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Touché au coeur

De Luc Boulanger

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Résumé

Un jeu de Tag est organisé à l’école. Il s’agit d’un jeu de rôles où chacun devient un tueur à gages armé d’un fusil à suce. Les personnages de cette pièce évoluent donc dans une atmosphère tendue et cette tension les obligera à se dévoiler sous leur vrai jour et même à découvrir qui ils sont vraiment. Une aventure pleine de conflits et d’alliances où l’amour sort vainqueur ; les fléchettes à suce se transformant en projectile de Cupidon. Une pièce comme les ados : directe, pleine d’émotions, à la fois dure et tendre.

Fiche technique

  • Style/Thème : Comédie dramatique avec une touche d’espionnage
  • Lieu : À l’école
  • Nombre de comédiens : Entre 8 et 16
  • Durée : 60 minutes
  • Âge : 13 à 17 ans
  • Niveau : Intermédiaire

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Qu’est-ce que le droit d’auteur ?
Le droit d’auteur garantit la protection des oeuvres littéraires, dramatiques, artistiques et musicales, des enregistrements sonores, des représentations d’une oeuvre en public et des télécommunications. Le droit d’auteur donne aux créatrices et créateurs le droit, devant la loi, d’être rémunérés pour leurs oeuvres et d’en contrôler l’utilisation.
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Le fait d’acheter un texte sur le site de Animagination vous permet d’avoir accès à l’oeuvre intégrale que vous pouvez lire seul, en groupe ou encore travailler en classe ou en atelier. Mais le simple achat du texte ne vous donne pas l’autorisation de le jouer en public. Pour cela, il faut payer les droits de représentation.
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Vous pouvez revenir en tout temps sur le site de Animagination pour acquitter les droits de représentation. Il est préférable de le faire avant la tenue de l’activité ; la facture faisant office de preuve que vous détenez les droits de représentation. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour payer les droits et ainsi régulariser votre situation.
Est-ce que les écoles doivent payer les droits de représentation ?
Si le texte est joué en classe ou devant un public exclusivement formé d’élèves, les écoles n’ont pas à payer les droits de représentation. Cependant, pour les représentations où les parents et amis sont invités, les droits de représentation s’appliquent.

Notez que les écoles du Québec bénéficient d’une entente entre l’AQAD (L’Association Québécoise des Auteurs Dramatiques) et le MELS (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport) qui défraie les droits de représentation devant un public de parents et d’amis. Il faut alors remplir un formulaire sur le site de l’AQAD

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Oui, Animagination accepte de facturer les écoles du territoire de la province de Québec seulement. Il suffit alors de nous faire parvenir un courriel avec le titre de la pièce, le nom de la personne responsable, la ou les dates approximatives de représentation ainsi que l’adresse complète de l’école. Le délai de réponse est de 24 à 48 heures.
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Tout le monde doit payer le droit d’auteur. Les troupes formées d’amateurs ne sont pas exemptées, tout comme les organismes sans but lucratif. Même si le spectacle est présenté gratuitement, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que le droit d’auteur s’applique si nous jouons seulement un extrait ?
Les pièces doivent être présentées dans leur intégralité. Il faut une autorisation de l’auteur pour présenter un extrait et le droit d’auteur s’applique assurément.
Est-ce qu’on peut modifier un texte ?
Vous devez respecter l’intégrité du texte. Cependant, vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation d’un personnage féminin en masculin (ou vice versa), changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.
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Il n’y a aucun problème à garder le texte dans vos archives. Cependant, s’il est présenté à nouveau, il faut acquitter les droits de représentation.
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Pour toutes publications, sous toute forme que ce soit, il faut contacter l’auteur ou ses représentants.
Est-ce qu’on peut retrouver les textes en librairie ?
Les textes sont seulement disponibles sur le site de Animagination.

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme « Écrivains à l’école » subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Articles de presse

Touché au coeur

Extrait de la pièce

Touché au coeur

par Luc Boulanger

Les personnages
Nicolas : Bon gars influençable qui ne sait pas trop ce qu’il veut. Il est secrètement en amour avec Ève.
Hugo : Un défoncé qui vit à 100 à l’heure. Ami de Nicolas.
Bob : Un macho.
Ève : Fille fatale genre Lara Croft. Dominatrice. Veut absolument gagner le jeu de Tag.
Marie-Soleil : Marginale qui trippe sur la philosophie. Va amener chaque personnage à modifier sa conception de la vie. Nouvelle à l’école.
Claudia Provost : Fille qui a beaucoup de problèmes personnels.
Clara Jutra : Fille hyperactive et superficielle qui se mêle des histoires de tout le monde.
Sylvie Durand : Fille timide

Les personnages secondaires
Jessica : Une fille qui veut devenir policière et qui a plein de gadgets.
Karl : rapper
Mike : rapper
Kristel : ravegril
Jenny : ravegirl
Jonathan : Chum de Jenny
Anne-Marie Falardeau : Fille pas achalée
Mme Fradette : Surveillante. Elle parle comme une sur et roule les R.
Jimmy Doucet : rôle muet
Éric Marcoux : rôle muet
Gabrielle Lagacé : rôle muet

Décors : Une rangée de cases d’un côté, deux tables et quatre chaises d’un autre. Un genre de salle des pas perdus.

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

Prologue

Sur une musique de suspense, Nicolas arrive tranquillement. Il ouvre sa case. Comme une chatte, Ève se dirige vers lui. Elle sort son arme. Avec son pied, elle bouscule Nicolas qui tombe à la renverse.

Ève : C’est la fin. J’arrive à destination. Je te termine et c’est la consécration. Ah ! Ah ! Ah !
Nicolas vient pour faire un mouvement.

Ève : Ne bouge pas ou je tire. Si mes calculs sont bons, nous sommes les deux derniers joueurs. Tu ne trouves pas ça excitant.

Nicolas la regarde sans rien dire. Ève lui tire dessus.

Ève qui jubile : J’ai gagné ! J’ai gagné le jeu ! Je l’avais dit ! Je suis la meilleure. Ah ! ah ! Ah !

Noir

Voix off : une semaine plus tôt.

 

Scène 1 : Nicolas, Clara et Claudia

Nicolas entre en fredonnant une chanson populaire. Il ouvre sa case et y dépose rapidement ses affaires. Il prend une chaise, tire une table vers lui, dépose des feuilles pêle-mêle et se concentre sur un devoir. Claudia arrive, s’arrête, sort un petit miroir de son sac ou de sa sacoche et vérifie son maquillage. En coulisse, on entend la voix criarde de Clara.

Clara : Claudia ! Claudia !

Clara va rejoindre Claudia qui range son miroir.

Claudia : Qu’est-ce qui a ?

Clara : Ah rien ! Je voulais juste te parler. Aie, t’a un beau chandail.

Claudia : Merci.

Clara : Tu l’as acheté où ?

Claudia un peu surprise de la question : Je me souviens plus trop. Dans une boutique.

Clara : Y est vraiment cool en tout cas. As-tu été au party chez Richard hier ?

Claudia : Oui, c’est pour ça que je suis un peu scrap à matin. J’ai les yeux cernés.

En disant cela, Claudia recule pour s’asseoir sur le bord de la table où Nicolas fait son travail. Celui-ci tasse ses feuilles rapidement. Il écoute le reste de la conversation sans trop savoir quoi faire.

Clara : Je veux voir !

Clara étire les yeux de Claudia avec ses doigts.

Clara : Ben non. Sont corrects tes yeux. Est-ce qui avait beaucoup de monde ?

Claudia : J’espère, on avait même pas de place pour s’asseoir.

Clara : Fait que t’as passé la soirée debout.

Claudia : Pas toute la soirée.

Clara : Ah oui Comme je te connais, t’as du te trouver un gars pour finir ça en beauté.

Claudia : On peut rien te cacher.

Clara : C’est qui ? Est-ce que je le connais ?

Claudia : Ben là !

Clara : T’as raison. C’est pas de mes affaires. Excuse-moi, je suis trop curieuse.

Claudia : Tu devais pas venir au party, toi ?

Clara : J’ai pas pu. J’avais trop de téléromans d’enregistrés sur ma cassette. Il fallait que je les écoute pour rester à jour.

Claudia : Est-ce que t’as le dernier épisode du  » Château des passions  » ?

Clara : Tu veux dire l’épisode où Brad apprend que sa fiancée est en réalité sa soeur.

Claudia : Conte-moi le pas !

Clara : Ça m’a tellement bouleversée. Je voudrais pas que ça m’arrive.

Claudia : T’as même pas de chum, comment voudrais-tu que cela t’arrive ?

Clara : J’ai peut-être pas un gars à chaque soir, moi. Mais un jour, je vais avoir un chum pis ça va être le plus beau gars qui a jamais eu.

Un peu frustrée, Clara part subitement. Claudia hausse les épaules, regarde Nicolas qui lui fait un sourire un peu niais. Claudia part à son tour.

 

Scène 2 : Nicolas et Hugo

Hugo entre. Il est encore sous l’effet du party. Il titube et accroche la table de Nicolas toujours concentré dans ses travaux.

Nicolas : Voyons !

Hugo : Désolé, j’ai de la misère avec mon équilibre.

Nicolas : Ben assis toi !

Nicolas pousse sa table pour laisser un peu de place à Hugo qui s’assoit et se prend la tête.

Hugo : Ça bouge. J’hallucine encore.

Nicolas : Bienvenue dans la quatrième dimension. Nous prenons le contrôle de votre appareil.

Hugo : Quoi ?

Nicolas : Laisse faire.

Hugo : Qu’est-ce que tu fais avec tout ce tas de feuilles ?

Nicolas : Je suis en train, ou plutôt j’essaie d’écrire la conclusion de mon travail de Français. Il faut remettre ça à matin.

Hugo : Ah non !

Nicolas : Tu l’as pas fini.

Hugo : Je l’ai même pas commencé. J’ai vraiment oublié.

Nicolas : Un travail de quinze pages qui compte pour la moitié de la session. Ça va te coûter cher.

Hugo : Je suis tellement dans la brume ces temps-ci.

Nicolas : Il faudrait que tu ralentisses un peu. T’es rendu que tu fais le party même les soirs de semaine.

Hugo : Je le sais, mais j’ai tellement d’occasions pis j’ai pas le goût de gaspiller ma jeunesse à étudier. Il faut vivre man.

Nicolas : C’est une manière de voir les choses.

Hugo : Juste hier, au party à Rich, j’ai rencontré une super belle fille.

Nicolas : Je gage qu’elle s’appelle Claudia.

Hugo : Comment tu sais ça ?

Nicolas : Disons les nouvelles voyagent vite dans cette école pis quand un gars se tape une fille, il y a une chance sur deux pour ce ça soit Claudia, t’sé veut dire !

Hugo un peu mêlé : Eh oui !

Nicolas : Fa que toi pis elle, vous avez

Hugo : Me semble que oui, je suis plus certain.

Nicolas : Elle, de son bord, elle a l’air de s’en souvenir plus que toi.

Hugo qui se met à rire un peu : On a fait ça sur le lit à travers les manteaux. Ah Ah !

Marie-Soleil passe et s’en va à sa case.

Nicolas qui la regarde passer : Je l’ai jamais vu, elle.

Hugo qui revient sur le sujet : En tout cas, au moins, moi, je me déniaise. Je reste pas là planté à adorer une fille sans lui dire.

Nicolas : C’est pas ça !

Hugo : C’est quoi d’abord.

Nicolas : J’attends juste le bon moment.

Hugo : T’es drôle avec tes raisons. Le meilleur moment, c’est tout de suite. Veux-tu que je lui en glisse un mot.

Nicolas : Fais jamais ça !

Hugo : Pourquoi ? Je veux juste te rendre service.

Nicolas : Si tu veux me rendre service, mêle-toi pas de ça, compris ?

Hugo : Ok, cool.

Petit temps.

Hugo : Y paraît qu’ils vont organiser un jeu de Tag dans toute l’école.

Nicolas : Qui ça ?

Hugo : Le Comité de la vie étudiante.

Nicolas : Tag, c’est le jeu où on se court après avec des fusils à suce.

Hugo : Tu cours pas après n’importe qui. Quand tu t’inscris, ils te donnent la photo de quelqu’un que tu dois tuer. Si tu réussis, tu prends le contrat de la personne que tu as abattu jusqu’à ce qu’il reste rien qu’une personne.

Nicolas : C’est violent !

Hugo : Ben non, c’est buzzant. C’est juste des fusils à suce.

Nicolas : Ça donne quoi.

Hugo : Le survivant gagne le voyage de fin d’année gratis.

Nicolas : Wow !

Hugo : Tu changes d’avis là !

Nicolas : Ah non ! Dans le fond, j’ai pas le temps. J’ai des affaires plus importantes que ça à faire. Pis toi aussi d’ailleurs. T’as un travail de quinze pages à remettre.

Hugo : Fatigue-toi pas. Je vais trouver quelque chose sur Internet. Tu vas voir, m’as t’arranger ça vite.

Nicolas : Si tu fais du plagiat, tu peux te faire mettre à la porte de l’école.

Hugo : L’important, c’est de ne pas se faire pogner. Tu changes un mot par ci et par là. Tu rajoutes des fautes d’orthographe et le tour est joué.

Nicolas : C’est dangereux quand même.

Hugo : Faut prendre des risques dans la vie. C’est ça qui est intéressant. Tiens, la v’la.

 

Scène 3 : Nicolas, Hugo et Ève

Ève entre, sûr d’elle, et se dirige vers les deux gars. Nicolas se redresse et se tient droit.

Ève : Allo, les petits monsieurs. Ça travaille fort à ce que je vois.

Nicolas un peu nerveux en voyant la fille qu’il aime secrètement : Eh non ! Eh oui !

Ève à Nicolas : T’es en train de terminer ton travail long.

Nicolas qui ramasse ses feuilles : C’est ça.

Ève : Moi, ça fait longtemps que je l’ai terminé. Je l’ai même déjà remis. Le prof m’a dit que j’allais sûrement avoir une bonne note.

Nicolas : Moi aussi j’ai terminé. C’est juste que je le relis pour être certain qu’il n’y ait pas de fautes.

Ève : Veux-tu que je jette un coup d’oeil. Je suis assez bonne en Français.

Nicolas : C’est beau, merci. Ma mère est secrétaire. Elle m’a tout vérifié ça.

Ève : Donc, t’as pas besoin de stresser.

Nicolas : Je suis pas stressé.

Hugo ricane un peu.

Ève : Êtes-vous au courant pour le jeu de Tag ?

Hugo : Certain.

Nicolas fait oui avec la tête.

Ève : Y a une place pour le voyage de fin d’année à gagner.

Hugo : Sais-tu comment il faut faire pour s’inscrire ?

Ève : Les formulaires d’inscription sont disponibles à partir de ce midi à la Coop. Je vais aller m’en chercher un. Voulez-vous que je vous en apporte ?

Hugo : C’est smatte ! Amène-moi z’en un, mais laisse faire pour Nicolas, y joueras pas.

Ève : Comment ça ?

Hugo : C’est trop violent qui dit.

Nicolas : Ben non.

Hugo : Tu m’as dis ça tantôt.

Nicolas : Oui, c’est violent, mais C’est comme le hockey. C’est violent, mais ça ne m’empêche pas de jouer.

Hugo : Tu changes d’idée.

Nicolas : J’étais juste pas décidé.

Hugo : Asteure que tu sais que Ève joue, tu plonges.

Nicolas : C’est sûr que le voyage de fin d’année, c’est intéressant.

Ève : Ben, je trouve ça le fun que tu joues.

Nicolas : Ah oui !

Ève : Parce que j’ai bien l’intention de gagner pis c’est toujours plus facile d’abattre les personnes qu’on connaît.

Ève fait le mouvement d’abattre Nicolas et Hugo. Puis, elle souffle sur son doigt. Hugo déconne en faisant le mort.

Hugo à Ève : Mais, il y a une chose importante que tu dois savoir à propos de Nicolas.

Ève intéressée : Ah oui, Quoi ?

Nicolas regarde Hugo avec des gros yeux en le pointant du doigt.

Hugo : C’est que Nicolas aussi te connaît, donc, ça fonctionne dans les deux sens.

Ève : Ça devient une question de vitesse. Je me sauve.

Soudainement, elle se retourne et fait semblant de dégainer. Hugo ne réagit pratiquement pas alors que Nicolas lève les bras. Ève part en riant très fort.

Hugo : T’as eu l’air con, ah ah !

Nicolas : C’est ta faute, épais. T’étais pas obligé d’y dire que je voulais pas jouer.

Hugo : Excuse-moi, je ne pouvais pas m’en empêcher.

Nicolas : Pis ça se dit ton chum.

Hugo : Je voulais t’amener à lui révéler ton secret.

Nicolas : Arrête, laisse-moi tranquille avec ça.

Hugo : Bon, bon. Faut que j’y aille. Je vais aller continuer de dégeler ailleurs. On se retrouve ici à midi ?

Nicolas : Ben sûr !

Hugo s’en va.

 

Scène 4 : Nicolas et Marie-Soleil

Nicolas ramasse ses dernières choses et se lève. Quand il vient pour partir, Marie-Soleil qui était resté là à écouter la scène intervient.

Marie-Soleil : Comme ça, tu te défiles ?

Nicolas : Quoi ?

Marie-Soleil : Tu te défiles !

Nicolas : Non, non, je me cherche juste une place pour finir mon travail tranquille.

Marie-Soleil : C’est pas de ça que je veux parler

Nicolas : De quoi d’abord ?

Marie-Soleil : Tu disais que le jeu de Tag était violent. J’aimais ça. Tu voulais pas jouer. Je te trouvais courageux.

Nicolas : Courageux ?

Marie-Soleil : Oui, sauf que tu t’es défilé pour une fille.

Nicolas : Sacrement, fichez-moi la paix avec ça.

Marie-Soleil : Mais tu oublies que les filles aiment les gars qui se tiennent debout. Surtout une fille comme elle.

Nicolas : Coudonc, t’es qui toi pour me parler de même ?

Marie-Soleil : Ton ange gardien.

Nicolas : Fuckée !

Il part. Marie-Soleil esquisse un sourire.

 

Scène 5 : Marie-Soleil et Clara

Clara passe devant Marie-Soleil, mais revient sur ses pas.

Clara : C’est toi !

Marie-Soleil : Oui, je suis  » moi « .

Clara : C’est toi la nouvelle qui est arrivée aujourd’hui. On en a parlé au Conseil étudiant. Je suis justement responsable du comité d’accueil. Je m’appelle Clara. Et toi ?

Marie-Soleil : Marie-Soleil !

Clara : Ah ! C’est beau comme nom. C’est pas habituel. C’est comme comme poétique.

Marie-Soleil : Merci.

Clara : Je suis certaine qu’on peut être les meilleures amies du monde. Je vais te présenter. Je connais tout le monde dans l’école.

Marie-Soleil : Je veux prendre le pouls du milieu avant de me saucer.

Clara qui ne comprend pas trop : Ah ! T’es déménagé. Tu viens d’où.

Marie-Soleil : D’un peu partout.

Clara : En tout cas, si jamais tu manques un épisode du  » Château des passions « , je les ai tous en cassette à la maison. Je peux même te les raconter par coeur.

Marie-Soleil : On a pas de télévision.

Clara : Pas de télé. Ça se peut pas. Tu me niaises.

Marie-Soleil : Non, non, c’est vrai.

Clara fait une drôle de face en voulant dire  » bizarre « .

Marie-Soleil : Est-ce que tu sais où est le local de physique ?

Clara : As-tu le beau Jean-Marie Fafard comme prof ?

Marie-Soleil : Eh, je pense oui.

Clara : C’est le fun. On est ensemble. Viens avec moi.

Elles partent. La cloche sonne. Noir.

 

Scène 6 : Ève, Nicolas, Claudia, Marie-Soleil, Jessica, Bob, Hugo et Clara.

L’éclairage est de retour sur la cohue du midi. Ève entre rapidement, va à sa case, y dépose ses livres, prends un sac à lunch et sort de scène. Pendant ce temps, Nicolas entre avec un cabaret de bouffe de la cafétéria. Il s’assoit à une table, dépose son cabaret et met son sac sur une chaise pour réserver une place à Hugo. Presqu’au même moment, Claudia entre, s’assoit rapidement à l’autre table, prend son lunch et plonge dans la lecture d’une revue féminine. Ève sort, elle croise Marie-Soleil qui entre et se dirige vers Nicolas.

Marie-Soleil à Nicolas : Est-ce que je peux m’asseoir avec toi ?

Nicolas qui montre son sac : Y a déjà quelqu’un !

Marie-Soleil : Moi, je vois juste un sac.

Nicolas un peu surpris : C’est pour Hugo. On mange toujours ensemble à cette table-là.

Marie-Soleil : Je vois.

Nicolas : Je m’excuse.

Marie-Soleil se tourne vers Claudia.

Marie-Soleil souriante : Est-ce que je peux m’asseoir avec toi ?

Claudia qui lève à peine les yeux : Y a déjà quelqu’un.

Marie-Soleil pour elle-même : Le prochain coup, j’appellerai pour réserver.

Elle va s’installer à terre dans un coin, sort son lunch qu’elle grignote en lisant un livre sur Socrate. Jessica entre et va à sa case. Bob fait une entrée remarquée. Il parcourt la salle des yeux à la recherche d’une proie. Il repère Jessica et se dirige vers elle.

Bob : Salut beauté !

Jessica, un peu surprise, referme la porte de sa case.

Bob : On se connaît pas encore. Moi, je suis Bob. J’ai une civic modifiée. J’ai entendu dire que tu voulais aller en technique policière. Tu dois aimer ça les voitures pis les gun ? Tu devrais venir faire un tour avec moi, je pourrais te montrer mon artillerie.

Jessica : Fais attention ! Dans mes cours d’auto-défense, on apprend des prises qui pourraient abîmer ton petit fusil à l’eau.

Jessica part et sort de scène. Bob ne semble pas ennuyé par la rebuffade de Jessica. Il se dirige aussitôt vers Marie-Soleil.

Bob : Allo ! T’es nouvelle, toi ?

Marie-Soleil qui se lève pour faire face à Bob : T’as le sens de l’observation.

Bob qui touche à son vêtement : C’est beau ça. C’est original. J’aime ça.

Marie-Soleil : Merci !

Bob : Sais-tu ce qui serait encore plus beau sur toi ?

Marie-Soleil : Non, mais je sens que tu vas me dire.

Bob : Moi.

Marie-Soleil roule les yeux vers le haut en signe d’exaspération : Je porte rien de kétaine.

Marie-Soleil se laisse tomber pour se rasseoir et reprend sa lecture.

Bob pour lui-même : Elle a du caractère la nouvelle. C’est intéressant !

Il aperçoit Claudia. Il va s’asseoir à sa table. Il pige dans son lunch.

Bob : Bonjour ma belle Claudia !

Claudia : Tu joues les goélands aujourd’hui.

Bob : Coudonc, vous êtes toutes agressives à midi. Je comprends pas, moi qui est plein d’attention pour les filles.

Claudia : Tu devrais peut-être changer tes techniques d’approche.

Bob : Tu trouves ?

Claudia : Honnêtement Bob, avec tes répliques de gigolo, ça doit pas mordre souvent.

Bob : Tu serais surprise, j’ai un tableau de chasse assez bien garni. Mais, il me manque encore quelques beaux morceaux.

Claudia : Je te vois venir.

Bob : Parfois, il faut travailler plus fort. C’est là que ça devient intéressant. C’est là que le plaisir commence.

Claudia : Qu’est-ce que tu vas m’offrir ? D’aller faire un tour dans ta minoune. Ça me prend plus que ça.

Bob : Tu sais, on est de la même race nous deux. On devrait trouver un terrain d’entente.

Claudia : Tu penses que c’est facile de m’avoir.

Bob : C’est pas ça que je veux dire.

Claudia : Ben, tu veux travailler, tu vas travailler. Est-ce que tu vas t’inscrire au jeu de Tag ?

Bob : Je sais pas, pourquoi ?

Claudia : Moi, je vais jouer. Et si tu réussis à m’abattre, je vais garnir ton tableau de chasse. Tu saisis ?

Bob : Très bien. C’est un beau défi.

Claudia : Alors, bonne chasse !

Bob en se levant : Je m’en vais me chercher une formule d’inscription tout de suite. On va se revoir.

Claudia est déjà replongée dans sa revue. Bob part. Hugo arrive et va rejoindre Nicolas qui enlève le sac sur la chaise pour faire place à son ami.

Nicolas : Qu’est-ce que tu faisais ?

Hugo : C’est à cause du prof de Français qui m’a gardé après le cours.

Nicolas : Vas-tu avoir une extension pour ton devoir ?

Hugo : Y veut rien savoir. Y dit que j’ai tellement étiré l’élastique qu’il va péter. Y parle même de soumettre mon cas à la direction. C’est un con !

Nicolas : Remarque, je te regarde aller, pis je trouve qu’il n’a pas complètement tort. Me semble que depuis quelques semaines, t’es sur la pente descendante. T’es souvent dans la brume. Il faudrait peut-être que tu ralentisses un peu.

Hugo : Ah ! Ça me tente plus de penser à ça. On change de sujet.

Nicolas : Tu manges pas ?

Hugo : J’ai pas de lunch, j’ai pas d’argent pis j’ai pas le goût de me taper la bouffe dégueulasse de la café.

Nicolas : T’as pas d’argent pis tu travailles quasiment 40 heures par semaine à la station d’essence ?

Hugo : Ben, ça coûte cher sortir.

Nicolas : Je veux ben croire, mais

Ève revient à ce moment. Elle s’adresse aux deux gars.

Ève : Salut les boys !

Elle fait signe à Nicolas de se tasser. Celui-ci se déplace pour prendre la chaise libre à côté de Claudia. Il tourne la chaise vers Nicolas et Ève qui, elle, se retrouve assise entre les deux gars.

Ève : J’ai une pile de feuilles d’inscription pour le Tag. Il faut les remettre avant vendredi.

Hugo : C’est bien !

Claudia qui tourne son attention vers eux : Est-ce que t’as une feuille de trop ? Je voudrais m’inscrire moi aussi.

Hugo qui regarde Claudia intéressé : Tu vas jouer ?

Claudia : Certainement !

Ève : J’ai les règlements ici.

Nicolas : C’est simple. On reçoit la photo de quelqu’un pis on doit le tuer avec un fusil à fléchette. Quand on réussit, notre victime doit nous donner la photo de la personne qu’elle poursuivait jusqu’à temps qu’il ne reste plus que deux personnes.

Ève : Il faut tuer la personne quand elle est seule, c’est important.

Hugo : Ça veut dire qu’on ne peut tirer personne en pleine classe.

Nicolas : Ça ferait trop capoter les profs.

Claudia : Et si jamais on se retrouve avec notre propre photo ?

Ève : Impossible ! Les organisateurs s’arrangent pour faire un cercle parfait. Y a juste le dernier ou la dernière qui peut récupérer sa photo.

Hugo : Ça va vraiment être capotant. Il va toujours falloir se surveiller pis s’organiser pour pas être tout seul. Juste pour ce feeling-là, ça vaut la peine.

Ève : Moi, si je joue, c’est pas pour le feeling, c’est pour gagner.

Hugo : Gagner, gagner Il va peut-être y avoir 75 ou 100 joueurs pis juste un gagnant.

Ève : Une gagnante ! Ça va être moi, je te le dis.

Hugo : Si tu veux.

Clara surgit à ce moment.

Clara : Salut tout le monde ! Ça va bien ? Ah ! Vous êtes en train de vous inscrire pour le jeu.

Nicolas : On peut rien te cacher.

Ève : Est-ce que tu vas jouer, toi ?

Clara : J’ai pas ben le choix, je suis dans le Conseil étudiant. Mais, moi, c’est la photo qui m’énerve. Je suis jamais ben bonne dans les portraits. Je trouve que j’ai l’air folle.

Hugo : C’est fidèle à la réalité.

Les autres rient un peu.

Clara : Hein !

Clara aperçoit Marie-Soleil qui lit toute seule dans son coin.

Clara : Marie-Soleil ! Qu’est-ce que tu fais là toute seule dans ton coin ?

Marie-Soleil lève la tête et Clara se dirige vers elle.

Clara : Reste pas par terre. Viens avec la gang.

Hugo : Y reste plus de chaise.

Clara : Je vais vous en trouver des chaises, moi.

Elle amène Marie-Soleil vers le groupe.

Clara : Attend-moi là !

Clara sort de scène. Marie-Soleil reste plantée là devant le groupe. Une certaine gêne s’installe. Clara revient avec une chaise qu’elle place à côté de Nicolas. Elle assoit Marie-Soleil sur la chaise.

Clara : Je vous présente Marie-Soleil. C’est une nouvelle. Elle vient d’arriver.

Tout le monde se regarde en ne sachant pas quoi faire.

Claudia : Ben moi, il faut que j’y aille. Je dois passer au secrétariat avant la cloche.

Claudia se lève et part.

Ève : Moi, j’ai déjà rempli ma formule. Je vais aller la porter.

Ève se lève, les deux gars font de même.

Nicolas : Faut qu’on se sauve. On a des choses à régler.

Clara et Marie-Soleil restent seules.

Marie-Soleil : C’est chaleureux !

Clara : T’en fais pas. Sont juste un peu gênés, mais sont ben fins.

Marie-Soleil : J’aime mieux les individus que les groupes d’individus. Les gens sont toujours trop influencés par le groupe.

Clara qui ne pige pas trop : C’est quoi tu lis ?

Marie-Soleil : Socrate.

Clara : Ah oui ! C’est le dernier Danielle Steel !

Marie-Soleil : Non, c’est un livre de philosophie.

Clara : De la philosophie. T’es tu obligé de lire ça pour un cours ?

Marie-Soleil : Non, je lis ça par plaisir.

Clara : Ah oui ! Tu commences en quoi après-midi ?

Marie-Soleil : En math.

Clara : On sera pas ensemble, je rentre en Anglais.

Marie-Soleil : C’est pas grave. Je suis capable de m’organiser. Merci.

Clara : Bye.

Elles sortent chacun de leur côté. Noir.

 

Scène 7 : Bob, Nicolas, Marie-Soleil, Hugo, Jessica, Ève et Claudia

La cloche sonne. Une cohue d’élèves passe et traverse la scène. Nicolas et Bob les suivent et restent sur scène. Marie-Soleil arrive, va à sa case et suit la conversation des deux gars en rangeant ses affaires.

Bob : Enfin, c’est vendredi. Ça fait cinq jours que j’attends ça !

Nicolas : La dernière heure a été plate, je finissais en religion.

Bob : Moi, j’étais en éduc. C’était pas trop pire.

Nicolas : Je m’ennuyais tellement que je comptais les secondes. Savais-tu qu’il y a 3600 secondes dans une minute ?

Bob : Ouais !

Nicolas : Ben, si tu calcules qu’on a cinq heures de cours par jour et 180 jours d’école, ça fait 3 240 000 secondes qu’on passe assis sur nos chaises.

Bob : Vu comme ça, c’est assez décourageant. Combien y a de secondes dans une fin de semaine ?

Nicolas : Attends un peu Entre le vendredi à 16h et le lundi à 8h, ça fait 64 heures, donc 64 fois 3600 À peu près 230 000 secondes.

Bob : Alors, je vais profiter au max de ces 230 000 secondes pour sortir et dormir le matin.

Nicolas : Il faut aussi se préparer pour le Tag qui commence lundi matin. As-tu été chercher ton gun.

Bob sort un fusil à fléchettes de son sac et le tient comme James Bond.

Bob : Mon nom est Bonneau, Bob Bonneau.

Nicolas rit un peu.

Bob : Inquiète-toi pas, je suis déjà prêt. Surtout que j’ai une mission spéciale.

Nicolas : Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Bob : Image-toi que Claudia m’a lancé un défi. Si j’arrive à l’abattre, elle est à moi.

Nicolas : Wow, tout un défi. Et j’imagine que ce n’est pas pour ses yeux seulement ?

Bob : Non, et pour elle, le monde ne suffit pas.

Nicolas : Tu dois donc faire attention de ne pas te faire tuer tout de suite lundi.

Bob : Il faut que je meurs un autre jour. Seuls les diamants sont éternels.

Nicolas : Sinon, tu n’auras pas d’autre chance.

Bob : Jamais plus jamais.

Nicolas : C’est un jeu dangereux.

Bob : Tuer, n’est pas jouer. C’est vivre et laisser mourir.

Nicolas : Bon, c’est ça, à demain peut-être !

Bob : Demain ne meurs jamais.

Nicolas : Fais attention à toi. Fais pas trop le fou en fin de semaine.

Bob : Bof, on ne vit que deux fois. Faut bien en profiter.

Nicolas : En tout cas, n’oublie pas ton permis de tuer et je suis certain que ça va être une opération tonnerre.

Bob en saluant : Dangeureusement vôtre !

Nicolas : Ben oui !

Bob quitte et Nicolas se retourne vers sa case, mais Marie-Soleil est adossée dessus en train de lire. Nicolas se racle la gorge pour signifier sa présence. Marie-Soleil lève les yeux.

Marie-Soleil : Ah ! Salut !

Nicolas : Qu’est-ce que tu fais là ?

Marie-Soleil : Je lis.

Nicolas : Qu’est-ce que tu fais sur ma case ?

Marie-Soleil qui fait l’innocente : Ah ! C’est ta case ! Excuse-moi. C’est que je suis absorbée par ma lecture. Est-ce que tu connais Socrate ?

Nicolas : C’est un vieux grec.

Marie-Soleil : C’était surtout un philosophe. Son histoire est grandiose. Socrate enseignait la philosophie sur la place publique et il fut accusé de pervertir la jeunesse. On le condamna à mort et, alors qu’il aurait pu se sauver, il demeura à Athènes et accepta de boire un poison. Il mourut en philosophant avec ses disciples.

Nicolas : Ouais pis ?

Marie-Soleil : Il ne s’est pas défilé. Il avait le courage de ses convictions, lui.

Nicolas : Mais, il est mort, lui.

Marie-Soleil : Par contre, 2500 ans plus tard, on en parle encore. Les lâches, on les oublie. Ils passent complètement inaperçus.

Nicolas : Coudonc, j’ai le droit de jouer au Tag si je veux pis j’ai le droit de changer d’idée. On est dans un pays libre !

Marie-Soleil : Ah oui ! On dit cela. Mais, dans ta tête Nicolas, est-ce que tu es vraiment libre ?

Nicolas exaspéré : Tes folle toi ! Laisse-moi tranquille pis tasse-toi de ma case !

Marie-Soleil : Est-ce que j’ai le choix ?

Nicolas : Ben, c’est à moi cette case-là !

Marie-Soleil : Bon, bon, monsieur est possessif. Je vais quitter ton territoire. (Elle imite un chien) Wouf, wouf.

Marie-Soleil se tasse et tourne autour de Nicolas éberlué.

Marie-Soleil : Au revoir James, on se retrouvera.

Elle quitte la scène comme une espionne. Hugo va retrouver Nicolas.

Hugo : Aie salut ! Qu’est-ce que tu fais en fin de semaine ?

Nicolas : Je le sais pas, mais ça commence sur un mauvais pied.

Hugo : Comment ça ?

Nicolas : C’est la nouvelle, Marie-Chose Est weird pas mal. Elle arrête pas de m’achaler parce que j’ai changé d’idée pour le Tag.

Hugo : Laisse-la faire !

Nicolas : Facile à dire.

Hugo : As-tu vu Claudia ? J’essaye d’y parler depuis plusieurs jours. On dirait qu’à me fuit.

Nicolas : Tu veux y parler de votre nuit dans les manteaux ?

Hugo : Je veux savoir à quoi m’en tenir.

Nicolas : Si j’étais toi, j’oublierais ça.

Hugo : Aie, non.

Nicolas : Elle a lancé un défi à Bob. S’il réussit à l’abattre, elle va se donner à lui.

Hugo : Quoi ?

Nicolas : T’as bien entendu. Suis mon conseil. On se rejoint au local de  » Donjon  » demain ?

Hugo : Ouais.

Nicolas : À demain.

Nicolas quitte. Jessica entre peu après comme si elle était suivie. Elle se retourne subitement, fait semblant de tirer avec son fusil à fléchette et semble très satisfaite. Hugo se retourne pour regarder ce qu’elle fait et continue de mettre ses choses dans sa case. Jessica fait plusieurs fois le mouvement de sortir son fusil comme pour se défendre. Hugo est encore une fois attiré par ses gestes brusques. Ève arrive derrière elle tranquillement et lui fait faire un saut.

Ève : Bouh !

Jessica échappe son arme. Ève rit.

Ève : Surveille tes arrières ma belle, sinon tu vas te faire tirer dans le dos.

Jessica : Aie pas peur. Tu vas voir, je vais être équipée et prête.

Ève : J’ai bien hâte de voir ça.

Jessica : Mon frère est dans police pis y vas me préparer pis me prêter du stock. Je vais être la première arrivée lundi matin. Je vais être camouflée pour attendre ma proie.

Ève : Lundi matin de bonne heure !

Jessica : Oui.

Ève : C’est une bonne idée, ça.

Jessica : Certainement.

Ève : Je vais la retenir. Salut !

Ève quitte. Jessica met son manteau et part également, sûre d’elle. Claudia passe et sort de scène. Hugo l’interpelle.

Hugo : Claudia ! Claudia, je veux te parler.

Claudia revient.

Claudia : Qu’est-ce qui a ?

Hugo : Ben, j’ai essayé de te parler toute la semaine.

Claudia : Pourquoi ?

Hugo : Je pensais qu’après l’autre soir.

Claudia : Ah ! Tu t’en souviens ?

Hugo : Comment oublier ça. C’est que Je me demandais si

Claudia : Tu te demandais si c’était sérieux ?

Hugo : Disons, oui.

Claudia : Poses-toi plutôt la question : est-ce que tu es un gars sérieux ? Pis tu vas avoir la réponse.

Hugo : Je suis plus sérieux que j’en ai l’air.

Claudia : Prouve-le moi.

Hugo : Est-ce qu’il faut que je fasse comme Bob, t’abattre au Tag ?

Claudia : Quoi, t’es au courant de ça ! Les nouvelles vont vraiment vite dans cette école.

Hugo : T’oublie que Bob est un vantard.

Claudia : Très bien. Le défi vaut pour toi aussi. Ça va être doublement excitant.

Hugo : Je vais être plus rapide que Bob, tu vas voir.

Claudia : Je ne vous rendrai pas la tâche facile quand même. Il faudra m’attraper. Au revoir !

Claudia part aussitôt. Hugo retourne à sa case, sort son fusil de son sac, le regarde et le replace. Il prend ses affaires et quitte la scène. Noir.

 

Scène 8 : Jessica et Ève

Nous sommes le lundi matin : début du jeu. Sur un fond sonore tiré d’un film d’action, Jessica entre comme le font les membres d’une escouade d’intervention tactique, c’est-à-dire le fusil à deux mains et prêt à tirer. Elle a une casquette et un genre de gilet pare-balles. Elle sort un walky-talky d’enfant et parle dedans.

Jessica : Le chemin est désert, Joe. Il n’y a pas d’âme qui vive Tu as raison, il faut garder l’il ouvert.

Elle fait une pirouette, rampe et se remet debout pour balayer la salle avec son fusil. Elle reprend son talky-walky.

Jessica : Joe, je crois que j’ai entendu quelque chose. Ça vient de par là (la salle) Joe, est-ce que je t’ai déjà raconté la fois où j’ai déjoué la surveillance de quatre récidivistes qui m’avait pris en otage ? J’ai reçu la médaille d’honneur pour ce fait d’arme.

Ève qui était cachée en arrière des cases, sort et abat Jessica avec son fusil à fléchettes. Ève jubile. Jessica est atterrée.

Ève : Ma première victime, LA première victime du jeu. Ah ah ah ! C’est moi qui vais recevoir la médaille d’honneur. Ah ah ah !

Jessica : C’est impossible !

Ève : Ne t’en fais pas. Tu n’es que la première d’une longue liste.

Jessica : J’avais un gilet pare-balles.

Ève : Les règlements sont très clairs. Aussitôt qu’une fléchette touche une partie de ton corps, tu es hors-jeu. T’as perdu. Maintenant, donne-moi ton contrat.

Frustrée, Jessica ne fait rien.

Ève : Allez !

Jessica sort son contrat (une feuille avec une photo et une description) et la donne à Ève.

Ève : Parfait, voilà ma prochaine victime. (À Jessica) Merci pour ton conseil. C’est une bonne idée d’arriver tôt. Et bonne chance dans tes études, tu vas être une super bonne police. Ah ah ah !

Noir.

 

Scène 9 : Les rappers, Claudia, Clara et Bob

Sur un p’tit beat de rap, Mike et Karl, les deux rappers, entrent et font quelques gestes typiques à ce style.

Mike : J’te dis que c’est tof, la rentrée du lundi matin, man.

Karl : Par chance, man, qui a le jeu de Tag pour mettre un peu de piquant

Mike : Ça l’air que Josée Galichamps s’est fait avoir en sortant de chez-elle.

Karl : Moué, j’ai entendu dire que Bernard Rodrigue s’est fait descendre par sa blonde. Yé locké, man.

Mike : C’est quasiment un drame conjugal.

Karl : Un cas de divorce, man.

Bob s’introduit subitement dans leur conversation.

Bob : Aie les gars, on peut-tu parler ?

Mike : Non, on peut pas. On aime mieux chanter.

Karl s’esclaffe.

Karl : Est bonne celle-là, man !

Bob : Non, sérieux, je voudrais vous parler du jeu de Tag.

Les rappers changent rapidement de ton et deviennent suspicieux.

Karl : Ouais, qu’est-ce qui a ?

Bob : On pourrait peut-être s’échanger des informations ?

Mike : Quelle sorte d’informations ?

Bob : Je vous donne le nom de mon contrat et vous me révélez les vôtres.

Mike : Je sais pas trop, man.

Karl : Qu’est-ce que ça va nous donner ?

Bob : En connaissant des contrats et en faisant votre enquête, vous allez finir par savoir qui vous court après. C’est toujours utile.

Mike : Ouais, peut-être.

Bob : Moi, je cherche à savoir qui a le contrat de Claudia Provost. Si vous pouvez me mettre sur une piste, je vous en serais très reconnaissant. C’est que j’ai un défi spécial avec elle.

Karl : Ouais, man. J’en ai entendu parler.

Bob : Si jamais un de vous deux obtient le contrat Claudia, je suis prêt à faire un échange avec lui.

Karl : On n’a pas le droit de s’échanger les contrats. C’est écrit dans les règlements.

Bob : D’habitude, les règlements, ça vous achale pas trop.

Mike : On veut pas être disqualifié, man.

Karl : Fa que ton marché, ça nous intéresse pas.

Bob : Mais y a rien qui nous empêche de s’échanger de l’information.

Mike : Pourquoi on te ferait confiance. D’habitude, tu nous parles pas. T’es le premier à lever le nez sur nous autres.

Karl : C’est vrai ça, man. Pis débarrasse donc le plancher. On veut pas avoir affaire avec toi.

Bob : Pensez-y bien. Je peux sûrement vous aider.

Mike : Laisse-nous tranquille. On a pas besoin de toi.

Bob : C’est correct. Pas de problème. Mais si vous avez des informations sur le contrat de Claudia, je serai prêt à écouter.

Karl : C’est ça. Scram !

Bob les quitte pour aller à sa case.

Mike à Karl : Qu’est-ce que tu penses de ça ?

Karl : Faut se fier à personne dans ce jeu-là.

Mike : Qu’est-ce que tu vas faire si jamais tu pognes mon contrat ?

Karl : Je vais te liquider body. C’est toute. C’est juste un jeu. Tu feras pareil pour moi. Faut rester cool.

Mike : T’as raison, c’est cool.

Ils se tapent dans les mains et se font des signes de rap. À ce moment, Claudia entre suivie de près par Clara.

Mike : Tiens, voici notre danseuse de claquette nationale !

Karl : J’aimerais ça te voir dans ton costume, tu dois avoir un beau body là-dedans !

Mike en dansant : Fais-nous donc une p’tite démonstration.

Karl à Mike : C’est bon ça !

Claudia sèchement : Vous pouvez pas savoir comment vous êtes con !

Karl : Je pense qu’es frue.

Claudia les ignore et s’en va à sa case. Les rappers sortent en rigolant.

 

Scène 10 : Ève, Sylvie, Claudia, Clara, Hugo, Bob et Marie-Soleil

Ève entre flanquée de Sylvie. Elles se dirigent à la case d’Ève. Claudia prend ses livres et vient pour quitter, mais Clara la rejoint.

Clara : Claudia ! Claudia !

Claudia exaspérée : Quoi ?

Clara : Tu m’avais jamais dit que tu dansais la claquette.

Claudia : Tu me l’as jamais demandé.

Clara : C’est super !

Claudia : Ben voyons, ça intéresse personne.

Claudia sort en laissant Clara bouche bée. Clara s’appuie sur un coin de table pour fouiller dans son sac. L’attention se dirige vers Ève et Sylvie.

Ève à Sylvie : Tu m’as bien compris. Tu ne me lâches pas d’une semelle. Tu me suis partout, même aux toilettes. Tu m’attends à la sortie de chaque cours et tu m’accompagnes jusque chez-moi.

Sylvie : Pas de problème !

À ce moment, Marie-Soleil entre costumée en lapin. Clara, Ève, Sylvie et Bob (qui est toujours à sa case) restent surpris.

Marie-Soleil : Oyez ! Oyez ! Ce message s’adresse aux petits et grands gibiers, aux proies de toutes sortes, aux poursuivis, aux gansters en fuite. La chasse est ouverte. Cachez-vous et portez votre meilleur camouflage car il n’y aura pas de pitié. C’est maintenant la loi du plus fort.

Marie-Soleil bondit comme un lapin et fait le tour d’Ève. Elle se dirige ensuite vers Nicolas et Hugo qui entrent à ce moment. Elle s’adresse à Nicolas.

Marie-Soleil : Monsieur le chasseur, ne me tuez pas. Soyez gentil et rangez votre fusil. S’il-vous-plait, je veux continuer à vivre et à bondir. Youhou !

Marie-Soleil sort en bondissant. Bob quitte également.

Hugo : Méchant numéro !

Nicolas : J’aime mieux l’ignorer.

Ève sort son fusil et le met sous la gorge de Nicolas.

Ève : Salut Nicolas ! Regarde comme mon fusil est chaud. Il a déjà fait une victime.

Nicolas qui éloigne le fusil : Je suis au courant.

Hugo : La mordue des techniques policières a été la première à tomber.

Ève en agitant son arme : On se reverra.

Ève s’en va avec Sylvie.

Hugo : Peut-être qu’elle a ton contrat ?

Nicolas : Je le sais pas, mais j’ai plutôt l’impression qu’elle essaie de me faire peur. Je me demande bien ce qu’elle faisait avec une fille comme Sylvie Durand ?

Hugo : On aurait dit un garde du corps.

Nicolas : C’est ça. Elle s’arrange pour être jamais seule.

Hugo : C’est une bonne idée. On devrait faire ça nous aussi.

Nicolas : D’accord, mais si l’un de nous attrape le contrat de l’autre.

Hugo : On est des chums. On se donne une chance pis on s’avertit. Celui qui a le contrat donne du temps à l’autre, une heure mettons.

Nicolas : Excellent !

Ils s’empoignent.

Nicolas : Comme ça, Ève ne pourra jamais nous avoir.

Hugo : Je voulais aussi te dire que j’ai réussi à parler à Claudia.

Nicolas : Pis, qu’est-ce qui arrive avec votre histoire ?

Hugo : J’ai accepté le défi moi aussi !

Nicolas : Quoi ?

Hugo : Il faut que je la descendre avant Bob et elle est à moi.

Nicolas : Ça va te mener où ?

Hugo : Je le sais, ça pas de sens. Mais, j’ai pas le choix. Je trippe sur cette fille-là.

Clara se faufile dans la conversation.

Clara : Les gars, étiez-vous au courant que Claudia prenait des cours de danse à claquettes ?

Hugo et Nicolas se retournent tranquillement vers elle, l’air mécontent.

Nicolas : Clara, t’as le don d’arriver comme un cheveux sur la soupe.

Clara : Qu’est-ce qui a ?

Hugo : Y a que tu sautes sur le monde sans les avertir.

Nicolas : On parlait de choses importantes et personnelles en plus.

Clara l’air intéressée : Vous parliez de quoi ? Des amours d’Hugo et Claudia ?

Hugo : Là, ça fait. Arrête de te mêler de nos affaires. C’est-tu clair ?

Clara : C’est beau. J’ai compris. Je voulais juste vous aider.

Nicolas : On est capable de se passer de ton AIDE.

Hugo lui fait signe de partir. Ce qu’elle fait d’ailleurs. Elle quitte la scène un peu vexée.

Nicolas : Elle me tombe carrément sur les nerfs avec sa fausse bonne humeur. On dirait qu’elle se pense dans un téléroman.

Hugo : C’est ça ! Tu l’as !

Nicolas : Quoi ?

Hugo : On va lui faire croire qu’elle est dans un téléroman.

Nicolas : Comment ?

Hugo : En y laissant des mots d’amour dans sa case, des mots signés par un beau jeune premier.

Nicolas : Ah oui ! Ça serait drôle. Ma soeur a du papier à lettres qui sent le parfum, je pourrais y en piquer quelques feuilles.

Hugo : Elle va marcher, je suis certain. On va rigoler.

Ils sortent en riant.

 

Scène 11 : Marie-Soleil et Clara

Marie-Soleil revient en costume de lapin. Elle va à sa case et commence à l’enlever. Clara est aussi de retour. Elle a l’air un peu dépitée.

Marie-Soleil à Clara : T’as pas l’air dans ton assiette ?

Clara : C’est pas mon assiette, c’est mon bol.

Marie-Soleil : Hein ?

Clara : Mon bol à soupe, y a un cheveux dedans. J’arrive tout le temps comme un cheveux dans la soupe, ça l’air !

Marie-Soleil : Je commence à comprendre.

Clara : J’ai l’impression que plus j’essaie d’être fine, plus le monde est bête.

Marie-Soleil : C’est probablement parce que tu t’y prends mal.

Clara : Je veux juste les aider.

Marie-Soleil : Les gens n’aiment pas se faire aider. Si tu veux le faire, il faut que tu sois subtile.

Clara : Subtile, oui Mais, j’ai pas trop compris pourquoi tu te promenais dans l’école habillée en lapin. C’est un peu bizarre.

Marie-Soleil : J’ai peut-être été trop subtile. C’était ma façon de manifester mon désaccord concernant le jeu de Tag.

Clara : T’es contre ça ?

Marie-Soleil : Oui, d’autant plus que c’est une idée de ton Conseil étudiant.

Clara : Ben quoi, c’est une suggestion qui est venue d’un groupe d’élèves. Ça marche. C’est une activité qui est très populaire.

Marie-Soleil : Mais, c’est violent et franchement dépassé. Surtout après les événements des dernières années dans les écoles américaines. Est-ce que tu te rappelles la tuerie de l’école Colombine au Colorado en 1999 ? Deux jeunes sont entrés dans l’école armée de mitraillettes et de bombes. Résultat : ils ont tué une douzaine de personnes et en ont blessé 70 autres.

Clara : Ça me dit quelque chose, là.

Marie-Soleil : Un an plus tard à Flint au Michigan, un garçon de 6 ans assassine une petite fille de 5 ans en pleine classe. Il était armé d’un revolver qu’il avait trouvé chez son oncle.

Clara : C’est donc ben triste.

Marie-Soleil : Sans parler du Sniper de Washington qui a tué gratuitement 10 personnes et a tenu la ville en otage pendant trois semaines.

Clara : Mais, tout ça s’est passé aux États-Unis.

Marie-Soleil : Y en a, ici aussi, des meurtres dus aux armes à feu. Sans parler des jeux vidéos sanglants, des films d’actions qui sont de plus en plus accessibles aux enfants, de la rage au volant, des gangs de rue. La violence est maintenant omniprésente.

Clara : Ben là, il aurait fallu le savoir avant.

Marie-Soleil : Je sais, vous n’y avez pas pensé. C’est toujours ça le problème.

Clara : Je sais pu trop quoi te dire.

Marie-Soleil : Laisse faire, de toute façon, on est en retard au cours de physique.

Clara qui regarde sa montre : Ah mon Dieu !

Marie-Soleil : J’espère que Jean-Marie va pas nous coller une retenue.

Elles sortent. Noir.

 

Scène 12 : Bob, Anne-Marie, Mme Fradette, Jenny, Jonathan et Kristel.

Il n’y a personne sur la scène pendant quelques secondes. Anne-Marie arrive, s’appuie sur une case et attend. Bob sort. Il était caché derrière les cases. Il va voir Anne-Marie.

Bob : Salut, Anne-Marie, qu’est-ce que tu fais ?

Anne-Marie : Tiens, si c’est pas le beau Bob.

Bob : C’est parce que je joue au jeu de Tag et j’attends quelqu’un qui devrait sortir de la retenue d’une minute à l’autre. Je dois être seul avec elle si je l’avoir.

Anne-Marie : Moi aussi, j’attends quelqu’un pis je vais l’attendre icitte que ça te plaise ou non.

Bob qui prend un ton enjoleur : Anne-Marie, s’il-te-plait, fais ça pour moi.

Anne-Marie : Arrête Bob, ça pogne pu. Tu m’as eu une fois, c’est assez.

Bob : Tu peux-tu au moins me dire si Kristel Sauvageau est sortie de la retenue ?

Anne-Marie : Quand je suis partie, elle était encore là.

Bob : Bon, c’est au moins ça.

Mme Fradette arrive et se dirige vers Anne-Marie.

Mme Fradette : Mademoiselle Falardeau !

Anne-Marie : Oui, c’est moi.

Mme Fradette : J’ai examiné votre travail de réflexion et j’estime que ce n’est pas satisfaisant. Je vous demande donc de revenir en retenue pour faire les correctifs appropriés.

Anne-Marie : Ah non ! C’est pas vrai.

Mme Fradette : Allez, vous connaissez les sanctions si vous n’obtempérez pas immédiatement.

Anne-Marie : Ok, cool. C’est correct. J’y vais.

Mme Fradette sort suivie d’Anne-Marie.

Bob vers Mme Fradette qui n’est plus là : Chère Madame Fradette, pour une fois, je suis content que vous soyez si pointilleuse. Merci beaucoup.

Bob retourne dans sa cachette. Mais Jenny arrive avec son chum Jonathan. Ils s’installent sur une table pour se minoucher. Bob sort en laissant aller un soupir d’exaspération. Il essaie d’entrer en contact avec eux.

Bob : Excusez-moi !

Les deux autres n’entendent rien.

Bob : Est-ce que ça vous dérangerait de

Bob réfléchit un peu et se décide à taper sur l’épaule du gars. Celui-ci, sans desserrer son étreinte, repousse Bob d’une main. Tout à coup, Kristel revient de sa retenue.

Kristel : Jenny, la Fradette m’a enfin laissée sortir.

Jenny lâche Jonathan. Bob retourne rapidement se cacher.

Jenny : Enfin, il commençait à être temps.

Jonathan : Moi, j’y vais. Je vous retrouve au rave ce soir.

Jenny : Ok, salut !

Jenny embrasse Jonathan une dernière fois. Celui-ci quitte la scène nonchalamment.

Kristel : Tu parles d’une retenue. Je devais écrire une réflexion sur l’apparence vestimentaire en classe.

Jenny : Moyen sujet plate. Qu’est-ce que t’as écrit pour que Mme Fradette te laisse sortir ?

Kristel : Qu’on devrait tous être habillés pareil comme dans le temps que les soeurs enseignaient. Ça eu l’air de la satisfaire.

Jenny : Je suis contente de ne pas avoir vécu dans ce temps-là.

Kristel : Mets-en !

Jenny : Tu devineras jamais qui sont les invités du rave de ce soir.

Kristel : Je sais pas.

Jenny : DJ Super Whooper and the relishman.

Kristel : Wow ! Pis au rave de samedi, j’ai entendu dire que le grand MC Kodak Flashback sera là.

Jenny : Ça l’air qu’ils vont organiser ça dans la cale d’un gros bateau.

Kristel : C’est hot ! Mais, j’espère qu’on va pas couler. Parlant de couler, ton maquillage est en train de faire comme le Titanic.

Jenny : Ah non ! Attends-moi, je vais aller m’arranger ça tout de suite.

Kristel : Dépêche-toi !

Jenny part et laisse Kristel seule. Bob sort aussitôt de sa cachette et tire sur Kristel.

Bob : T’es morte, je t’ai eu.

Kristel : Ah non ! C’est plate. Je le savais que je me ferais tuer rapidement. T’es sorti d’où ?

Bob : J’étais caché en arrière des cases. Ça fait au moins une heure que je t’attends.

Kristel : T’es un gars patient. C’est quoi donc ton nom ?

Bob : Bonneau, Bob Bonneau.

Kristel : Ça te tenterait-tu de venir à un rave à soir ?

Bob : Désolé, en temps normal, je n’aurais pas refusé une si belle invitation. Mais, j’ai une mission plus importante à accomplir.

Kristel : Dommage, ça sera pour une autre fois.

Bob : Est-ce que tu peux me donner ton contrat ?

Kristel : Tiens !

Kristel fouille dans ses poches et lui donne le contrat en question. Bob le prend et le développe rapidement. Il le lit. Ce n’est pas celui de Claudia.

Kristel : T’as l’air déçu.

Bob : Est-ce que tu sais qui a le contrat de Claudia Provost ?

Kristel : C’est qui ça Claudia Provost ?

Bob : C’est pas grave, merci beaucoup et à la prochaine.

Kristel : Au revoir !

Bob quitte et Jenny revient presqu’aussitôt.

Jenny : J’ai entendu des voix. Je suis arrivé le plus vite possible.

Kristel : Ah c’est rien. Je me suis faite assassinée par un gars super intéressant.

Jenny : Quoi ?

Kristel : Ramasse tes affaires, je te raconte ça en chemin.

Elles quittent. Noir.

 

Scène 13 : Nicolas, Hugo, Clara et Bob.

Au retour des lumières, Nicolas et Hugo sont debout penchés sur une table. Ils terminent l’écriture du faux mot d’amour.

Nicolas : Nous vivrons heureux jusqu’à la fin des temps.

Hugo : Attends, pas trop vite. Comment t’as dit ça.

Nicolas : Nous vivrons heureux jusqu’à la fin des temps.

Hugo : C’est bon. On signe-tu un nom ?

Nicolas : Écris, un admirateur romantique.

Hugo : Ah oui, c’est drôle ça.

Nicolas : Faut qu’on se dépêche, elle doit être à veille de sortir de sa réunion.

Hugo : C’est prêt !

Nicolas : Donne.

Nicolas prend le mot, le plie et le glisse dans une enveloppe rose. Hugo va voir dans le corridor.

Hugo : Vite, elle arrive.

Nicolas place le mot dans une fente de la case de Clara. Bob arrive sur l’entrefaite.

Nicolas : Reste pas là, toué. Viens te cacher avec nous.

Bob : Pourquoi ?

Nicolas : Pose pas de question. Viens-t-en !

Bob suit Nicolas et Hugo qui vont se cacher. Clara arrive et va à sa case. Elle trouve la missive, la développe et la lit.

Voix off de jeune premier : Chère Clara. Récemment, je t’ai aperçu pour la première fois et tu m’est apparu comme une rose à travers les ronces. Tes yeux clairs m’ont sauvagement ensorcelé et ton nom résonne à mes oreilles comme une douce musique. Je rêve de partir avec toi vers des contrées inconnues où notre amour pourra fleurir. Nous marcherons sur la plage vers le soleil couchant. Je t’inonderai de caresses et les vagues berceront nos étreintes. Unis l’un à l’autre, nous vivrons heureux jusqu’à la fin des temps. Un admirateur romantique.

Clara mets le mot sur son coeur et hume le parfum de la lettre.

Clara : Enfin !

Elle met la lettre dans son sac et part, la tête dans les nuages. Les trois gars sortent de leur cachette. Hugo et Nicolas se claquent dans les mains.

Bob : J’ai pas trop compris. C’est quoi cette lettre-là ?

Nicolas : C’est une fausse lettre d’amour qu’on lui a écrit.

Bob : Ah oui ! Est bonne !

Hugo qui regarde sa montre : C’est l’heure de mon rendez-vous avec la direction. Tu viens avec moi Nic ?

Nicolas : Je te suis.

Hugo et Nicolas sortent.

Bob pour lui-même : Ça me donne une idée.

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Touché au coeur Tableau des répliques