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Marion et les marionnettes

De Luc Boulanger

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Résumé

Marion s’est disputée avec son père qui est marionnettiste. Elle aurait préféré qu’il exerce un métier plus conventionnel afin qu’elle puisse passer des vacances comme ses amis au lieu de faire la tournée des festivals. Fâchée, elle finit par s’endormir dans l’atelier de son père. À son réveil, elle s’aperçoit que les marionnettes bougent toutes seules, qu’elles ont une vie propre. Elles ont besoin de l’aide de Marion pour arrêter la méchante sorcière qui veut transformer tous les humains en marionnettes. Marion est ainsi transportée dans une aventure extraordinaire qui va totalement changer sa vision du métier de marionnettiste.

Cette pièce a été créée dans le cadre d’un projet de médiation culturelle qui visait à initier un public de jeunes de 8 à 12 ans aux marionnettes ; public pour qui les marionnettes peuvent sembler un peu trop enfantines. Cette histoire aborde donc une problématique de relation parent-enfant qui rejoint le vécu de cette clientèle, mais nous y avons surtout injecté une bonne dose d’aventure avec des personnages colorés et des ambiances fantastiques.

Fiche technique

  • Style/Thème : Conte moderne qui permet d'apprivoiser les différents types de marionnettes
  • Lieu : Un atelier de marionnettes et une caverne
  • Nombre de comédiens : Entre 5 et 15
  • Durée : 35 à 40 minutes
  • Âge :
  • Niveau : Intermédiaire

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Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme « Écrivains à l’école » subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Articles de presse

Marion et les marionnettes

Extrait de la pièce

Marion et les marionnettes

 

de Luc Boulanger

 

Les personnages

 

Les humains :
Marion
Le père de Marion
Maxime, ami de Marion
Alex, ami de Marion

 

Les marionnettes :
Prof
Sorcière
Punch
Clown blanc
Gustave le clown
Vieille femme
Vieil homme
Ours
Insecte
Extraterrestre
Vieux sage

 

Environnement : Nous avons imaginé l’histoire à partir des marionnettes fabriquées par Pierre Robitaille du Théâtre Pupulus Mordicus. Si vous n’avez pas accès à une grande variété de marionnettes, vous pouvez aisément modifier les personnages; ainsi l’extraterrestre peut devenir un bandit ou le Prof, un chevalier. Toutefois, certains personnages centraux comme Marion, le père ou la sorcière devront garder leur caractère intact afin de préserver l’intégralité de l’intrigue.

 

Pour ajouter à l’aspect pédagogique, nous avions utilisé différents types de marionnettes : à gaine, à tige, à tringle, à main prenante, marottes et marionnettes géantes. Note : les marionnettes du vieil homme et de la vieille dame étaient composées d’une seule tête chacune, comme si elles n’avaient jamais été terminées. Ceci donnait du poids aux jeux de mots de la scène trois.

 

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises.

Scène 1 

 

Marion et Alex arrivent en sautant dans les airs.

 

Marion : Enfin les vacances !

 

Alex : J’avais l’impression que l’année n’allait jamais se terminer.

 

Marion : Surtout avec la chaleur des derniers jours. On étouffait dans la classe.

 

Alex : Moi, c’est surtout les examens qui me donnaient des sueurs.

 

Les yeux rivés sur l’écran de son téléphone intelligent, Maxime arrive à son tour.

 

Marion : Allo Max !

 

Maxime : Salut Marion !

 

Alex : Qu’est-ce que tu fais ?

 

Maxime : Je prépare mon voyage.

 

Alex : Un voyage !

 

Maxime : À Disney World.

 

Marion : Wow !

 

Maxime : Je planifie mes visites pour savoir quelles attractions je vais essayer.

 

Marion : Ah oui !

 

Maxime : Ils viennent d’en ouvrir une nouvelle que je veux pas manquer : la caverne hantée avec plein de fantômes et d’insectes géants.

 

Marion : T’es chanceux !

 

Alex : C’est vrai que tes parents ont plein d’argent.

 

Maxime : Mon père vend des maisons. Ça marche au fond.

 

Marion : C’est vrai, on voit la photo de ton père partout sur les pancartes de maison à vendre.

 

Maxime : Tout le monde dans le quartier le connaît. T’as une maison à vendre, tu fais affaire avec mon père. C’est aussi simple que ça.

 

Alex : Cool ! Ton père vend des maisons, mon père les protège.

 

Marion : Qu’est-ce que tu veux dire ?

 

Alex : Mon père est pompier.

 

Maxime : Ben oui, c’est clair !

 

Alex : C’est un héros. Il a reçu une médaille pour avoir sauvé une vieille madame pis son chat.

 

Marion : Pompier, c’est un beau métier. On aide les gens.

 

Alex : Plus tard, je veux faire comme mon père.

 

Maxime : Moi aussi !

 

Marion à Maxime : Toi, tu veux être pompier ?

 

Maxime : Non, je veux vendre des maisons comme mon père.

 

Alex : Toi Marion, est-ce que tu veux faire comme ton père ?

 

Marion : Eh, je sais pas.

 

Maxime : Il fait quoi au juste ton père ?

 

Marion : Ben, il travaille dans les spectacles.

 

Alex : Tu m’as déjà dit qu’il était marionnettiste.

 

Marion : Pas tout le temps.

 

Maxime : Je savais pas qu’on pouvait gagner sa vie en jouant avec des marionnettes.

 

Marion : C’est plus difficile que tu penses. Ça demande beaucoup de pratique.

 

Maxime : Mais voyons, les marionnettes, ça sert pas à grand-chose, ça sert juste à amuser les enfants.

 

Marion : Il fait aussi des spectacles de marionnettes pour les adultes.

 

Alex : Han ! Ça se peut pas !

 

Maxime : Je connais pas d’adulte qui paierait pour aller voir des marionnettes.

 

Marion : Il existe même des festivals de marionnettes pour adultes.

 

Maxime : Difficile à croire.

 

Le téléphone de Maxime vibre. Il regarde l’écran.

 

Maxime : Je dois rejoindre mes parents immédiatement. On s’en va au restaurant. Bonnes vacances !

 

Il part aussitôt.

 

Alex à Maxime : Dis bonjour à Mickey Mouse de ma part !

 

Maxime au loin : Ouais !

 

Marion : Y’en a qui ont de la chance.

 

Alex : Mon père me répète tout le temps que chacun fait sa chance.

 

Marion : Peut-être… Ça te tenterait-tu de venir au parc avec moi demain? On pourrait aller se baigner.

 

Alex : Je voudrais bien, mais je pars avec ma famille. Mon père a loué un chalet pour l’été dans les Cantons de l’Est (ou autre endroit de villégiature).

 

Marion déçue : Ah.

 

Alex : On va faire du canot, de la pêche, on va aller au zoo pour voir un dompteur qui fait danser les ours sur de la musique.

 

Marion : C’est tripant.

 

Alex : Faudrait que j’aille me préparer.

 

Marion : Vas-y !

 

Alex : Toi, qu’est-ce que tu fais cet été ?

 

Marion : Je le sais pas encore.

 

Alex : En tout cas, profites-en bien !

 

Marion : Toi aussi.

 

Alex : Bye !

 

Marion : Bon été !

 

Marion pousse un soupir et s’en va en traînant les pieds.

 

Scène 2

 

Marion arrive dans l’atelier de marionnettes pour retrouver son père en plein travail.

 

Marion qui s’approche de son père : Qu’est-ce que tu fais ?

 

Père : Tu vois bien. Je répare ce vieux clown blanc.

 

Marion : Tu t’en sers jamais.

 

Père : C’est vrai. Mais je tiens à ce qu’il reste beau et propre.

 

Marion : Pourquoi ?

 

Père : Parce qu’on est des amis de longue date. C’est la première marionnette que j’ai fabriquée. J’étais tellement fier. Mais ensuite, j’ai réalisé qu’il n’avait pas de bouche articulée. J’ai donc décidé qu’il était muet, comme un genre de mime. Regarde, il veut te parler…

 

Le père anime le clown blanc.

 

Père : Je pense qu’il veut te dire qu’il t’aime. Je dirais même qu’il a un oeil sur toi.

 

Marion sourit un peu.

 

Père : Pour lui tenir compagnie, je lui ai fabriqué un ami, un autre clown, avec une bouche cette fois. Il allait même parler pour deux. Je l’ai appelé Gustave comme un de mes oncles qui avait la langue bien pendue.

 

Le père prend Gustave pour l’animer.

 

Gustave : Allo Marion ! Je suis tellement content de te voir ; je voulais te féliciter pour tes excellents résultats à l’école. Tu as terminé dans les premières de ta classe. Bravo ! Bravissimo !

 

Marion en regardant son père : Des fois, t’aurais pas le goût d’un autre métier ?

 

Gustave : Je suis né clown. Telle est ma destinée : provoquer le rire, faire des pitreries…

 

Marion en repoussant le clown : Non, je te parle à toi. T’as jamais pensé à changer de travail ?

 

Père un peu surpris : Je suis né marionnettiste. Mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père étaient des marionnettistes.

 

Marion : T’étais pas obligé de continuer la tradition. T’aurais pu choisir un métier plus tripant comme pompier, médecin ou avocat.

 

Père : Ça m’a jamais traversé l’esprit. En regardant mon père et mon grand-père travailler, je suis tombé en amour avec les marionnettes.

 

Marion : En tout cas, compte pas sur moi pour continuer la tradition.

 

Père : Rien ne t’y oblige. T’as le choix de faire ce que tu veux dans la vie.

 

Marion : Mais, vous m’avez quand même appelé Marion comme « marionnette ».

 

Père : C’était sans arrière-pensée. T’étais toute petite, toute mignonne ; je pouvais te tenir dans une main comme …

 

Marion : Oui mais là je ne suis plus un bébé et je vais me trouver un métier qui va me faire gagner assez d’argent pour partir en vacances l’été.

 

Père : Quoi ? Mais… Tu trouves qu’on s’ennuie l’été ?

 

Marion : Pas à peu près. Il faut que je te suive partout pour tes spectacles.

 

Père : T’aimais ça avant.

 

Marion : Avant oui, mais là, je voudrais plus. Je voudrais partir en voyage à Disney World, visiter des cavernes hantées. J’aimerais ça aussi qu’on fasse des activités cool comme aller en canot ou pêcher, voir des dompteurs d’ours. Je voudrais avoir du fun dans la vie moi !

 

Père : Mais avec les marionnettes, on peut avoir du fun. On peut aller loin, on peut aller à l’autre du bout du monde, vivre des grandes aventures.

 

Marion : Hein ! N’importe quoi ! Des grandes aventures avec des marionnettes…

 

Père : Écoute, on va en discuter avec ta mère et peut-être que l’été prochain, on pourrait s’arranger autrement.

 

Marion : Moi, c’est tout de suite que je veux partir.

 

Père : Ben là. Ça sera pas possible. Faut être réaliste.

 

Marion : J’ai pas le goût d’être réaliste, je veux être touriste… Et je ne bougerai pas d’ici tant et aussi longtemps qu’on partira pas.

 

Le père réfléchit quelques instants.

 

Père : Je comprends que t’es un peu énervée. Prends le temps de te calmer. En attendant, je dois aller rencontrer un client. À mon retour, on en reparlera.

 

Pour toute réponse, Marion se tient encore plus droite.

 

Père : Alors, je pars.

 

Le père quitte.

 


Scène 3

 

Marion reste droite quelques instants, puis s’assoit, se couche et finalement s’endort. Les marionnettes s’animent.

 

Gustave : Est-ce qu’elle est morte ?

 

Sorcière : Mais non idiot, elle dort. T’as pas écouté, elle vient de se disputer avec son père.

 

Prof : Et à force de bouder, elle est tombée dans les bras de Morphée.

 

Gustave : Elle est tombée dans les bras de qui ?

 

Sorcière : De Morphée idiot.

 

Gustave : Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Prof : Qu’elle a trouvé sommeil.

 

Gustave : Mais parlez pour que l’on vous comprenne professeur.

 

Sorcière : C’est toi qui es idiot.

 

Gustave en tapant du poing et faisant tomber un pot de peinture : Cessez de m’appeler idiot.

 

Sorcière : Pourquoi ? Tu viens de renverser la peinture idiot.

 

Gustave : Ah non !

 

Prof : Pauvre petite.

 

Gustave : Oui, je l’aime bien.

 

Sorcière : Vous avez tort, car elle ne vous aime pas.

 

Prof : Ce n’est pas important. Elle est jeune et naïve. Voilà tout.

 

Sorcière : Au même âge, son père fabriquait déjà des marionnettes.

 

Prof : Il ne faut pas comparer.

 

Sorcière : J’ai peine à croire qu’un jour, elle va prendre la relève.

 

Prof : Si ce n’est pas elle, ce sera quelqu’un d’autre.

 

Sorcière : Je ne veux pas de quelqu’un d’autre. Cette famille est la nôtre depuis des générations. Certains d’entre nous ont été fabriqués par les ancêtres de cette petite.

 

Vieille femme : Moi, j’ai été fabriquée par sa grand-mère ; une femme exceptionnelle.

 

Vieil homme : Moi, ça fait tellement longtemps que je ne me souviens même plus qui m’a fabriqué.

 

Sorcière : Probablement une tête de linotte.

 

Vieille femme : Ou une tête à claques.

 

Extraterrestre : Ou une tête brûlée. Hi, hi, hi.

 

Vieil homme : Bon, bon, ça va. Écoutez-moi ! Je n’ai pas confiance en cette petite. Elle ne deviendra jamais marionnettiste et nous nous retrouverons devant rien.

 

Sorcière : T’as raison. Il faut agir.

 

Vieil homme : Sauvons-nous et trouvons un endroit pour repartir du bon pied.

 

Vieille femme : Repartir du bon pied ? Avec quel pied ? Tu n’en as même pas.

 

Vieil homme : Mais si j’en avais un, je te le mettrais au derrière.

 

Vieille femme : Ah, quel manque de galanterie!

 

Sorcière : Je pense comme lui. Il faut se sauver et enfin gagner notre autonomie. Il est temps pour les marionnettes de se prendre en main, de couper le cordon.

 

Extraterrestre : Oui, oui ! Liberté ! Liberté !

 

Vieille femme : Ne partez pas sur un coup de tête ! Cette petite est prometteuse. Elle a seulement piqué une petite crise.

 

Vieil homme : Crise ou pas. Moi, je décampe. Qui est avec moi ?

 

Extraterrestre : Moi !

 

Sorcière : Bien sûr que je suis avec vous. Suivez-moi, je sais où aller. Venez !

 

Extraterrestre : Enfin libre !

 

Tête de femme : C’est ça ! Bon débarras ! Moi, je dois reposer ma tête.

 

La sorcière, l’extraterrestre et le vieil homme quittent.

 


Scène 4 

 

Prof : Oh la, la ! Quelle catastrophe ! Mais quelle catastrophe !

 

Punch qui arrive subitement : Quoi, j’ai manqué quelque chose ?

 

Prof : Te voilà toi! Toujours en retard, toujours là où il ne faut pas.

 

Punch : Ne me grondez pas encore professeur. Qu’est-ce qu’il y a ?

 

Gustave : C’est la révolte des marionnettes.

 

Punch : La révolte des marionnettes ?

 

Gustave : Oui, la sorcière, l’extraterrestre et le vieil homme se sont sauvés de l’atelier.

 

Punch : Pour aller où ?

 

Gustave : Je ne sais pas. Ils veulent se prendre en main paraît-il.

 

Punch : Fantastique !

 

Gustave : Comment fantastique ?

 

Punch : Depuis longtemps, je rêve de voyager. Par où sont-ils partis ?

 

Gustave : Par là, je crois.

 

Punch : Je cours les rejoindre.

 

Prof : Ne fais pas cela.

 

Mais Punch a déjà quitté.

 

Prof : Le voilà qui est parti. Il va encore se mettre les pieds dans les plats.

 

Gustave : En tout cas, moi je reste ici.

 

Marion bouge un peu.

 

Prof : Attention, je crois qu’elle se réveille. Tout le monde reprend sa place.

 

Les marionnettes s’immobilisent. Marion s’étire, se lève et regarde autour d’elle. Durant un certain temps, rien ne se passe. Puis, le clown blanc agite la main. Marion l’a aperçu du coin de l’oeil, mais elle n’est pas certaine. Elle se frotte les yeux pour se réveiller davantage. Elle balaie l’atelier du regard. Le clown blanc lève la main à nouveau.

 

Marion : Mais, je rêve ou quoi.

 

Elle se dirige vers le clown blanc.

 

Marion : Est-ce que tu bouges tout seul ?

 

Le clown blanc opine de la tête.

 

Marion : Non, ça se peut pas !

 

Le clown blanc hausse les épaules.

 

Marion : Han! Je capote.

 

Le clown pointe du doigt un à un les endroits où se trouvaient la sorcière, l’extraterrestre, punch et le vieil homme et ensuite montre la direction vers laquelle ils sont partis.

 

Marion : Qu’est-ce que tu veux ?

 

Le clown refait le même mouvement.

 

Marion : Je ne comprends pas ce que tu veux me dire.

 

Prof : Il veut te dire que des marionnettes se sont sauvées.

 

Marion : Quoi? Tu parles?

 

Elle va vérifier dans le castelet.

 

Marion : Et personne n’est là pour t’animer.

 

Prof : Les marionnettes fabriquées par votre famille ont le pouvoir de bouger toutes seules. On ne sait pas pourquoi.

 

Marion : C’est une blague. Il doit y avoir un truc.

 

Prof : C’est la vérité, mais ton père l’ignore. En fait, il ne s’en souvient plus. Il croit qu’il l’a imaginé lorsqu’il était petit.

 

Gustave : Il est devenu adulte, c’est tout.

 

Marion constatant que Gustave parle et bouge : Toi aussi!

 

Gustave : Toutes les marionnettes ici présentes ont une vie propre.

 

Marion : Je te crois pas.

 

Gustave : Pourtant…

 

Marion : Je vais aller chercher mon père. Il va sûrement avoir une explication.

 

Elle part rapidement.

 

Prof : Le clown blanc aurait peut-être dû se taire.

 

Gustave : Mais c’est vous qui avez parlé à la petite. Lui, il n’a que mimé.

 

Prof : Tu as raison.

 

Gustave : Le clown blanc ne prononce jamais un mot. Mais, il sait agir au bon moment.

 

Prof : Oui.

 


Scène 5 

 

La sorcière, l’extraterrestre et le vieil homme sont nulle part.

 

Extraterrestre : Est-ce qu’on arrive bientôt ?

 

Sorcière : Nous y sommes. On peut s’arrêter.

 

Vieil homme : Je suis fatigué, j’ai la tête qui tourne.

 

Extraterrestre : Mais, où sommes-nous ?

 

Sorcière : Nulle part.

 

Extra-terrestre : Mais on ne peut pas être nulle part puisqu’on est là quelque part.

 

Sorcière : Y a pas de meilleur endroit pour se cacher que nulle part. Je suis une sorcière, n’oubliez pas.

 

Extraterrestre : Bien sûr.

 

Punch qui arrive : Enfin, j’ai réussi à vous rattraper. Je vous suis depuis longtemps.

 

Sorcière : Et qu’est-ce que tu nous veux ?

 

Punch : Je veux me joindre à vous.

 

Vieil homme : Tu sais pourquoi on est ici ?

 

Punch : Eh… Ouais.

 

Vieil homme : Pourquoi ?

 

Punch : Pour être libre, pour voyager.

 

Sorcière : Nous sommes surtout ici pour que les marionnettes se prennent en main.

 

Vieil homme : Nous voulons avoir notre revanche sur les humains.

 

Punch : Ah bon !

 

Sorcière : Et j’ai un plan infaillible pour y arriver.

 

Extraterrestre : Super! J’adore les plans.

 

Sorcière : Vous savez tous que la marionnette Pinocchio a été transformée en humain grâce à la baguette d’une fée.

 

Vieil homme : Vous voulez nous transformer en humains ?

 

Sorcière : Je veux aller plus loin. Nous allons transformer tous les humains en marionnettes et cette fois, c’est nous qui allons les manipuler, les contrôler, les dominer !!! Ah ! Ah ! Ah !

 

Vieil homme : J’aime bien l’idée, mais comment allons-nous y arriver ?

 

Sorcière : À l’autre bout du monde, il existe une caverne où sont conservés tous les objets magiques du royaume imaginaire. Il nous suffira de retrouver la baguette de la fée qui a transformé Pinocchio.

 

Vieil homme : Et d’inverser le sort.

 

Sorcière : Nous serons les maîtres du monde.

 

Extraterrestre : Alors, partons tout de suite !

 

Sorcière : Il faut savoir que cette caverne est gardée par un ours monstrueux, des insectes au venin mortel et un vieux sage plein de ruses.

 

Vieil homme : Nous aurons besoin d’aide et de préparation.

 

Sorcière en pointant Punch : Et de volontaires comme lui.

 

Punch : Eh justement. Je viens de me souvenir que j’ai oublié quelque chose d’important à l’atelier. Je reviens !

 

Punch part subitement.

 

Vieil homme : Mais où va-t-il ?

 

Sorcière : Ne vous inquiétez pas, il va revenir. Je le connais.

 


Scène 6

 

Marion arrive dans l’atelier avec son père.

 

Marion : Je m’étais endormie juste ici et quand je me suis réveillée, les marionnettes bougeaient toutes seules et elles me parlaient.

 

Père : Parfois les rêves ont l’air réels. Quand j’étais jeune, je croyais aussi que les marionnettes me parlaient.

 

Marion : D’après moi, il y a un truc ; un machin électronique genre télécommandé.

 

Père : Je ne suis pas trop techno. Je ne saurais pas comment patenter tout ça.

 

Marion : Ben d’abord, y’a quelqu’un d’autre qui nous joue un mauvais tour.

 

Le père s’arrête quelques instants pour balayer l’atelier du regard.

 

Père : Mais il me manque des marionnettes.

 

Marion : C’est ça que j’essaie de t’expliquer. Elles ont disparu. Elles sont parties.

 

Père : Et tu as renversé de la peinture!

 

Marion : Ce n’est pas moi. J’ai rien touché.

 

Père : Marion, je veux bien croire que tu es fâchée, mais ce n’est pas une raison pour virer tout à l’envers et cacher mes marionnettes.

 

Marion : Je te le jure papa. C’est pas moi.

 

Père : Certaines de ces marionnettes sont très vieilles et ont beaucoup de valeur. Elles ont été fabriquées par nos ancêtres. Est-ce que tu comprends ça ? C’est notre héritage.

 

Marion : Je comprends. Mais…

 

Père : Il n’y a pas de mais. Je te donne le reste de la journée pour nettoyer et tout remettre en place. T’as compris ?

 

Marion qui hésite : … Oui.

 

Père : Je sais que t’es une fille intelligente, alors je compte sur toi.

 

Pour toute réponse, Marion hoche la tête.

 

Père : À tout à l’heure.

 

Il quitte.

 


Scène 7

 

Marion : Je sais pas qui nous joue ce mauvais tour, mais vous êtes pas drôles du tout.

 

Elle regarde partout où elle a vu des marionnettes parler et bouger dans la scène quatre.

 

Marion : Allez ! Répondez-moi maintenant! Où sont les marionnettes qui manquent ?

 

Prof : Elles sont parties d’elle-même. C’est la pure vérité.

 

Marion : Ah ! Vous êtes là ! Dites-moi, c’est quoi votre truc ?

 

Elle prend la marionnette et l’ausculte pour tenter de trouver un mécanisme.

 

Prof : Arrêtez, je vous en prie. Je suis très chatouilleux. Hi, hi, hi.

 

Gustave : Vous ne trouverez rien. Il n’y a pas de truc.

 

Marion : Mais d’abord, dites-moi comment ça se peut tout ça ?

 

Prof : On ne sait pas. Ça remonte à la nuit des temps.

 

Marion : Il faudrait tout expliquer à mon père.

 

Gustave : Nous n’avons pas l’habitude de dévoiler notre secret aux adultes.

 

Marion : Il pense que c’est moi qui ai caché les marionnettes.

 

Prof : Attendez que je réfléchisse. Je vais trouver une solution.

 

Punch apparaît dans le castelet à ce moment.

 

Punch : Aie tout le monde ! J’ai une information de première importance à vous révéler.

 

Prof : Pour une fois, tu arrives au bon moment.

 

Punch : Oups! Je n’avais pas vu que la petite était là.

 

Gustave : T’en fais pas. Elle est au courant. Tu sais où sont les autres ?

 

Punch : Oui.

 

Prof : Est-ce que tu vas nous le dire ?

 

Punch : Oui.

 

Prof : Alors, je te pose donc la question : où sont-ils ?

 

Punch : Nulle part.

 

Gustave : Comment nulle part ?

 

Punch : C’est une combine magique de la sorcière. Ils sont cachés dans un endroit qui n’existe pas. Mais, je connais le chemin.

 

Prof : Alors, nous allons partir à leur recherche.

 

Punch : Attendez. Il y a plus important. Ils veulent s’emparer d’une baguette magique qui va transformer tous les humains en marionnettes.

 

Gustave : Je reconnais là les manigances de la sorcière.

 

Marion : On se croirait vraiment dans un conte.

 

Prof : J’ai entendu parler de cette baguette. Elle est cachée au fond d’une grotte.

 

Punch : Une grotte protégée par un ours, des insectes et un vieux sage.

 

Gustave : Vilaine sorcière ! Toujours prête à répandre le mal.

 

Prof : Elle a été fabriquée pour cela.

 

Marion : Vous pensez vraiment qu’elle peut transformer tous les humains en marionnettes ?

 

Prof : J’en ai bien peur oui !

 

Gustave : Il faut l’en empêcher!

 

Prof : Nous devons nous emparer de la baguette avant eux. Les prendre de vitesse.

 

Gustave : Mais comment ?

 

Prof : On peut y arriver grâce à Marion qui est grande et beaucoup plus rapide qu’une marionnette.

 

Marion : Moi ?

 

Prof : Oui. Si tu acceptes de nous aider, nous pouvons espérer nous emparer de la baguette avant la sorcière et ses complices.

 

Marion : Mais je sais même pas quoi faire ni où aller.

 

Prof : Moi, je sais. J’irai avec toi.

 

Marion : Je trouve ça complètement débile.

 

Gustave : Je t’en supplie Marion, accepte. Tu pourras ainsi retrouver les marionnettes manquantes et moi, je vais m’occuper de nettoyer la peinture que j’ai renversée.

 

 Marion fait signe que non avec sa tête.

 

Prof : S’il-te-plait Marion.

 

Punch : Oui, accepte.

 

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Tableau des répliques Marion et les marionnettes