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Une autre pièce de théâtre

De Luc Boulanger

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Résumé

En attendant leur professeur de théâtre en retard, des jeunes s’intéressent au livre « L’Encyclopédie illustrée de l’histoire du théâtre » et décident de monter leur propre pièce. Tout en vivant des joies et des conflits, ils s’initient à différents styles et à plusieurs mouvements théâtraux.

Pour vous donner une idée de la pièce, voici une vidéo de la présentation du Collège Notre-Dame de La Salle à Marmande en France. Une mise en scène de Cathy Saquet.

Cette pièce offre plusieurs particularités intéressantes. Tout d’abord, les quatorze personnages sont présents du début à la fin. Pour faciliter l’apprentissage, des passages se concentrent sur certains personnages. Plusieurs sketchs thématiques sont insérés dans l’histoire soit un pour le théâtre grec, un pour la commedia dell’arte, un passage inspiré de Molière et d’autres du théâtre expérimental, du répertoire québécois et même de l’improvisation. Enfin, le décor se résume à quelques chaises et un gros coffre plein de costumes, de chapeaux et d’accessoires.

Fiche technique

  • Style/Thème : Pièce éducative pour expérimenter différents styles de théâtre
  • Lieu : Un local de pratique de théâtre
  • Nombre de comédiens : 15
  • Durée : 50 à 60 minutes
  • Âge : 8 à 13 ans
  • Niveau : Intermédiaire

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Informations générales

 

Qu’est-ce que le droit d’auteur ?
Le droit d’auteur garantit la protection des oeuvres littéraires, dramatiques, artistiques et musicales, des enregistrements sonores, des représentations d’une oeuvre en public et des télécommunications. Le droit d’auteur donne aux créatrices et créateurs le droit, devant la loi, d’être rémunérés pour leurs oeuvres et d’en contrôler l’utilisation.
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Le fait d’acheter un texte sur le site de Animagination vous permet d’avoir accès à l’oeuvre intégrale que vous pouvez lire seul, en groupe ou encore travailler en classe ou en atelier. Mais le simple achat du texte ne vous donne pas l’autorisation de le jouer en public. Pour cela, il faut payer les droits de représentation.
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Si le texte est joué en classe ou devant un public exclusivement formé d’élèves, les écoles n’ont pas à payer les droits de représentation. Cependant, pour les représentations où les parents et amis sont invités, les droits de représentation s’appliquent.

Notez que les écoles du Québec bénéficient d’une entente entre l’AQAD (L’Association Québécoise des Auteurs Dramatiques) et le MELS (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport) qui défraie les droits de représentation devant un public de parents et d’amis. Il faut alors remplir un formulaire sur le site de l’AQAD

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Les pièces doivent être présentées dans leur intégralité. Il faut une autorisation de l’auteur pour présenter un extrait et le droit d’auteur s’applique assurément.
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Vous devez respecter l’intégrité du texte. Cependant, vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation d’un personnage féminin en masculin (ou vice versa), changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.
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Il n’y a aucun problème à garder le texte dans vos archives. Cependant, s’il est présenté à nouveau, il faut acquitter les droits de représentation.
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Pour toutes publications, sous toute forme que ce soit, il faut contacter l’auteur ou ses représentants.
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Les textes sont seulement disponibles sur le site de Animagination.

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme « Écrivains à l’école » subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Articles de presse

Une autre pièce de théâtre

Extrait de la pièce

Une autre pièce de théâtre

 

par Luc Boulanger

 

Les personnages

 

Amélie Savard-Brunelle : Prétentieuse qui a déjà fait des contrats professionnels
Annabelle : P’tite mémère qui a un téléphone cellulaire.
Myriam : Tripeuse de théâtre. Elle ne quitte jamais son encyclopédie.
Justine : Chouchou du prof. Un peu bollée, genre p’tit débrouillard.
Kim : Souvent de mauvaise humeur, sa mère la force à venir au théâtre
Jérémie : Grande gueule. Il aime le théâtre et Amélie Savard-Brunelle.
Olivier : Rêve de faire une comédie musicale.
Alicia : Petite rockeuse qui cache une grande comédienne.
Audrey-Anne : La petite soeur d’Alicia.
Xavier : Un gars nonchalant et un peu fou qui tripe sur les films de monstres.
Béatrice : Tripe sur l’impro.
Érika : Amie de Amélie Tanguay. Elle est en chicane avec Annabelle.
Amélie Tanguay
Maude
Gaston : Le concierge

 

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises.

 

 

Scène 1 : Intro et générique

 

La pièce débute sur une musique douce. Gaston, le concierge, passe la vadrouille. Ça cogne à la porte. Gaston va pour ouvrir. Ça cogne encore de plus belle.

 

Gaston : Les nerfs, les nerfs, j’arrive !

 

Gaston prend ses clés et débarre la porte. Jérémie entre, suivi de Myriam, Justine, Olivier, Béatrice, Érika et Amélie Tanguay.

 

Jérémie : Enfin ! Y’était temps ! (En voyant Gaston) Vous êtes qui vous ?

 

Jérémie vient pour entrer.

 

Gaston : Votre concierge, Gaston. Celui qui vous ramasse ! Est-ce que vos souliers sont propres ?

 

Myriam : Ben oui !

 

Gaston : Je veux être certain. Je viens de finir de passer la moppe pis quand vous allez jouer dans les champs vos souliers sont crottés.

 

Amélie Tanguay : On ne revient pas des champs.

 

Gaston : Je ne prends pas de chance, allez vous secouer les pieds !

 

Les jeunes retournent se secouer les pieds.

 

Gaston : Vous le direz aux autres.

 

Les jeunes reviennent et se dirigent vers la scène. Myriam s’assoit un peu en retrait des autres. Elle sort un gros livre de son sac et commence à le lire. Elle va le lire tout le reste de la scène et une partie de la prochaine.

 

Jérémie : Je suppose que Luc n’est pas arrivé.

 

Gaston : Y a appelé pour dire qu’il va être en retard.

 

Érika : Y’est jamais à l’heure. Notre atelier commence à 10h30 pis lui, y arrive toujours à 10h32. Je perds deux minutes de mon atelier à chaque semaine.

 

Justine : Tu perds rien pantoute. On finit toujours dix minutes plus tard.

 

Gaston : Y a dit de vous asseoir et de l’attendre. Je pense qu’il n’a pas fini d’écrire votre pièce de théâtre. Y manquait d’idées.

 

Justine : Luc ne manque jamais d’idées, voyons !

 

Béatrice : Moi, ça ne me surprend pas. Je l’ai rencontré dans la rue cette semaine. Y avait l’air fatigué. Y m’a dit qu’il n’arrivait pas à trouver un sujet pour notre pièce.

 

Jérémie : Moi, j’ai reçu un courriel bizarre de sa part plein de questions existentielles dans le genre  » Est-il possible de créer quelque chose de nouveau alors que tant de pièces ont été écrites, tant de choses dites ? Dans cette cacophonie, peut-être vaudrait-il mieux que je me taise « .

 

Gaston : Y a juste les artistes pour se poser des questions de même. Qu’il l’écrive sa pièce, c’est tout !

 

Érika : Toi, Gaston, quelles sortes de questions que te poses-tu? Tu dois être le genre à te demander si ta bagnole va partir demain matin.

 

Gaston : Moi, je suis un gars pratique.

 

Justine : Luc a raison de se questionner. Y a tellement de gens qui écrivent des histoires totalement vides et pas intéressantes du tout. Luc veut créer du nouveau, ce n’est pas facile ça.

 

Jérémie : Du nouveau, du nouveau ! C’est n’importe quoi. Moi, je veux faire du théâtre. On a rien qu’à jouer une pièce déjà écrite, du Molière, du Shakeaspeare !

 

Olivier : Eurk ! Pas du Molière.

 

Béatrice : Luc a dit qu’il était un créateur, pas un imitateur.

 

Amélie Tanguay : J’aime ses pièces, ça nous ressemble et en même temps, ça ressemble à rien d’autres. Je ne vois pas pourquoi il capote.

 

Gaston : Qu’est-ce que tu veux ? Des artistes, il faut que ça capote. C’est dans eux autres. Je le sais. Ça fait quinze ans que je fais le ménage ici. Je peux vous dire que j’en ai vu de toutes les couleurs. Y ont tous leurs p’tites manies. Pour certains, ça leur prend leur p’tit verre de Scotch avant d’entrer en scène. Y en a d’autres qui doivent faire une heure de yoga avant leur spectacle.

 

Olivier : Du yoga ?

 

Gaston : C’est pour la concentration.

 

Amélie Tanguay : Ah oui ! Luc nous dit toujours : Soyez concentré avant d’entrer en scène.

 

Gaston : Justement, je vais vous demander de rester concentré sur vos bancs et d’attendre Luc bien sagement. Je dois finir mon ménage.

 

Jérémie : On est toujours sage !

 

Gaston : Sauf quand vous êtes tannants ! Pis n’oubliez pas de dire aux autres de se secouer les pieds.

 

Tous les jeunes ensemble : Oui Gaston !

 

Gaston quitte la scène en passant la vadrouille.

 

 

 

Scène 2 : Les autres arrivent.

 

Kim arrive du côté de la porte. Elle regarde les autres.

 

Kim : J’imagine qu’il n’est pas encore arrivé ?

 

Olivier : On ne peut rien te cacher.

 

Kim : Je vais demander à ma mère de faire une plainte.

 

Justine : Aie ! Ne fais pas ça. Luc, c’est le meilleur prof de théâtre.

 

Amélie Tanguay : On ne le sait pas. On n’en a jamais eu d’autres.

 

Jérémie à Justine : Tu prends toujours sa défense. En tant que chouchou, t’as ben raison.

 

Justine : Chouchou, moi ?

 

Jérémie : Oui ! Chouchou !

 

Érika : C’est vrai que t’as souvent les meilleurs rôles, Justine.

 

Justine : J’apprends mes textes, moi. On ne peut pas dire ça de tout le monde.

 

Justine porte un regard accusateur à Jérémie.

 

Jérémie : Les textes, c’est accessoire. Au théâtre, c’est l’énergie qui compte. Moi, j’ai de la présence. Je ne récite pas mes textes toujours sur le même ton.

 

C’est maintenant Jérémie qui porte un regard accusateur à Justine. Celle-ci est un peu froissée.

 

Justine : Tu sauras que j’ai gagné le concours d’art oratoire de l’école. On ne gagne pas ça en parlant toujours sur le même ton.

 

Jérémie : Ça ne compte pas, Luc était un des trois juges.

 

Justine : Ah ! En tout cas ! J’espère que je n’aurai pas de scène avec toi. Je déteste ça pratiquer avec quelqu’un qui ne connaît pas son texte.

 

Béatrice : Là-dessus, on est obligé de lui donner raison.

 

Alicia et Audrey-Anne entrent à leur tour.

 

Alicia : Excusez-moi, est-ce que c’est bien ici pour les cours de théâtre ?

 

Olivier : Est-ce que vous vous êtes secoués les pieds avant d’entrer ?

 

Alicia : Euh non !

 

Olivier : Ben allez-y sinon le concierge ne sera pas content.

 

Alicia est un peu frustrée par cet accueil, mais elle retourne quand même se secouer les pieds. Elle amène sa sur par la main. Les autres en profitent pour parler dans son dos.

 

Kim : Une bum qui vient au théâtre !

 

Béatrice : C’est qui elle ?

 

Amélie Tanguay : C’est Alicia Tremblay-Levasseur. Elle est dans ma classe. Pis l’autre, c’est sa p’tite soeur. Vous êtes mieux de vous tenir tranquille, parce qu’elles ne se laissent pas marcher sur les pieds. La p’tite est pire que la grande.

 

Érika : Ah non ! Des baveuses au théâtre. C’est plate !

 

Justine : Ben quoi ! Le théâtre, c’est pour tout le monde. Elles ont le droit de s’exprimer aussi.

 

Jérémie : Bof ! Je suis certain qu’elles ne termineront même pas la session.

 

Alicia et Audrey-Anne reviennent.

 

Alicia d’une manière un peu sèche : On voudrait s’asseoir !

 

Spontanément Amélie Tanguay et Érika cèdent leur place. Alicia et Audrey Anne s’assoient. Pendant ce temps, Olivier fouille dans le gros coffre. Il en sort une perruque qu’il se met sur la tête.

 

Olivier : Salut gang !

 

Il se promène devant tout le monde en faisant le comique.

 

Justine : Olivier ! Remets ça à sa place ! Luc ne veut pas qu’on fouille dans le coffre sans son autorisation.

 

Jérémie qui nargue Justine : Luc ne veut pas qu’on fouille dans le coffre. Laisse-le donc faire ! Y nous fait rire ! Y fait son Olivier Guimont. S’ils ne veulent pas que personne touche au coffre, pourquoi y ne mettent pas un cadenas dessus ?

 

Olivier en remet. Béatrice va à son tour piger dans le coffre pour en sortir une vieille robe. Elle est bientôt suivie par Érika et tous les autres, sauf Justine bien entendu et Myriam qui se demande ce qui se passe. Tout le monde se promène sur la scène avec un morceau de costume. Amélie Savard-Brunelle, Maude et Annabelle arrivent à ce moment précis.

 

Amélie Savard : Aie ! Qu’est-ce que vous faites ?

 

Olivier : Ben, Luc n’est pas arrivé. Fa qu’on s’amuse en attendant.

 

Annabelle et Maude : Cool !

 

Amélie Savard-Brunelle, Maude et Annabelle viennent pour aller au coffre, mais Gaston surgit des coulisses.

 

Gaston : Qu’est-ce qui se passe ici ?

 

Érika : On ne fait rien de mal. On joue avec les costumes.

 

Gaston : Je vous ai demandé de rester assis tranquille. Remettez les costumes dans le coffre tout de suite.

 

Jérémie : C’est beau.

 

Justine : Je vous l’avais dit hein !

 

Les jeunes remettent les costumes et accessoires dans le coffre.

 

Gaston : Est-ce que tout le monde s’est secoué les pieds avant d’entrer ?

 

Annabelle : Non !

 

Gaston : Ben, allez-y tout de suite.

 

Amélie Savard-Brunelle, Maude, Annabelle ainsi que Kim sortent pour aller se secouer les pieds.

 

Kim à Gaston : Ils ne me l’ont pas dit !

 

Jérémie : On l’a oublié !

 

Alicia : Vous ne l’avez pas oublié pour nous autres par exemple.

 

Gaston : Là, tâchez de rester calme et de vous trouver des activités intelligentes.

 

Amélie Tanguay : Des activités intelligentes ?

 

Gaston : Oui, je dois finir mon ménage au plus vite. Y a des gens importants qui viennent ici cet après-midi.

 

Alicia : Est-ce que les gens importants secouent leurs pieds avant d’entrer ?

 

Gaston pour éviter de répondre : Bon, je vais aller finir mon ouvrage.

 

Il sort de scène. Les quatre filles parties se secouer les pieds reviennent.

 

Amélie Tanguay : Il faut maintenant se trouver une activité intelligente.

 

Oliver : Je le sais. On joue à la claque virtuelle.

 

Annabelle, Kim, Jérémie, Érica et les deux Amélie : Ah non !

 

Audrey-Anne : C’est quoi ça la claque virtuelle ?

 

Jérémie : C’est le jeu préféré de Luc.

 

Béatrice : Ça l’air niaiseux, mais c’est un très bon réchauffement. C’est un peu comme si on se passait un ballon imaginaire. Une première personne a le ballon. Pour le lancer, elle tape dans ses mains vers la personne qui reçoit. Celui ou celle qui reçoit doit taper dans ses mains pour montrer qu’elle l’a bien reçu. Et quand elle veut le lancer, elle retape dans ses mains vers une autre personne. L’important, c’est de bien se regarder dans les yeux.

 

Audrey-Anne : Je ne comprends pas trop.

 

Béatrice : On va te donner un exemple. J’ai le ballon. Je tape dans mes mains vers Olivier.

 

Olivier à Audrey-Anne : Je reçois le ballon et je te l’envoie.

 

Audrey-Anne reçoit le ballon.

 

Béatrice : Maintenant, tu l’envoies à quelqu’un d’autre. Ça doit se faire le plus rapidement possible. Il paraît que les improvisateurs professionnels font cet exercice avant d’entrer en scène.

 

Audrey-Anne envoie le ballon à sa sur Alicia qui le renvoie à Béatrice, puis à Jérémie, à Maude, à Amélie Savard-Brunelle, à Érika, à Amélie Tanguay. Tout d’un coup, Xavier entre et fait semblant d’intercepter le ballon. Il le capture en tapant dans ses deux mains.

Xavier : Et le joueur intercepte le ballon.

 

Tous les autres se retournent vers lui pour lui dire : Xavier, va secouer tes pieds.

 

Xavier : Pas besoin. J’y avais pensé. Je l’ai déjà fait.

 

Xavier regarde tout le monde quelques instants.

 

Xavier : Luc n’est pas là ?

 

Kim : Il est encore en retard.

 

Amélie Tanguay : C’est bien la première fois que t’arrive avant lui. 10h45, t’es en avance. Je me demande bien quelle raison tu vas nous donner cette fois.

 

Xavier : Je me suis encore couché tard parce que je voulais écouter un film de monstres qui passait à une heure du matin.

 

Érika : Xavier et les films de monstres, une histoire d’amour. C’était bon au moins ?

 

Xavier : Incroyable ! C’était King Kong contre Jaws.

 

Amélie : Qui a gagné ?

 

Xavier : Aucun, l’armée les tue tous les deux à la fin. Dommage ! Quand je vais être plus grand, je vais faire un film où c’est les monstres qui gagnent et l’armée qui perd.

Kim : C’est bien d’avoir des buts dans la vie.

 

 

 

Scène 3 : Le livre de théâtre

 

Xavier : Vous étiez en train de jouer à la claque virtuelle quand je suis entré. Maintenant, c’est moi qui ai le ballon. Attention ! Je vais le lancer.

 

Xavier lance le ballon à Justine, puis à Annabelle, puis à Jérémie qui essaie de le lancer à Myriam. Mais, celle-ci est plongée dans son livre.

 

Jérémie : Myriam, Myriam !

 

Myriam : Euh ! Quoi ! Qu’est-ce qui se passe ?

 

Jérémie : On joue à la claque virtuelle. Je veux te lancer le ballon.

 

Myriam : Ça ne m’intéresse pas. Jouez sans moi.

 

Annabelle : C’est quoi le livre que tu lis ?

 

Myriam : C’est un livre que j’ai emprunté à la bibliothèque. Ça s’appelle l’Encyclopédie illustrée de l’histoire du théâtre : de la préhistoire à nos jours.

 

Xavier : Avec un titre pareil, ça doit être complet.

 

Justine : Ça l’air très intéressant.

 

Myriam : Je ne peux pas le lâcher.

 

Jérémie : Ma photo doit être quelque part dans ce livre-là.

 

Myriam : Oui, je l’ai vue. Attends un p’tit peu.

 

Myriam cherche dans le livre.

 

Myriam : Voilà, j’ai trouvé. Tu es le premier sur la liste des plus mauvais acteurs de l’histoire du théâtre.

 

Les autres partent à rire.

 

Jérémie : Très drôle.

 

Myriam : C’est écrit entre parenthèse : célèbre pour son rôle du bossu de Notre-Dame parce qu’il n’avait pas besoin de costume ni de maquillage.

 

Les autres se remettent à rire.

 

Amélie Savard-Brunelle : La grande gueule à Jérémie se fait remettre à sa place.

 

Jérémie : Bon, bon, c’est correct.

 

Olivier : Y parles-tu des comédies musicales là-dedans ?

 

Myriam : Y parle de tout ce qui a rapport avec le théâtre.

 

Olivier : Parce que, moi, j’aimerais ça jouer dans une comédie musicale.

 

Béatrice : Je me suis toujours demandé quand est-ce que les gens ont commencé à faire du théâtre ?

 

Myriam : Dans le livre, y disent que le théâtre est né en même temps que l’humanité.

 

Alicia : Tu veux dire que les hommes préhistoriques faisaient du théâtre.

 

Myriam : Bien sûr, les premières représentations ont eu lieu autour du feu le soir alors que nos ancêtres mimaient des scènes de chasse.

 

Xavier : Ça veut dire que les premières pièces, c’était des histoires de monstres.

 

Kim : Tu dois être content.

 

Xavier : Attendez, je vais vous imiter le théâtre préhistorique.

 

Xavier va fouiller dans le gros coffre.

 

Justine : On ne peut pas fouiller dans le coffre. On s’est fait avertir.

 

Xavier : Laisse-moi donc faire !

 

Xavier revient en avant avec un chapeau de fourrure sur la tête et un petit bâton qui représente un couteau. Il lève le couteau dans les airs. Il prend un air solennel.

 

Xavier : Tuer ou ne pas tuer le mammouth, telle est la question. Ah ! Comme la neige a neigé ! Viens ma Délima, allons nous réfugier dans ma caverne chauffée à la bi-énergie. Je t’emmènerai ensuite faire un tour de ptérodactyle.

 

Les autres se mettent à rire.

 

Amélie Tanguay : T’es un peu fou Xavier.

 

Béatrice : Je dirais que c’est du théâtre PRESQUE historique.

 

Olivier : Madame fait de l’esprit.

 

Jérémie : Tu ferais mieux de remettre le matériel dans le coffre avant que Gaston te voie.

 

Xavier en se dirigeant vers le coffre : C’est sévère pour rien ici.

 

Myriam : C’est certain qu’on ne sait pas ce que les hommes préhistoriques faisaient autour du feu. On peut juste le supposer. La première histoire écrite remonte seulement à trois mille ans avant Jésus-Christ. C’est l’épopée de Gilgamesh (prononcer Guilgamèche).

 

Alicia : De qui ?

 

Myriam : Gilgamesh.

 

Amélie : J’avais compris Gilligan (prononcer Guiligane).

 

Myriam : Gilgamesh était une sorte de Hercule des premières civilisations. Sa légende s’est transmise de père en fils. Bien des gens l’ont contée, bien des gens l’ont probablement jouée.

 

Alicia : Je n’avais jamais réalisé que le théâtre existe depuis si longtemps.

 

Béatrice : On se pense bien important comme comédien, mais dans le fond, c’est les histoires qui restent. Ceux qui les jouent sont oubliés.

 

Myriam : C’est un peu comme une course à relais où l’on se passe le flambeau de génération en génération.

 

Béatrice : Qui peut nommer un acteur ou une actrice des années 1800 ? Personne. Mais, on a tous déjà entendu parler de Cyrano de Bergerac.

 

Jérémie : Certain, y reste juste à côté de chez-nous.

 

Béatrice : T’es un p’tit comique, toi.

 

Jérémie : Ça devenait pas mal trop profond à mon goût.

 

Olivier : C’est vrai que ça manque d’action un peu.

 

Alicia : Je trouve ça super intéressant. Je voudrais connaître la suite.

 

Justine, Annabelle, Amélie Tanguay : Moi-aussi.

 

Myriam : Le premier vrai théâtre, c’est le théâtre grec.

 

 

 

Scène 4 : Le téléphone d’Annabelle

 

Tout d’un coup, on entend un téléphone cellulaire. C’est celui d’Annabelle.

 

Annabelle : Oups ! Excusez-moi !

 

Annabelle sort son téléphone et répond. Les autres jeunes la regardent, surpris.

 

Annabelle : Oui allo ! Salut Roxanne. Ça va pas pire. Non, c’est pas vrai. Justin Nadeau s’est fait suspendre de l’école pour une semaine parce qu’il fumait dans les toilettes T’as raison, j’ai bien fait d’avertir la surveillante Y nous achalle tout le temps. Ça va y apprendre. Je suis bien contente.

 

Alicia qui l’interrompt : On ne t’a pas appris que c’était impoli de parler au téléphone devant les autres. Tes histoires ne nous intéressent pas. Va donc plus loin !

 

Annabelle à Roxanne : Attend-moi un p’tit peu. (À Alicia) T’es donc ben bête toi !

 

Érika : C’est vrai que c’est pas mal énervant.

 

Annabelle : Bon ! C’est correct !

 

Annabelle s’avance sur le bord de la scène. Elle continue à parler au téléphone, mais on ne l’entend plus. L’attention reste sur le groupe.

 

Alicia : Enfin ! On a la paix.

 

Érika : Je ne suis pas certaine. Au moins quand on l’entend, on sait qu’elle ne nous parle pas dans le dos.

 

Alicia : Je n’avais pas pensé à ça.

 

Audrey-Anne : Comment a-t-elle fait pour avoir un téléphone cellulaire ?

 

Maude : C’est un cadeau de son oncle qui travaille là-dedans.

 

Kim : Ses parents sont d’accords ?

 

Maude : Annabelle fait ce qu’elle veut avec ses parents. Annabelle fait ce qu’elle veut avec tout le monde.

 

Érika : Où est-ce qu’à prend l’argent pour se payer ça ?

 

Maude : Il faut dire qu’elle l’utilise juste le soir et la fin de semaine. Pis avec l’argent qu’elle gagne en gardant des enfants, elle peut se le permettre.

 

Amélie Tanguay : Je ne sais pas si je confierais mes enfants à une gardienne qui parle toujours au téléphone.

 

Jérémie : Comme quoi la technologie n’est pas toujours bénéfique !

 

Érika : Courez aux abris ! La commère du quartier a un téléphone cellulaire.

 

Les jeunes continuent à discuter entre eux, mais on ne les entend plus. L’attention revient vers Annabelle. Olivier sort de scène. Il s’en va regarder par la fenêtre pour voir si Luc arrive.

 

Annabelle : Il faut que je t’en conte une bonne. Devine qui s’est inscrit au théâtre ? Alicia Tremblay-Levasseur pis sa soeur. C’est rendu qu’on a des bums au théâtre. Elle a déjà commencé à me baver. Il faut que je trouve un moyen de m’en débarrasser Qui est-ce qui crie en arrière ? Quoi ? Je n’entends rien. Ton père veut que tu raccroches. (La ligne a été coupée). Allo Allo Roxanne ! Ben voyons, y s’énerve pour rien son père. On ne parle pas tant que ça.

 

Annabelle range son téléphone et retourne vers le groupe.

 

Xavier : Et puis Annabelle, peux-tu nous faire un résumé des dernières rumeurs ?

 

Annabelle : Pas grand chose de nouveau. Justin Nadeau s’est fait suspendre de l’école et y paraît que le prof d’éduc a pogné un ticket de vitesse.

 

Jérémie : C’est ça qui arrive quand on s’achète une grosse corvette rouge.

 

Amélie Savard-Brunelle : Voyons, qu’est-ce qu’il fait, Luc ? En arrivant en retard comme ça, il n’agit pas comme un professionnel.

 

Annabelle : Je peux l’appeler avec mon téléphone.

 

Kim : Est-ce que t’as son numéro ?

 

Jérémie : Justine doit le savoir par coeur. Elle l’appelle à toutes les semaines pour lui téter les meilleurs rôles.

 

Justine : Ah ! Ah !

 

Annabelle : Pas besoin, je l’ai programmé. J’ai juste à faire la composition automatique.

 

Annabelle se met en retrait pour appeler Luc. Olivier revient en vitesse.

 

Olivier : Je viens de voir Luc passer en auto.

 

Béatrice : T’es certain !

 

Olivier : Oui, je connais bien l’auto de Luc, c’est une Escort 93 verte rouillée.

 

Maude : Il est passé tout droit ?

 

Olivier : Ça ben l’air.

 

Amélie Tanguay : Est-ce qu’il était avec quelqu’un ?

 

Olivier : Avec une fille, une blonde.

 

Xavier : Ben non, sa blonde est brune.

 

Oliver : Je suis certain que c’était une blonde.

 

Amélie Tanguay : Ça veut dire que Luc trompe sa blonde.

 

Xavier : Luc trompe sa blonde brune avec une blonde.

 

Annabelle revient à ce moment.

 

Annabelle : Ça ne répond pas chez lui.

 

Kim : C’est certain. Olivier vient de le voir passer en auto avec une nouvelle blonde.

 

Xavier : Et on ne sait pas si la brune est au courant.

 

Annabelle : Wow ! Un nouveau potin. Je vais aller raconter ça à mes amis.

 

Érika : Pas trop vite. C’est pas sûr.

 

Annabelle ne l’entend pas. Elle continue à signaler. On la voit parler, mais on n’entend rien.

 

Érika : Tu parles d’une mémère. On n’est même pas certain.

 

Justine : Tu dois t’être trompé Olivier.

 

Olivier : Non, je suis certain.

 

Kim : Ça veut dire qu’on va niaiser encore longtemps.

 

Béatrice : J’ai une idée. On se fait une petite partie d’impro en attendant.

 

Jérémie et Érika disent « Oui! ». Les autres font « Bof! » ou « Non! ».

 

Béatrice : Tant qu’à rien faire.

 

Maude : On joue toujours à l’école !

 

Alicia : On pourrait peut-être regarder la suite du livre de Myriam.

 

Justine : Ça, c’est une bonne idée.

 

Xavier, Maude et Érika expriment également leur approbation. Annabelle revient dans le groupe à ce moment.

 

Alicia : On est à un cours de théâtre, parlons théâtre.

 

Xavier : Myriam ! Où en étions-nous?

 

Myriam : Au théâtre grec.

 

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