Aucun article dans le panier.

Le procès du père Noël

De Luc Boulanger

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur print

Résumé

Le père Noël est accusé de s’être introduit illégalement chez une vieille dame dans la nuit du 24 au 25 décembre. On le soupçonne même d’avoir voulu voler de l’argent. Il fait donc appel à la grande détective Ursule Poivron pour le défendre en cour de justice et prouver qu’il s’agit d’un mauvais concours de circonstances. Le petit renne au nez rouge, la fée des Glaces et les lutins viendront également témoigner en sa faveur.

Fiche technique

  • Style/Thème : Conte de Noël
  • Lieu : Une cour de justice
  • Nombre de comédiens : 12 à 17
  • Durée : 30 minutes
  • Âge : 8 à 13 ans
  • Niveau : Débutant

Acheter ce texte

Effacer
  • Prix des options: US$0,00
  • Prix du produit: US$0,00
  • Total: US$0,00

Informations utiles

Vous pourrez télécharger le texte de la pièce de théâtre tout de suite après la transaction (en format PDF)

Nos pièces de théâtre ont été jouées au quatre coins de la francophonie. En savoir plus...

Pour toute information, contactez-nous

Informations générales

 

Qu’est-ce que le droit d’auteur ?
Le droit d’auteur garantit la protection des oeuvres littéraires, dramatiques, artistiques et musicales, des enregistrements sonores, des représentations d’une oeuvre en public et des télécommunications. Le droit d’auteur donne aux créatrices et créateurs le droit, devant la loi, d’être rémunérés pour leurs oeuvres et d’en contrôler l’utilisation.
Une fois que j’ai acheté un texte, est-ce que je peux l’utiliser à ma guise ?
Le fait d’acheter un texte sur le site de Animagination vous permet d’avoir accès à l’oeuvre intégrale que vous pouvez lire seul, en groupe ou encore travailler en classe ou en atelier. Mais le simple achat du texte ne vous donne pas l’autorisation de le jouer en public. Pour cela, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que je dois acheter les droits de représentation immédiatement ?
Vous pouvez revenir en tout temps sur le site de Animagination pour acquitter les droits de représentation. Il est préférable de le faire avant la tenue de l’activité ; la facture faisant office de preuve que vous détenez les droits de représentation. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour payer les droits et ainsi régulariser votre situation.
Est-ce que les écoles doivent payer les droits de représentation ?
Si le texte est joué en classe ou devant un public exclusivement formé d’élèves, les écoles n’ont pas à payer les droits de représentation. Cependant, pour les représentations où les parents et amis sont invités, les droits de représentation s’appliquent.

Notez que les écoles du Québec bénéficient d’une entente entre l’AQAD (L’Association Québécoise des Auteurs Dramatiques) et le MELS (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport) qui défraie les droits de représentation devant un public de parents et d’amis. Il faut alors remplir un formulaire sur le site de l’AQAD

Est-ce que Animagination accepte de facturer les écoles du Québec ?
Oui, Animagination accepte de facturer les écoles du territoire de la province de Québec seulement. Il suffit alors de nous faire parvenir un courriel avec le titre de la pièce, le nom de la personne responsable, la ou les dates approximatives de représentation ainsi que l’adresse complète de l’école. Le délai de réponse est de 24 à 48 heures.
Est-ce que les troupes formées d’amateurs doivent payer les droits de représentation ?
Tout le monde doit payer le droit d’auteur. Les troupes formées d’amateurs ne sont pas exemptées, tout comme les organismes sans but lucratif. Même si le spectacle est présenté gratuitement, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que le droit d’auteur s’applique si nous jouons seulement un extrait ?
Les pièces doivent être présentées dans leur intégralité. Il faut une autorisation de l’auteur pour présenter un extrait et le droit d’auteur s’applique assurément.
Est-ce qu’on peut modifier un texte ?
Vous devez respecter l’intégrité du texte. Cependant, vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation d’un personnage féminin en masculin (ou vice versa), changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.
Est-ce qu’on peut garder le texte dans nos archives ?
Il n’y a aucun problème à garder le texte dans vos archives. Cependant, s’il est présenté à nouveau, il faut acquitter les droits de représentation.
Est-ce que je peux publier le texte ou un extrait ?
Pour toutes publications, sous toute forme que ce soit, il faut contacter l’auteur ou ses représentants.
Est-ce qu’on peut retrouver les textes en librairie ?
Les textes sont seulement disponibles sur le site de Animagination.

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme « Écrivains à l’école » subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Articles de presse

Le procès du père Noël

Extrait de la pièce

Le procès du père Noël

par Luc Boulanger

Les personnages
Le père Noël
Rudolph, le renne
Bric, le lutin
Brac, le lutin
La Fée des Glaces
Le petit Nicolas
Olivia Panet, avocate
Ursule Poivron, détective
La juge
Oscar Taitedeuf, avocat de la Couronne
Albert Frondebeu, avocat de la Couronne
Gisèle Dancroche, la plaignante
Danny Sourdingue, l’enquêteur témoin
Walter Biguenose, témoin expert
Josette Kilouche, témoin
Le huissier
Le greffier

Décors : Toute l’action se déroule dans une cour de justice avec le juge à son bureau haut perché.  Du côté jardin, on a la chaise des témoins et du côté cour, celle de l’accusé.  Les autres personnages sont assis de chaque côté. Parmi les personnages sur la scène, il peut y avoir aussi des personnages muets, des curieux qui vont réagir aux rebondissements lors du procès. Le public représente l’audience.

Plan de la scène pour la pièce de théâtre de Noël

 

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

 

Scène 1

Au début de la pièce, les personnages entrent tranquillement, jasent entre eux et vont se placer.  Il peut y avoir une petite musique en fond.  L’huissier arrive et se place au centre de la scène face au public.

Huissier : Veuillez vous lever.

Il est rare que le public se lève au premier appel.

Huissier : Le procès pourra commencer lorsque tout le monde sera debout.  Alors, veuillez vous lever s’il vous plaît.

L’huissier peut insister en faisant des signes avec ses mains. Le public se lève.

Huissier : La cour, présidée par Madame la Juge Mary Crismas, est ouverte.

 La juge entre, la tête haute.  Elle marche jusqu’à sa table et se cogne le genou en s’assoyant. 

Juge : Ouch !

Une onde de rires glisse sur l’assistance.

Juge en tapant avec son marteau : Silence, je vous prie.

Le silence revient.

Huissier : Vous pouvez vous asseoir.

Juge : Greffier, présentez-nous le dossier.

Greffier : Madame la Juge, aujourd’hui, nous étudierons un cas inhabituel puisqu’il concerne un personnage légendaire qui a marqué l’enfance de chacun de nous.  Aujourd’hui, il faudra se prononcer sur l’affaire père Noël.

Juge en se tournant vers le père Noël : Quel est le problème père Noël, vous n’avez pas été sage ?

Père Noël : Votre honneur, je n’y suis pour rien.  Cette situation est plutôt gênante…

Juge : La justice doit suivre son cours.  Il n’y a pas d’exception, même pour vous.  Poursuivons.

Greffier : Est-ce que les avocats pourraient s’identifier ?

Frondebeu et Taitedeuf se lèvent d’un coup.

Frondebeu : Je suis Albert Frondebeu et voici mon éminent collègue Oscar Taitedeuf.  En tant qu’avocats de la Couronne, nous soutiendrons l’accusation afin que la victime de cet abominable acte criminel soit dédommagée au centuple.

Taitedeuf en pointant le père Noël: Nous prouverons hors de tout doute que ce personnage sensé représenter la joie et la générosité est en fait un malfaiteur de la pire espèce.

Juge : Calmez-vous messieurs.  Nous n’avons pas encore commencé.

Panet s’avance, posée.

Panet : Je me nomme Olivia Panet, avocate.  Je représenterai les intérêts du père Noël.  Je serai assistée par Madame Ursule Poivron,  détective célèbre ayant résolu de nombreux crimes énigmatiques.

Mme Poivron se lève pour saluer.

Juge : Mme Poivron, c’est un honneur de vous recevoir à cette cour.  Votre réputation vous précède.

Poivron : Merci.

Juge : Greffier, lisez-nous l’acte d’accusation.

Greffier : Accusé, veuillez vous lever afin d’écouter les accusations portées contre vous.

Un peu gêné, le père Noël se lève.

Greffier : Monsieur père Noël, vous êtes accusé d’être entré par effraction dans la demeure de Madame Gisèle Dancroche.  Ceci dans la nuit du 24 au 25 décembre dernier.  Vous êtes également accusé de tentative de vol et de vandalisme.  Que répondez-vous à ces accusations ?  Plaidez-vous coupable ou non coupable ?

Père Noël : Non-coupable bien sûr.

Il se rassoit.

 

Scène 2

Juge : Messieurs de la Couronne, la parole est à vous.

Frondebeu : L’histoire que nous allons raconter aujourd’hui n’a rien du conte de fées.  Elle met en scène un personnage connu de tous qui utilise sa popularité pour camoufler ses crimes.

Juge : Venez-en aux faits, s’il vous plaît.

Frondebeu : J’y arrive.  Dans la nuit du 24 au 25 décembre dernier, à minuit précisément, minuit, l’heure du crime, les policiers ont arrêté cet homme alors qu’il tentait de dérober une somme évaluée à plus de dix mille dollars.

Père Noël : C’est faux.  Il s’agit d’un coup monté.

Juge au père Noël : Vous aurez l’occasion de vous défendre plus tard.  D’ici là, je vous demande de garder le silence.

Le père Noël semble un peu irrité.

Juge à Frondebeu : Vous pouvez continuer.

Frondebeu : Nous allons vous démontrer que la distribution des cadeaux du père Noël est une supercherie qui cache une organisation digne du crime organisé.

Père Noël qui ne peut se retenir : Ridicule !

Le juge adresse un regard sévère au père Noël. Panet lui fait signe de se taire.

Juge à Frondebeu : Évitez les théories fantaisistes Maître, contentez-vous des faits.

Frondebeu : Je ne lance pas des paroles en l’air et pour le prouver nous appelons notre premier témoin.

Greffier : La Couronne appelle Mme Gisèle Dancroche, la plaignante, à la barre des témoins.

Madame Dancroche s’avance et va s’installer sur la chaise des témoins.

Taitedeuf : Mme Dancroche, que faites-vous dans la vie ?

Dancroche : Je suis hygiéniste dentaire retraitée.

Taitedeuf  : Où demeurez-vous ?

Dancroche : Au 2121 rue du Parc.

Taitedeuf : Que faisiez-vous le soir du 24 décembre ?

Dancroche : Je me suis mise au lit assez tôt pour écouter mon émission préférée « Les oiseaux du coeur » avec Brad Pitpit et Nicoco Archambault. Ils sont tellement beaux, vous ne trouvez pas ?

Taitedeuf : Ce n’est pas le sujet de cet interrogatoire. Ensuite, que s’est-il passé ?

Dancroche : Je me suis un peu endormie, mais j’ai été rapidement réveillée par des bruits.  Comme j’ai des caméras de surveillance installées partout, j’ai vu que quelqu’un s’était introduit chez moi.  Réalisant qu’il s’agissait d’une invasion de domicile, j’ai tout de suite appelé la police.

Taitedeuf : Mais là ne s’est pas arrêtée votre intervention.

Dancroche : Dans ma chambre, j’ai tout ce qu’il faut pour faire face aux méchants : une matraque, une bombonne de poivre de Cayenne et ma drille de dentiste.

Juge : Vous êtes armées jusqu’aux dents.

Dancroche : Pour une hygiéniste dentaire, c’est important.

Taitedeuf : Ensuite.

Dancroche : Armée de ma drille de dentiste, je me suis dirigée vers le salon.

Taitedeuf : Et qu’avez-vous aperçu ?

Dancroche : Le vieux « snoreau » en train de fouiller dans mon vase.  Il avait la main dedans.

Taitedeuf : Que gardez-vous dans ce vase ?

Dancroche : Tout mon argent ; plus de dix mille dollars.

Taitedeuf : Et comment avez-vous réagi ?

Dancroche : N’écoutant que mon courage, j’ai surgi en poussant le cri qui paralyse.

Elle fait le cri qui paralyse : we-you, hi-ya, ho-wa (un genre de cri de karaté allongé). La juge se bouche les oreilles.

Juge : Merci pour cette reconstitution très réaliste Madame.

Dancroche : Puis, j’ai hurlé : « Pas un geste !  Sinon, je vous fais un traitement de canal sur le champ ».

Taitedeuf : Quel fut le résultat de votre intervention ?

Dancroche : Le sacripant a jeté mon vase par terre ; le brisant en mille morceaux et répandant ainsi tout mon trésor sur le sol.

Taitedeuf : Est-ce que vous teniez à ce vase ?

Dancroche : C’était un cadeau de mon défunt mari.  Il l’avait rapporté d’Europe après un voyage d’affaires.

Taitedeuf : Est-ce que l’accusé a tenté de se sauver ?

Dancroche : Les policiers sont entrés à ce moment.  Le père Noël a invoqué mille raisons, mais heureusement les policiers ne se sont pas laissé berner.  Ils avaient déjà vu neiger, alors ils l’ont embarqué.

Taitedeuf : Une question me chicote Mme Dancroche : combien de personnes savaient que vous gardiez votre argent dans ce vase ?

Dancroche : Seulement deux ; moi… et mon défunt mari.

Taitedeuf : Aucune autre personne n’était au courant ?

Dancroche : Aucune.

Taitedeuf : Mais le père Noël le savait…  J’ai terminé avec le témoin.  Mesdames de la défense, elle est à vous.

Poivron : Mme Dancroche, si j’ai bien compris, vous ne fêtez pas Noël ?

Dancroche : Nous n’avons jamais fêté Noël dans ma famille.

Poivron : Donc, même petite, vous n’avez jamais reçu de cadeau le 25 décembre ?

Dancroche un peu méfiante : Non.

Poivron : Vous ne savez donc pas ce qu’est la joie de recevoir.  Est-ce que par hasard, vous auriez une « dent » contre la fête de Noël ?

Frondebeu : Objection.  Mme Poivron fait ici une allusion offensante pour ma cliente.

Juge à Poivron : Veuillez reformuler votre question.

Poivron : Avec le temps, avez-vous développé une frustration face à la fête de Noël ?

On voit que Dancroche semble retenir sa réponse.

Juge : Veuillez répondre à la question.

Dancroche : Je pense que c’est juste une fête commerciale qui nous fait dépenser notre argent.

Poivron : Oui… Mme Dancroche, pourquoi ne déposez-vous pas votre argent à la banque ? Pourquoi le gardez-vous caché chez vous ?

Dancroche : Je n’ai pas confiance aux banques. J’ai tout ce qu’il faut à la maison pour protéger mon argent.

Poivron : Vous ne faites confiance à personne.

Frondebeu : Objection. Cette remarque n’a aucun lien avec l’affaire.

Juge : Objection retenue.

Poivron : Je n’ai pas d’autres questions.

Juge : Merci Madame Dancroche.  Vous pouvez retourner à votre place.

Mme Dancroche retourne à sa place.

 

Scène 3

Greffier : La Couronne appelle à la barre l’enquêteur de Police Danny Sourdingue.

Personne ne bouge.

Greffier plus fort : L’enquêteur Danny Sourdingue est appelé à la barre.

Sourdingue : Est-ce qu’on m’a appelé ?

Frondebeu : Mais oui.

L’enquêteur se lève et va s’assoir sur la chaise des témoins.

Frondebeu : En tant qu’enquêteur, voulez-vous vous identifier ?

Sourdingue : Avec un lait et deux sucres s’il vous plaît.

Frondebeu : Je ne vous ai pas demandé si vous vouliez un café, je vous ai demandé de vous identifier.

Sourdingue : Il n’y a plus de sucre ?

Frondebeu s’énerve un peu.  Il s’approche de l’oreille de Sourdingue.

Frondebeu : Je vous demande de vous identifier.

Sourdigue : Ça va.  Pas besoin de crier…  Je suis l’enquêteur de police Danny Sourdingue, matricule 00007, âgé de 34 ans.  J’ai gagné la médaille d’or à la compétition de mangeurs de beignes des Olympiques policières.  Je suis également un champion de sudoku…

Frondebeu : Merci, merci.  Maintenant, pouvez-vous nous résumer les résultats de votre enquête ?

Sourdingue : Est-ce qu’il est temps que je vous parle de mon enquête ?

Frondebeu plus fort : C’est ce que je viens de vous demander.

Sourdingue : Ah bon.  Après l’arrestation du suspect, mon équipe et moi, nous avons recueilli tous les indices possibles ; empreintes digitales, traces de pas et surtout, nous avons visionné les vidéos prises par les caméras de surveillance.

Frondebeu fort : Et qu’avez-vous découvert ?

Sourdingue fier de lui-même : Tenez-vous bien, nous avons fait une constatation incroyable.  L’individu en question est entré par la cheminée.

Poivron ironique : Vous êtes vraiment très fort.

Sourdingue qui ne saisit par l’ironie : Merci.  Mais ce n’est pas tout.  Grâce aux extraits vidéo, nous avons reconstitué les déplacements du suspect dans la maison. En sortant de la cheminée, il est d’abord allé dans la cuisine, puis dans la chambre d’amis avant de revenir au salon.  Mais, le plus stupéfiant, c’est que dans chaque appartement, il a fouillé dans un vase.

Frondebeu : Une autre preuve qu’il cherchait bien l’argent.  Est-ce que d’autres détails ont éveillé vos soupçons ?

Sourdingue : Quoi ? Du bétail qui a mangé vos suçons ?

Frondebeu plus fort : Non ! Est-ce que d’autres détails ont éveillé vos soupçons ?

Sourdingue : Ah ! Oui ! Dans les traces de pas qu’a laissées le suspect, nous avons trouvé des résidus de pétrole.

Frondebeu fortement : Et d’où pourrait provenir ce pétrole ?

Sourdingue : Pour l’instant, nous l’ignorons.

Frondebeu : Merci. Mesdames de la défense, est-ce que vous avez des questions pour notre témoin ?

Panet fortement : Une.  Monsieur Sourdingue, à part les morceaux de vase brisé, est-ce qu’il y avait d’autres objets inhabituels dans le salon ?

Sourdingue : Hum, je ne crois pas non.

Panet  fortement : N’y avait-il pas un paquet-cadeau près de la cheminée ?

Sourdingue : Vous avez raison.

Panet : Huissier, apportez-moi ce paquet-cadeau.

L’huissier arrive avec un cadeau qu’il dépose devant le juge.

Panet : J’aimerais que ce cadeau soit enregistré comme pièce à conviction.

Frondebeu : Est-ce vraiment pertinent ?

Le juge observe le paquet.

Panet : Ce paquet joue un rôle important dans le dénouement de l’intrigue qui nous concerne.

Juge : Requête acceptée.

Panet : Je n’ai pas d’autre question.

Juge à l’enquêteur : Vous pouvez prendre congé.

Sourdingue : Congelé? Moi ? Non, je trouve plutôt qu’il fait chaud ici.

Juge plus fort : Re-tour-nez à vo-tre pla-ce.

Sourdingue : Bien sûr.

L’enquêteur retourne à sa place.  L’huissier repart avec le cadeau.


Scène 4

Greffier : La Couronne appelle Monsieur Walter Biguenose à la barre des témoins.

Biguenose prend place.

Taitedeuf : Veuillez vous identifier et nous indiquer votre profession.

Biguenose : My name is Walter Henri Biguenose junior.  Dans mon famille, we are, eh…nous… marchands et évaluateurs d’antiquités depuis « six generations ».

Il prononce la dernière expression en anglais.

Taitedeuf : Intéressant. Huissier, apportez-moi la pièce à conviction numéro deux.

L’huissier apporte un sac de plastique contenant les tessons du vase brisé qu’il donne à Taitedeuf.

Taitedeuf : Monsieur Biguenose, à partir de ces débris, pouvez-vous identifier de quel type de vase il s’agit ?

Biguenose : You know, il faut un bon « grosse » nez pour évaluer les antiquités.

Il ouvre le sac pour le sentir.

Biguenose : I just need to smell…

Taitedeuf : Vous n’avez besoin que de sentir…

Biguenose : Yes… Pour savoir l’âge d’une objet.

Il plonge le nez plus profondément et prend une bonne inspiration.

Biguenose : Ce vase, il est au moins 2000 ans. Il vient de la Norway.

Taitedeuf : La Norvège, intéressant.

Biguenose : Yes. Oh attention ! Il vaut plus d’un demi-million de dollars.

Taitedeuf : Enfin il valait plus d’un demi-million de dollars.  Monsieur Biguenose, êtes-vous certain de votre évaluation ?

Biguenose : Mon nez ne me « trompe » jamais.

Taitedeuf  : Ce vase aux allures anodines avait été acheté par le défunt mari de Madame Dancroche lors d’un voyage en Europe.  Madame Dancroche ignorait sa valeur réelle, mais grâce au talent de Monsieur Biguenose, nous savons maintenant qu’elle vient de perdre plus d’un demi-million de dollars à cause de cet individu mal intentionné.

Il pointe le père Noël.

Panet : Objection votre honneur. Mon client n’est pas encore condamné à ce que je sache.

Juge : Objection retenue.

Taitedeuf : Merci Monsieur Biguenose pour votre précieuse collaboration.

Juge : Est-ce que vous avez quelque chose à ajouter Mesdames de la défense ?

Poivron : Non. Si ce n’est que j’ai toujours cru que l’argent n’avait pas d’odeur.

Biguenose répond par un sourire forcé, puis retourne à sa place.

 

Scène 5

Greffier : La Couronne appelle Mme Josette Kilouche à la barre des témoins.

Madame Kilouche se lève et comme elle ne voit pas très bien, se dirige dans la mauvaise direction.

Taitedeuf : C’est par ici.

Kilouche : Ah, pardon.

Elle passe tout droit devant la chaise des témoins.

Juge : Ici.

Kilouche : Mais oui.

Elle s’assoit, mais ne regarde pas dans la bonne direction.

Juge : Veuillez vous identifier.

Kilouche : Josette Kilouche, acupuncteure. Je demeure au 2123 rue du Parc.

Taitedeuf  : Donc, juste en face de Madame Dancroche.

Kilouche : Exactement.

Taitedeuf : Que faisiez-vous le 24 décembre dernier aux alentours de minuit ?

Kilouche : J’étais en train de tricoter avec mes aiguilles lorsqu’un bruit inhabituel a attiré mon attention à la fenêtre.

Taitedeuf : De quel type de bruit s’agissait-il ?

Kilouche : On aurait dit des grelots. C’est alors que j’ai aperçu deux individus à l’allure inquiétante qui rôdaient autour de la maison de Madame Dancroche.

Taitedeuf : Pouvez-vous nous donner plus de détails sur leur allure ?

Kilouche : Comme ils avaient le haut du visage masqué, je ne peux pas vous dire à quoi ils ressemblaient. Mais sur leur bouche, on pouvait distinguer un sourire méchant qui vous glace le sang.

Taitedeuf : Que faisaient-ils exactement ?

Kilouche : Ils ont tourné autour de la maison, puis ils se sont arrêtés devant la fenêtre du salon. Ils ont tenté de regarder à l’intérieur, mais les policiers sont arrivés à ce moment et ils ont filé.

Taitedeuf à l’assemblée : Le père Noël n’était pas seul. Il avait des complices qui surveillaient à l’extérieur. Voilà la preuve que ce vol était prémédité et bien organisé.

L’assemblée réagit avec un « oh » d’indignation.

Poivron : Je pense que vous sautez trop rapidement aux conclusions Maître Taitedeuf. Puis-je interroger votre témoin ?

Taitedeuf : Bien sûr.

Poivron : Mme Kilouche, pouvez-vous évaluer approximativement le nombre de mètres qui séparent votre fenêtre de la maison de Madame Dancroche ?

Kilouche : Je dirais environ une quinzaine de mètres.

Poivron : Et vous êtes bien certaine d’avoir aperçu des individus avec un sourire méchant qui vous glace le sang.

Poivron se déplace sur la scène, alors que Kilouche regarde toujours dans la direction où la détective se trouvait.

Kilouche : Je les ai vus comme je vous vois présentement.

Poivron : Mme Kilouche, je suis ici à trois mètres de vous.

Kilouche qui tourne la tête vers Poivron : Ah, oui.

Poivron : Je n’ai pas d’autre question.

Juge : Vous pouvez retourner à votre place.

Mme Kilouche se lève et se dirige droit vers le public.

Poivron : C’est par là.  Eh, merci Madame Kilouche, vous nous avez enlevé une épine du pied.

Kilouche qui se force pour rire : Ah, ah !

Elle retourne s’assoir.

 

Pour obtenir la fin de l’histoire, fermez cette fenêtre et cliquez sur achetez ce texte

 

Le procès du père Noël Tableau des répliques