Le petit bourgeois gentilhomme

De Luc Boulanger

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Résumé

M. Jourdain a fait fortune et il profite de sa richesse. Mais, il aimerait aussi faire partie de la noblesse. C’est pourquoi il cherche à marier sa fille Lucille à un noble. Mais celle-ci a déjà un amoureux. Elle fait donc appel à l’espiègle servante Nicole qui n’hésite pas à utiliser déguisements et mensonges afin de contourner les projets de son maître.

Un texte idéal pour faire connaître et aimer Molière. Un condensé du Bourgeois Gentilhomme avec des répliques courtes et faciles tout en conservant la beauté et la verve du texte.

Fiche technique

  • Style/Thème : Adaptation d’un classique de Molière
  • Lieu : Résidence du 17ème siècle
  • Nombre de comédiens : 6
  • Durée : 10 à 12 minutes
  • Âge : 8 à 13 ans
  • Niveau : Intermédiaire

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Qu’est-ce que le droit d’auteur ?
Le droit d’auteur garantit la protection des oeuvres littéraires, dramatiques, artistiques et musicales, des enregistrements sonores, des représentations d’une oeuvre en public et des télécommunications. Le droit d’auteur donne aux créatrices et créateurs le droit, devant la loi, d’être rémunérés pour leurs oeuvres et d’en contrôler l’utilisation.
Une fois que j’ai acheté un texte, est-ce que je peux l’utiliser à ma guise ?
Le fait d’acheter un texte sur le site de Animagination vous permet d’avoir accès à l’oeuvre intégrale que vous pouvez lire seul, en groupe ou encore travailler en classe ou en atelier. Mais le simple achat du texte ne vous donne pas l’autorisation de le jouer en public. Pour cela, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que je dois acheter les droits de représentation immédiatement ?
Vous pouvez revenir en tout temps sur le site de Animagination pour acquitter les droits de représentation. Il est préférable de le faire avant la tenue de l’activité ; la facture faisant office de preuve que vous détenez les droits de représentation. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour payer les droits et ainsi régulariser votre situation.
Est-ce que les écoles doivent payer les droits de représentation ?
Si le texte est joué en classe ou devant un public exclusivement formé d’élèves, les écoles n’ont pas à payer les droits de représentation. Cependant, pour les représentations où les parents et amis sont invités, les droits de représentation s’appliquent.

Notez que les écoles du Québec bénéficient d’une entente entre l’AQAD (L’Association Québécoise des Auteurs Dramatiques) et le MELS (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport) qui défraie les droits de représentation devant un public de parents et d’amis. Il faut alors remplir un formulaire sur le site de l’AQAD

Est-ce que Animagination accepte de facturer les écoles du Québec ?
Oui, Animagination accepte de facturer les écoles du territoire de la province de Québec seulement. Il suffit alors de nous faire parvenir un courriel avec le titre de la pièce, le nom de la personne responsable, la ou les dates approximatives de représentation ainsi que l’adresse complète de l’école. Le délai de réponse est de 24 à 48 heures.
Est-ce que les troupes formées d’amateurs doivent payer les droits de représentation ?
Tout le monde doit payer le droit d’auteur. Les troupes formées d’amateurs ne sont pas exemptées, tout comme les organismes sans but lucratif. Même si le spectacle est présenté gratuitement, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que le droit d’auteur s’applique si nous jouons seulement un extrait ?
Les pièces doivent être présentées dans leur intégralité. Il faut une autorisation de l’auteur pour présenter un extrait et le droit d’auteur s’applique assurément.
Est-ce qu’on peut modifier un texte ?
Vous devez respecter l’intégrité du texte. Cependant, vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation d’un personnage féminin en masculin (ou vice versa), changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.
Est-ce qu’on peut garder le texte dans nos archives ?
Il n’y a aucun problème à garder le texte dans vos archives. Cependant, s’il est présenté à nouveau, il faut acquitter les droits de représentation.
Est-ce que je peux publier le texte ou un extrait ?
Pour toutes publications, sous toute forme que ce soit, il faut contacter l’auteur ou ses représentants.
Est-ce qu’on peut retrouver les textes en librairie ?
Les textes sont seulement disponibles sur le site de Animagination.

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme « Écrivains à l’école » subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Articles de presse

Le petit bourgeois gentilhomme

Extrait de la pièce

Le petit bourgeois gentilhomme

d’après la pièce de Molière, adaptée par Luc Boulanger

Les personnages

M. Jourdain : Le bourgeois
Mme Jourdain : Sa femme
Lucille : Sa fille
Nicole : La servante
Cléonte : Le prétendant de Lucille
Le maître de Philosophie

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

L’action se déroule dans les appartements du bourgeois.

M. Jourdain entre seul en scène.

M. Jourdain : Comme je suis content de mon nouvel habit. Mon tailleur m’a dit que les gens de qualité s’habillaient comme cela. Nicole !

Nicole se présente.

Nicole : Oui ! Monsieur !

M. Jourdain : Rien ! C’était seulement pour être certain que vous étiez là.

Nicole : Je suis là monsieur !

M. Jourdain : Fort bien. Savez-vous ce que fabrique mon maître de philosophie ? Il est encore en retard. J’enrage ! Au diable le philosophe ! La peste étouffe le philosophe !

Le philosophe entre. Nicole sort.

Philo : Monsieur !

M. Jourdain : Ah ! Vous voilà ! J’allais me mettre en colère contre vous.

Philo : Venons-en à notre leçon !

M. Jourdain : C’est parfait, car j’ai toutes les envies du monde d’être savant.

Philo : Ce sentiment est raisonnable. Par où voulez-vous que nous commencions ? Voulez-vous que je vous apprenne la logique ?

M. Jourdain : Qu’est-ce que cette logique ?

Philo : Celle qui enseigne les trois opérations de l’esprit.

M. Jourdain : Qui sont-elles, ces trois opérations de l’esprit ?

Philo : La première, la seconde et la troisième.

M. Jourdain : Oh non ! Apprenons autre chose qui soit plus joli.

Philo : Voulez-vous que je vous apprenne la morale ?

M. Jourdain : Qu’est-ce qu’elle dit cette morale ?

Philo : Elle enseigne aux hommes à modérer leurs passions.

M. Jourdain : Ah non ! Je suis coléreux comme tous les diables et je veux me mettre en colère quand j’en ai envie.

Philo : Alors, que voulez-vous que je vous apprenne ?

M. Jourdain : Apprenez-moi à bien parler, comme les gens de qualité.

Philo : Bon.. Très bien. D’abord, pour savoir parler comme un gentilhomme, il faut bien prononcer les voyelles. Il y a cinq voyelles : A, E, I, O, U.

M. Jourdain : J’entends tout cela.

Philo : La voyelle A se forme en ouvrant fort la bouche : A.

M. Jourdain : A, A, Oui.

Philo : La voix E se forme en rapprochant la mâchoire d’en bas de celle d’en haut : A, E.

M. Jourdain : A,E; A,E. Ma foi, oui. Ah que cela est beau !

Philo : Vous pouvez ajouter une consonne, comme la lettre D qui se prononce en donnant du bout de la langue au-dessus des dents d’en haut : DA, DA, DE, DE.

M. Jourdain : DA, DE, DA, DE. Oui les belles choses ! Les belles choses ! J’aimerais aussi savoir bien tourner les mots pour pouvoir écrire un livre. Je tirerais beaucoup de prestige à écrire un livre.

Philo : Est-ce que vous allez écrire des vers ou de la prose ?

M. Jourdain : Non, point de vers.

Philo : Vous allez donc écrire de la prose.

M. Jourdain : Non, je ne veux ni prose, ni vers.

Philo : Il faut bien que cela soit l’un ou l’autre.

M. Jourdain : Pourquoi ?

Philo : Parce qu’il n’y a, pour s’exprimer, que la prose ou les vers.

M. Jourdain : Il n’y a que la prose ou les vers ?

Philo : Oui Monsieur. Tout ce qui n’est point prose est vers et tout ce qui n’est point vers est prose.

M. Jourdain : Et quand l’on parle, qu’est-ce donc que cela ?

Philo : De la prose !

M. Jourdain : Quand je dis « Nicole, apportez-moi mes pantoufles et mon bonnet de nuit », c’est de la prose ?

Philo : Oui ! Monsieur !

M. Jourdain : Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que je n’en sache rien.

Philo : Voilà ce que c’est que d’être instruit, monsieur.

M. Jourdain : C’est assez pour aujourd’hui. Je vous remercie de tout mon coeur, et vous prie de venir demain de bonne heure.

Philo : Je n’y manquerai pas !

M. Jourdain donne quelques sous au philosophe. Puis, le philosophe sort. M. Jourdain reste seul quelques instants. Nicole et Mme Jourdain entrent en riant.

M. Jourdain : Qu’est-ce que vous avez encore à rire ma servante et ma femme ?

Mme Jourdain : Il y a longtemps que vos façons de faire donnent à rire à tout le monde.

M. Jourdain : Qui est donc tout ce monde-là, s’il vous plaît ?

Mme. Jourdain : Du monde qui a raison. Quant à moi, je suis scandalisée de la vie que vous menez. Depuis que vous vous êtes mis en tête de devenir « Gentilhomme », la maison est sans cesse sans dessus dessous.

Nicole : Madame parle bien. Je ne suis plus capable de garder mon ménage propre depuis que vos maîtres à chanter et à danser viennent crotter nos beaux planchers avec leurs grandes bottes.

M. Jourdain : Ouais ! Notre servante Nicole a le caquet bien affilé pour une paysanne !

Mme. Jourdain : Nicole est pleine de bon sens et je me demande ce que vous pensez faire d’un maître à danser à l’âge que vous avez.

Nicole : Et d’un maître de philosophie qui vous apprend à parler comme à la petite école.

Les deux femmes se remettent à rire.

M. Jourdain : Taisez-vous ignorantes! Pour devenir un gentilhomme, il faut savoir bien parler. Par exemple, savez-vous ce que vous dites maintenant ?

Mme Jourdain : Je sais que ce que je dis est très raisonnable.

M. Jourdain : Je ne parle pas de cela. Ce que c’est que les paroles que vous dites ?

Mme Jourdain : Ce sont des paroles bien sensées.

M. Jourdain : Non, le langage que nous parlons, qu’est-ce que c’est ?

Mme Jourdain : Je ne sais pas.

M. Jourdain : C’est de la prose, ignorantes. Quand on parle, on fait de la prose.

Les deux femmes applaudissent.

Mme Jourdain : Bravo, cela vous sera très utile pour mener vos affaires.

M. Jourdain (Vers Nicole) : Et toi, sais-tu bien comment il faut faire pour dire A ?

Nicole : Comment ?

M. Jourdain : Dis un peu A pour voir.

Nicole : Eh bien, A.

M. Jourdain : Qu’est-ce que tu fais ?

Nicole : Je dis A.

M. Jourdain : Mais quand tu dis A, qu’est-ce que tu fais ?

Nicole : Je fais ce que vous me dites.

M. Jourdain : Ah l’étrange chose que d’avoir affaire à des ignorantes.

Mme. Jourdain : Vous devriez plutôt oublier ces sottises et songer à marier votre fille qui est en âge de l’être.

M. Jourdain : Je songerai à marier ma fille lorsqu’il se présentera un bon parti pour elle. Trêve de bavardage, j’ai des tâches à accomplir. Je vous laisse à votre ignorance.

M. Jourdain quitte.

Mme Jourdain (à Nicole) : Ma pauvre fille. Tu sais tout l’amour que le brave Cléonte a pour elle. C’est un homme que j’aime beaucoup et je voudrais les aider car j’ai bien peur que mon mari ne soit pas du même avis que moi.

Nicole : Moi, je suis du même avis que vous madame.

Mme Jourdain : Va chercher Cléonte pour qu’on puisse enfin régler cette affaire.

Nicole : C’est une commission très agréable madame.

Nicole part et Mme Jourdain la suit peu après.

Cléonte entre.

Cléonte : Lucille, êtes-vous là ? Lucille ?

Lucille arrive.

Lucille : Est-ce bien votre voix que j’entends ?

Cléonte : Oh Lucille, deux jours sans vous voir sont pour moi deux siècles.

Lucille : Et pour moi deux éternités.

Cléonte : Un simple mot de votre bouche et mon coeur s’enflamme.

Lucille : Je voudrais tant que notre rêve puisse devenir réalité.

Cléonte : Je suis prêt à surmonter tous les obstacles pour obtenir votre main.

Lucille : Ma mère s’entretient présentement avec monsieur mon père dans l’espoir d’influencer ses sentiments. Justement, ils arrivent.

Mme Jourdain arrive la première.

Mme Jourdain : Cléonte, enfin, vous voilà. Je crois que l’instant est bien choisi pour faire votre demande.

Cléonte : Ah madame, comme vos paroles flattent mes désirs.

M. Jourdain arrive.

Cléonte (à M. Jourdain) : Monsieur, je ne prendrai pas trop de votre temps et de détours pour vous demander de me faire l’honneur d’être votre gendre.

M. Jourdain : Avant de vous donner une réponse, j’aimerais savoir si vous êtes gentilhomme ?

Cléonte : Je suis né de parents honorables et je possède assez d’argent pour que votre fille ne manque de rien, mais je dois vous avouer que je ne suis pas gentilhomme.

M. Jourdain : Monsieur, ma fille n’est pas pour vous.

Cléonte : Comment ?

M. Jourdain : Vous n’êtes point gentilhomme, vous n’aurez pas ma fille.

Mme Jourdain : Encore cette histoire de gentilhomme !

M. Jourdain : Je veux donner à ma fille un mari qui soit noble !

Lucille : Oh Père ! Comme vous êtes cruel !

Lucille s’en va en pleurant.

Mme Jourdain : Vous voulez un noble pour votre fille, mais moi, je n’y consens point !

M. Jourdain : Moi, je vous dis que c’est une chose que j’ai résolue.

Mme Jourdain : Ah !

Mme Jourdain sort d’un côté et M. Jourdain de l’autre. Nicole reste seule avec Cléonte.

Nicole : Pourquoi ne vous lui avez pas dit que vous étiez gentilhomme ?

Cléonte : Parce que je ne suis pas gentilhomme.

Nicole : Quelle importance que cela soit vrai ou faux, ne voyez-vous pas que notre homme est fou ?

Cléonte : Tu as raison, j’aurais dû le faire.

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