne ne l’entende.

 

Petite fille : À l’orée du bois, vous trouverez une hutte habitée par une vieille femme. On raconte qu’il s’agit d’une sorcière. Je crois qu’elle pourrait vous indiquer la route à suivre.

 

Espérance : Voilà qui me sera sûrement utile. J’y vais de ce pas. Je te remercie du fond du coeur et surtout prend bien soin de toi.

 

Petite fille : J’y veillerai Madame. Tenez, je vous donne toutes mes allumettes. Un jour, elles vous sauveront la vie. Au revoir !

 

Espérance la regarde partir en souriant. Elle jette un œil sur le paquet d’allumettes que la petite fille a déposé dans sa main. Elle hausse les épaules et met le paquet dans une poche ou une petite sacoche.

 

Espérance : Maintenant, trouvons cette hutte.

 


Scène 5

 

La princesse arrive près du refuge de la sorcière.

 

Espérance : Y a quelqu’un ?

 

Sorcière : Enfin, de la visite. Tire la chevillette et la bobinette cherra.

 

Espérance : Pardon, je ne sais pas comment.

 

Sorcière : Ouvre simplement la porte et entre.

 

La princesse se retrouve devant la sorcière. Elle est un peu intimidée par la vieille femme.

 

Sorcière : Quel est ton nom ma belle fille ?

 

Espérance : Espérance.

 

Sorcière : Espérance, quel nom bien choisi. Il va de pair avec ton destin.

 

Espérance : Mon destin ?

 

Sorcière : Ce n’est pas important. Que me vaut ta visite ?

 

Espérance : Eh bien. Je rêve de visiter les autres royaumes et pour traverser les murailles, j’ai besoin de la magie d’une sorcière.

 

Sorcière : Une sorcière? Je ne vois pas de sorcière ici, seulement une vieille femme. Les sorcières font de la magie et la magie est maintenant interdite.

 

Espérance : Ah ! Pardon. Je me suis peut-être trompée.

 

Elle vient pour quitter, mais la vieille la retient.

 

Sorcière : Attends, je ne suis peut-être pas une sorcière, mais je peux probablement t’aider.

 

Espérance : Ah bon !

 

Sorcière : Une vieille femme d’expérience comme moi a plus d’un tour dans son sac. Et justement, dans mon sac, j’ai sûrement ce que tu cherches.

 

Elle fouille dans un sac. Elle sort un flacon.

 

Sorcière : De la poudre d’escampette ! Non, ce n’est pas tout à fait ça.

 

Elle remet le flacon dans le sac et en ressort quelques fèves.

 

Sorcière : Avec les haricots de Jack, on pourrait grimper sur les murailles, mais… ce n’est pas assez discret.

 

Elle jette les haricots au fond du sac. Elle continue à fouiller.

 

Sorcière : Ah ! La voilà !

 

Elle tient une grande clé dans sa main.

 

Espérance : Qu’est-ce que c’est ?

 

Sorcière : La clé des champs ; avec elle, on peut aller où bon nous semble.

 

Espérance : Je pourrai traverser les murailles avec cette clé ?

 

Sorcière : Assurément.

 

Espérance : Donc, vous faites bel et bien de la magie.

 

Sorcière : Non, la magie, c’est toi qui vas la faire. Moi, je te donne la clé, c’est tout.

La vieille femme tend la clé à la princesse qui l’accepte.

 

Espérance en aparté : Elle craint vraiment d’être prise pour une sorcière.

 

Sorcière : Au centre du pays imaginaire se trouve un royaume différent, un royaume libre où les êtres qu’ils soient lutins, ogres, vampires ou humains peuvent habiter ensemble.

 

Espérance : Un tel royaume existe ?

 

Sorcière : Oui, c’est un royaume secret. On l’appelle le repaire des initiés.

 

Espérance en aparté : Le repaire des initiés. Incroyable, je n’aurais jamais osé imaginer que cela fut possible.

 

Sorcière : Ce royaume est réservé aux gens originaux et remarquables. Je crois que tu sauras y trouver ta place.

 

Espérance : Je suis impatiente de m’y rendre.

 

Sorcière : La route pourrait être dangereuse.

 

Espérance : Rien ne m’arrêtera.

 

Sorcière : Alors, tu devras te diriger en direction du soleil levant.

 

Espérance : Vers l’est.

 

Sorcière : Pour arriver au repaire des initiés, il faudra traverser le royaume des vampires et celui des nains.

 

Espérance : Entendu.

 

Sorcière : Il est préférable de traverser le royaume des vampires durant le jour lorsqu’ils dorment dans leur cercueil. Les vampires ont un pouvoir de séduction incroyable. Ils arrivent même à hypnotiser leurs victimes. Quant aux nains…

 

Espérance : Avec les nains, je n’ai rien à craindre.

 

Sorcière : Il faut quand même s’en méfier. Les nains sont un peu embêtants et ce sont de sales petits voleurs.

 

Espérance : Bien. Je vais tâcher de retenir vos conseils. Il me reste à trouver la serrure qui convient à cette clé.

 

Sorcière : Il n’y a ni porte, ni serrure. Tu tiens la clé dans ta main et tu fonces vers le mur.

 

Espérance : Et si je me cogne la tête ?

 

Sorcière : Les murailles existent d’abord dans l’esprit des gens. Elles apportent sécurité, mais en contrepartie, elles limitent l’horizon. Pour passer à travers la pierre, tu devras voir plus loin que les autres.

 

Espérance : Tout d’un coup, ça semble impossible.

 

Sorcière qui la prend par les épaules : J’ai confiance en toi ma belle Espérance. Ça ne sera pas facile. Par moment, tu croiras avoir échoué, mais tu y arriveras.

 

Espérance en aparté : Je commence à douter.

 

Sorcière : Avant de partir, tu dois te débarrasser de cette cape rouge beaucoup trop éclatante.

 

Elle lui enlève la cape du Chaperon rouge.

 

Sorcière : Prends celle-ci, elle est plus foncée. Ainsi, tu te déplaceras incognito.

 

Espérance : Comment vous remercier ?

 

Sorcière : En accomplissant ton destin. Allez, ne perds pas de temps et pars. Et surtout, n’oublie pas que l’union fait la force.

 

La sorcière pousse la princesse vers la sortie.

 

Espérance en aparté : Dans quel pétrin je me suis mise ? Mais il est trop tard pour rebrousser chemin. Allons-y.

 

Elle quitte.

 


Scène 6

 

Victor le vampire arrive d’un côté de la scène. Il porte des lunettes de soleil. Il regarde autour de lui.

 

Victor : Ouais, y a pas d’âme qui vive ici. La nuit, l’ambiance est infernale, mais en plein jour, c’est d’un ennui mortel.

 

De l’autre côté de la scène, la princesse arrive subitement en tenant la clé dans sa main. Elle vient de traverser la muraille.

 

Espérance : J’y suis arrivée. Incroyable !

 

La princesse n’a pas aperçu le vampire. Victor s’avance tranquillement derrière elle.

 

Espérance : L’endroit semble désert ; tant mieux.

 

À ce moment, Victor lui tape sur l’épaule.

 

Victor : Pardon !

 

Espérance en sursautant : Un vampire !

 

Victor : Une humaine !

 

Chacun de leur côté, ils reculent de quelques pas.

 

Victor : Surtout, ne craignez rien.

 

Espérance : Vous n’allez pas me…

 

Elle se prend la gorge.

 

Victor : Chatouiller. Non, je suis un gentleman.

 

Espérance : Je veux dire… Vous êtes un vampire et vous vous nourrissez de…

 

Victor : De sang… Comme vous les humains.

 

Espérance : Comme nous ?

 

Victor : Oui, les humains mangent beaucoup de viandes. Ce que je trouve, ma foi, répugnant. Et la viande est gorgée de sang.

 

Espérance : Ah, oui… D’un certain point de vue, ce n’est pas faux.

 

Victor : Les vampires modernes ne sautent plus au cou de leurs victimes depuis longtemps. Ils vont au marché pour se procurer leur ration de sang. Il existe maintenant une panoplie de saveurs et de millésimes.

 

Espérance : Alors, me voilà rassurée.

 

Espérance en aparté : Mais pas tout à fait.

 

Victor : Je rêvais de rencontrer des étrangers. C’est la première fois que je sors au grand jour et je tombe sur vous. Quelle chance !

 

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Tableau des répliques Clé des champs