Le bon roi Richard Coeur-de-Pomme

De Luc Boulanger

Résumé

La méchante sorcière Morgana convoite la couronne du bon roi Richard-Cœur-de-Pomme. Elle met donc au point un ingrédient magique, les graines de la discorde qu’elle répand habilement dans le royaume afin de semer la zizanie. Elle désire ainsi profiter de la confusion qui s’en suit pour s’emparer du pouvoir. Toutefois, sur son chemin se dressent les fidèles alliés du roi, parmi lesquels Griselda, une magicienne déterminée.

Cette pièce transporte le public dans un univers fantastique, évoquant les légendes des chevaliers de la Table ronde ou l’épopée du Seigneur des Anneaux, tout en étant parfaitement adaptée aux jeunes comédiens.

Fiche technique

  • Style/Thème : Conte médiéval
  • Lieu : Un château, repaire de sorcière
  • Nombre de comédiens : 8
  • Durée : 45 min. (34 pages)
  • Âge : 8 à 13 ans, 13 à 17 ans
  • Niveau : Intermédiaire, Avancé

Se procurer le texte

Ajouter à ma liste de souhaits
Ajouter à ma liste de souhaits

Informations utiles

Vous pourrez télécharger le texte de la pièce de théâtre tout de suite après la transaction (en format PDF)

Nos pièces de théâtre ont été jouées aux quatre coins de la francophonie. En savoir plus...

Pour toute information, contactez-nous

Informations générales

Théâtre Animagination

Extrait de la pièce

Le bon roi Richard Coeur-de-Pomme

Pièce de théâtre conte médiéval de Luc Boulanger

Une pièce qui rappelle l’univers fantastique des chevaliers de la Table ronde ou du Seigneur des anneaux dans une formule bien adaptée aux jeunes.

Les personnages

Le roi Richard : Calme et gentil
Ulric : Chef de la garde du roi, fidèle et sans reproche
Bayard : Chevalier de la garde, dévoué
Griselda : Vieille magicienne, astrologue et conseillère du roi
Morgane : Méchante sorcière prête à tout pour revenir à la cour
Bélinda : Sœur de la précédente, elle joue un double jeu à la cour
Détritus : Apprentie de Morgana, jeune et naïve
Ultimo : Mercenaire rustre au service de Morgana

Les lieux

Huit scènes se déroulent à la cour du roi qui peut être représentée par un trône
Deux scènes dans le repaire de la sorcière Griselda
Deux scènes se déroulent au grand air dans des lieux indéfinis

Ce texte de pièce de théâtre conte médiéval est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

Scène 1 : Ulric et Bayard

Ulric et Bayard entrent, armés et vêtus de leurs habits de chevaliers, marchant côte à côte sur un sentier ou dans la cour du château.

ULRIC
Dis-moi, fidèle Bayard, il me semble que des nuages lourds s’amoncellent au-dessus de notre royaume.

BAYARD interrogatif
Vraiment ?

ULRIC
Je crains que de noirs esprits ne cherchent à influencer notre souverain. Des voix perfides chuchotent à ses oreilles.

BAYARD qui acquiesce
Vraiment.

ULRIC
On croirait même que Sa Majesté s’éloigne de nous… qu’il ne nous honore plus de la même estime.

BAYARD plus affirmatif
Vraiment !

ULRIC
Et pourtant ! Nous lui avons juré fidélité jusqu’à la mort ! Nous avons livré bataille aux confins des terres connues pour faire briller son nom. Moi-même, je me suis dressé seul face au dragon, et je l’ai vaincu pour le salut du royaume !

BAYARD encore plus convaincu
Vraiment !!!

ULRIC
Devra-t-on se dépasser davantage ? Risquer plus encore ? Souffrir plus fort ?

BAYARD
Vraiment !!!!!

ULRIC
Mais enfin… tu ne sais vraiment rien dire d’autre ?

BAYARD
Vraiment.

ULRIC soupirant
Hélas ! Peu loquace tu es, mais loyal jusqu’au bout du cœur. Et cela vaut bien tous les longs discours.

BAYARD
Vraiment !

ULRIC
Viens. Allons à l’auberge. Nous y briserons notre pain, lèverons nos chopes… et peut-être, au fond d’un potage bien chaud, oublierons-nous ces tracas.

ULRIC ET BAYARD ensemble
Vraiment !

Ulric passe un bras fraternel sur l’épaule de Bayard. Ils s’en vont.

 

Scène 2 de cette pièce de théâtre conte médiéval: Le roi et Bélinda

Le roi entre seul, l’air préoccupé. Il parle à voix haute, comme pour se confier au silence.

RICHARD
Régner est une lourde charge. Il faut gouverner, arbitrer les conflits, rendre justice, mener l’armée… Et pourtant, je rêve parfois d’un royaume où chacun tendrait la main à son prochain, au lieu de nourrir jalousies et rancunes. Si on m’avait donné le choix, j’aurais embrassé la vie simple d’un jardinier. Les fleurs m’apaisent; elles sont gracieuses et silencieuses. Elles n’élèvent ni plainte ni intrigue. Mais je suis né dans le pourpre et l’or. Porter la couronne est mon lot, mon devoir, ma destinée.

Bélinda entre discrètement, le pas feutré, l’œil aux aguets.

BÉLINDA
Sire, pardonnez-moi d’interrompre le fil de vos pensées. Puis-je vous adresser la parole ?

RICHARD
Le devoir d’un souverain est de prêter l’oreille à ses sujets. Et lorsqu’ils sont aussi agréables que vous Dame Bélinda, l’écoute devient plaisir.

BÉLINDA
Vous êtes courtois, Sire. Pourtant, ce que j’apporte n’est point léger : une nouvelle grave.

RICHARD
Je vous écoute. Que voulez-vous me révéler ?

BÉLINDA
On murmure qu’au sein même de votre garde personnelle, certains songeraient à se soulever contre vous.

RICHARD
Ce ne sont sans doute que bruits de couloir.

BÉLINDA marchant lentement autour de lui
Prenez garde, Sire. Les rumeurs insistantes finissent trop souvent par contenir un fond de vérité.

Agacé, le roi tourne la tête.

BÉLINDA qui se replace dans son champ de vision
J’ai moi-même entendu des propos suspects provenant de la caserne de vos maîtres d’armes.

RICHARD
Vous écoutez aux portes maintenant ? Vous jouez les espionnes ?

BÉLINDA
Le hasard a voulu que mon voile, emporté par le vent, échoue devant la caserne.

RICHARD
Je préfère m’en remettre aux faits, non aux murmures. Mais soit… je réfléchirai à vos paroles. À présent, laissez-moi.

BÉLINDA
Avec votre permission, Sire. Et souvenez-vous, je vous suis toute dévouée.

RICHARD
Je vous en remercie. Votre loyauté m’est précieuse.

Bélinda s’éclipse rapidement.

RICHARD
Rumeurs, trahisons, faux-semblant. Le tumulte du palais est plus bruyant que le champ de bataille. À qui se fier désormais ?

 

Scène 3 de cette pièce de théâtre conte médiéval : Le roi et Griselda

Griselda entre lentement, traînant une large valise remplie de parchemins, de fioles colorées et de plantes séchées.

RICHARD
Griselda ? Vous voilà déjà ?

GRISELDA
Je suis ponctuelle, Majesté. Les cloches de la cathédrale ont sonné dix fois. Il est l’heure convenue.

RICHARD
Pardonnez mon inattention. Mon esprit vagabondait parmi mille soucis.

GRISELDA ouvrant sa valise et en tirant un petit flacon
Dans ce cas, permettez que je vous propose l’une de mes dernières créations. Une infusion de fenouil et d’extrait de limace. Elle est fort utile pour dissiper les pensées confuses.

RICHARD
Je demeure… hésitant.

GRISELDA
Alors, peut-être préférerez-vous cette potion de trèfles à quatre feuilles. Elle diffuse autour de vous une aura de chance… subtile, mais incomparable.

RICHARD
Pourriez-vous plutôt élaborer une potion qui adoucisse les cœurs ? Une décoction qui bannirait la malveillance et rendrait les hommes bons ?

GRISELDA
Hélas non, Majesté. Même les plus illustres alchimistes n’ont pas su concevoir un tel remède.
La méchanceté est un labyrinthe trop complexe et le mal, lui, se propage comme le feu dans la paille sèche.

RICHARD
Voilà un constat affligeant, mais sans doute fondé. Il n’existe donc aucun remède.

GRISELDA
Il nous reste la sagesse des astres. En scrutant le ciel, nous pouvons deviner les pièges à venir. J’ai justement dressé votre carte céleste.

Elle déplie un long parchemin et le présente au roi qui le prend et l’observe avec perplexité.

RICHARD
Je m’étonne chaque fois de n’y rien comprendre.

GRISELDA
C’est pourtant limpide. Voyez : le lion se trouve dans l’alignement oblique de Mars et de Jupiter, tandis que Vénus traverse la Voie lactée. Ensemble, ils forment un triangle isocèle.

RICHARD
Et que signifie cette figure ?

GRISELDA
Le triangle est le symbole du conflit. Jupiter, roi des dieux, c’est vous. Mars incarne la guerre. Vénus représente une femme… une femme qui tente de rejoindre le lion, c’est-à-dire la couronne.

RICHARD
Vous laissez entendre qu’une femme convoite le trône.

GRISELDA
S’emparer du trône, je l’ignore. Du moins, on cherche à gruger votre pouvoir.

RICHARD
Encore une menace. Je me lasse de tant d’avertissements.

GRISELDA
Majesté, les étoiles ne mentent point. Elles annoncent, à qui veut les entendre.

RICHARD
Soit. Mais elles parlent par énigmes, et laissent souvent place au doute.

GRISELDA
Et pourtant, je le sens : un péril approche. J’en ai l’intime certitude.

RICHARD
Tout comme vous étiez certaine que la lune allait, aux premières neiges de l’hiver, se décrocher et s’écraser sur notre royaume.

GRISELDA
Je reconnais mon erreur. Mes calculs étaient… légèrement précipités. La chute aura lieu dans des millions d’années. Mais cette fois, j’ai vérifié chaque signe, chaque symbole.
Vous pouvez me faire confiance.

RICHARD
Je méditerai sur vos paroles.

GRISELDA
Je dois prendre congé. Un certain Dagobert a quémandé mes services. Il paraît qu’il a mis sa culotte à l’envers et qu’il est tout retourné.

RICHARD
Je ne voudrais pas être dans ses pantalons. Bien. Je vous donne congé.

GRISELDA
Merci, Majesté. Et surtout, prenez le temps d’examiner ma carte.

Griselda s’incline légèrement et quitte la scène avec son matériel. Le roi, resté seul, s’assoit. Il observe la carte, puis, peu à peu, ses paupières se ferment. Il s’endort.

Bélinda entre furtivement. Jetant un coup d’œil autour d’elle, elle s’approche silencieusement, subtilise le parchemin et disparaît aussi discrètement qu’elle est venue.

Le roi s’éveille soudainement.

RICHARD
Hein ? Me suis-je assoupi ? Mais où est donc passée la carte ?

Il se lève et sort encore sous l’effet du sommeil.

Ateliers de cinéma

 

Scène 4 : Morgana, Angèle, Bélinda et Ultimo

Angèle entre, bâillant bruyamment. Elle avance au-devant de la scène et, sans plus attendre, s’effondre dans un profond sommeil. Morgane paraît à son tour. Elle tient une baguette magique. Elle aperçoit Angèle, qui dort sur le sol.

MORGANE
Angèle ! Angèle !

Angèle sursaute et se redresse en hâte.

MORGANE
Encore surprise en pleine paresse, misérable apprentie !

ANGÈLE
Mais, madame Morgane… Vous me donnez tant d’ouvrages que je peine à tout accomplir avant la nuit tombée !

MORGANE
Assez de jérémiades ! As-tu seulement ramoné la cheminée ?

ANGÈLE
Oui, madame.

MORGANE
Dépoussiéré les squelettes du placard ?

ANGÈLE
Oui, madame. Vous en avez d’ailleurs beaucoup.

MORGANE
Nourri les corbeaux et les serpents ?

ANGÈLE
Oui, madame. Et j’ai même nettoyé votre chambre de torture et fait reluire votre balai magique ! Je crois mériter une modeste sieste.

MORGANE
Le repos est un luxe que les ambitieux ne sauraient se permettre. Conquérir un royaume exige labeur et persévérance.

ANGÈLE
Compris… Quelle baguette splendide !

MORGANE
Je l’ai payée à prix d’or. Elle est façonnée en ivoire de licorne.

ANGÈLE
Je croyais que les licornes avaient disparu.

MORGANE
Tu as raison. Leur espèce est bel et bien éteinte. C’est justement ce qui rend leur corne si précieuse. Il s’agit de la meilleure matière qui soit pour lancer des sorts d’une puissance inégalée. Et pour préserver cette puissance, je dois conserver la baguette dans un coffre de cristal.

Elle ouvre un coffret de verre et y dépose la baguette. Angèle regarde avec fascination.

ANGÈLE
J’aimerais tant découvrir tous vos secrets. Vous côtoyer me permettra, un jour, de devenir magicienne moi aussi.

MORGANE
Seuls les esprits supérieurs peuvent prétendre à la science des sortilèges. Toi, ton rôle est de nous servir. D’ailleurs, va me chercher mon chaudron : l’heure est venue de préparer une potion remarquable.

ANGÈLE déçue
À vos ordres, madame.

Elle s’exécute et revient avec un grand chaudron.

MORGANE
Bien. Maintenant, j’ai besoin du venin de vipère macéré dans la bave de crapaud.

Angèle réfléchit un instant, puis s’éclipse. Elle revient, flacon à la main.

ANGÈLE
Voici !

MORGANE
Non, pauvre sotte ! Ceci est du concentré de champignons vénéneux ! Je t’ai ordonné d’apporter le venin de vipère !

ANGÈLE
De quelle couleur est-il, ce venin ?

MORGANE
Noir. Noir comme la nuit sans étoiles, noir comme nos sombres desseins.

ANGÈLE
Ah ! Je vois.

Angèle ressort et revient avec le bon flacon.

MORGANE
Enfin ! Maintenant, la poudre de perlimpinpin. Elle est bleue, souviens-toi !

ANGÈLE
Bien, madame.

Elle s’empresse de rapporter la poudre. Morgane mélange les ingrédients dans le chaudron.

À cet instant, Bélinda surgit, une carte roulée entre les mains.

BÉLINDA
Je vous trouve enfin.

MORGANE
Que faites-vous ici ? Votre place est au château.

BÉLINDA
Je sais, ma sœur, mais j’ai découvert ce document précieux.

Elle tend la carte à Morgane.

BÉLINDA
Voici la carte du destin du roi, dessinée par Griselda elle-même.

MORGANE
Griselda… Toujours à ourdir ses plans pour contrecarrer les miens !

BÉLINDA
Comme vous pouvez le constater, il est fort possible que le roi commence à soupçonner qu’un complot se trame.

MORGANE
Qu’il soupçonne tant qu’il voudra ! Il ignore toujours qui frappera et quand.

BÉLINDA
Il faudrait quand même demeurer prudentes.

MORGANE
Vous avez eu raison de me prévenir. Retournez maintenant au château en prenant bien soin de justifier votre absence. Des instructions vous parviendront par messager.

BÉLINDA
Je repars sur-le-champ. Un jour, le royaume sera nôtre, et la mémoire de notre mère, emprisonnée pour sorcellerie, sera vengée.

MORGANE
Ce jour approche. Va !

Bélinda quitte la scène.

ANGÈLE
Madame, quelle sera votre prochaine stratégie ?

MORGANE
Mêle-toi de tes tâches, ignorante ! Va quérir le chef de ma garde.

ANGÈLE
Bien, madame !

Mais avant qu’elle n’ait bougé, Ultimo entre.

ULTIMO
Me voici, prêt à vous servir.

MORGANE
Toujours aussi prompt.

ULTIMO qui gonfle le torse
Prompt, robuste et loyal.

MORGANE
Votre zèle m’est précieux. Le temps presse. Le roi se méfie. Que suggérez-vous ?

ULTIMO
Je propose de lever une armée, madame. Je puis recruter des mercenaires et mener l’assaut contre le château.

MORGANE
Toujours la force brute, n’est-ce pas, cher Ultimo ?

ULTIMO
C’est la voie la plus sûre.

MORGANE
Je préfère la ruse. Notre attaque doit être plus subtile et provenir de l’intérieur.

ULTIMO
Je ne saisis pas.

MORGANE
Je prépare une recette vieille comme le monde : les graines de la discorde.

ULTIMO
En quoi ces graines peuvent-elles nous servir ?

MORGANE
Nous en glisserons dans des parchemins adressés aux membres de la cour. À leur ouverture, une fine poussière se répandra, et quiconque la respirera deviendra querelleur et hargneux.

ULTIMO
Ainsi, ils s’entre-déchireront.

MORGANE
Exactement. Et tandis que la cour sombrera dans la discorde, Bélinda, vous et moi deviendrons les nouveaux favoris du roi.

ULTIMO
Je pourrai donc être capitaine de sa garde !

MORGANE
Et moi, sa magicienne attitrée, chassant Griselda de sa place ou plutôt de la place qu’occupait notre mère.

ULTIMO
Votre plan est brillant, madame.

MORGANE
Nous n’avons pas de temps à perdre ! Dressons la liste des membres de la cour.
Je dois également écrire à ma sœur. Quant à toi, Angèle, tu livreras les parchemins.

ANGÈLE
Ai-je seulement le choix ?

MORGANE
Aucun !

ANGÈLE
Bon…

Ils sortent tous en hâte.

 

Scène 5 de cette pièce de théâtre conte médiéval: Ulric, Bayard et Angèle

Angèle entre, portant un lourd panier rempli de parchemins.

ANGÈLE
Encore une fois, me voilà chargée des pires corvées ; distribuer du courrier à tous les membres de la cour. Et dire que ma maîtresse ignore que je ne sais point lire.
Qu’elle ne l’apprenne jamais, sinon elle me chasserait sans ménagement. Je ne veux pas perdre ma place et mes gages.

Elle fait quelques pas et s’arrête de nouveau.

ANGÈLE
Je n’ai qu’à les distribuer au hasard. Qu’importe que les messages soient adressés à l’un ou l’autre puisqu’ils contiennent tous les fameuses graines de la discorde.

Ulric et Bayard paraissent repus et joyeux. Angèle se place en retrait.

ULRIC
Quel festin, cher Bayard ! Rarement mon ventre fut aussi comblé.

BAYARD
Vraiment !

Angèle s’approche d’eux.

ANGÈLE
Messiers. J’ai du courrier à votre intention.

ULRIC
Merveilleux ! Peut-être une vieille conquête amoureuse qui me réclame.

BAYARD
Vraiment.

ANGÈLE
Tenez.

Elle remet un parchemin à chacun.

ANGÈLE
Je vous laisse. Ma tournée est longue et je rêve d’un moment de repos.

ULRIC
Merci, gente messagère !

Angèle s’éloigne rapidement. Ulric et Bayard ouvrent leurs parchemins et les lisent avec attention. Tout à coup, ils se sentent incommodés par des démangeaisons au nez. Leur attitude change drastiquement, passant de calme à belliqueuse.

ULRIC froissant son message et le jetant à terre.
Bah ! Cette missive ne m’est pas destinée. Quelle messagère médiocre !

BAYARD
Hé ! Que fais-tu là ! Respecte le sol du roi !

ULRIC
Et pourquoi donc ?

BAYARD
Tu offenses la terre de Sa Majesté !

ULRIC
Je fais ce que bon me semble !

BAYARD
Pas tant que je serai là pour veiller !

ULRIC
Souviens-toi que je te suis supérieur !

BAYARD
Tu n’es qu’un vermisseau !

ULRIC
Ah ! Voilà que tu délies enfin ta langue pour proférer des âneries !

BAYARD
Si je me taisais, c’était pour éviter de révéler à quel point tu es un grand parleur; un colporteur de paroles creuses et insignifiantes.

ULRIC
Attends ! Je vais de nouveau te réduire au silence.

Furieux, les deux hommes dégainent leur épée et se menacent, lame contre gorge.
À cet instant, le roi entre.

RICHARD
Que signifie ce tumulte, messieurs ?

BAYARD
Sire, je vais châtier ce blanc-bec comme il se doit !

ULRIC
Insubordination, Majesté ! Il mérite sanction !

RICHARD
Du calme, du calme, messieurs. Ce n’est là, sans doute, qu’une querelle sans conséquence.

BAYARD en désignant le parchemin par terre
Sire, il souille votre terre en jetant des parchemins au sol.

RICHARD
Allons, n’exagérons rien. Il ne s’agit pas d’un crime de lèse-majesté.

BAYARD
Il mérite la potence !

RICHARD
Cela suffit ! Séparez-vous et regagnez vos foyers. Demeurez-y jusqu’à nouvel ordre.

Ulric et Bayard échangent encore des regards chargés, mais obéissent et s’éloignent chacun de leur côté.

RICHARD
Voilà qui est bien étrange. Mes deux meilleurs hommes prêts à s’entretuer pour un vulgaire parchemin. Peut-être que la rumeur d’une révolte est fondée, après tout ?
Je pourrais les envoyer guerroyer aux frontières du royaume. Ainsi, ils ne troubleront plus ma paix.

Le roi sort en se grattant la tête.

 

Scène 6 : Angèle, Bélinda et le roi

Angèle revient sur scène avec son panier.

ANGÈLE
Enfin. Il ne me reste plus que deux missives à distribuer avant de goûter à un peu de repos.

Bélinda entre vivement.

ANGÈLE
Dame Bélinda ! J’ai un parchemin pour vous.

BÉLINDA
Enfin, des nouvelles de ma sœur. Je commençais à m’inquiéter.

ANGÈLE hésitante
Hum ! Oui ! Il me semble que c’est celui-là.

Angèle tend un parchemin à Bélinda.

BÉLINDA ouvrant le rouleau
Voyons voir ce que cela raconte…

Bélinda respire ainsi la poudre des graines de la discorde. Son visage se crispe, sa voix devient plus dure.

BÉLINDA
Pardon ! Rien n’a de sens. Je ne suis pas la destinataire. Ma sœur se fourvoie encore.

ANGÈLE
Madame, je vous en prie, calmez-vous. On pourrait nous entendre.

BÉLINDA
Je n’en ai nulle envie de me calmer ! Et toi, file ! Petite incapable !

ANGÈLE
Fort bien, je m’éclipse. Toujours, on me chasse. Jamais, on ne me remercie.

Angèle sort précipitamment.

BÉLINDA seule
Encore la même histoire. Ma sœur veut tout diriger, tout commander. Et moi, je dois rester ici à jouer la courtisane pour mieux flatter le roi.

Le roi Richard entre alors, d’un pas mesuré.

RICHARD
Dame Bélinda ! Justement, je désirais m’entretenir avec vous au sujet de cette rumeur de révolte.

BÉLINDA
Votre révolte est le moindre de mes soucis. Gardez vos problèmes, je quitte la cour !

Le roi, surpris, recule d’un pas.

BÉLINDA
Vous n’êtes qu’un roi de pacotille; trop doux, trop faible. Vous auriez dû devenir jardinier. Le royaume s’en serait mieux porté !

RICHARD
Dame Bélinda, souffrez-vous d’un quelconque mal ?

BÉLINDA
C’est votre présence qui m’oppresse ! Je vais trouver ma sœur et régler mes comptes !

Bélinda quitte la scène en tempêtant.

RICHARD seul
Jamais je n’aurais cru voir Dame Bélinda en pareille fureur. Tout le monde semble agité aujourd’hui. Oui, il se trame assurément quelque chose.

Le roi sort, toujours songeur.

Vous avez lu la moitié de l’histoire. Pour obtenir la suite, veuillez acheter le texte complet cette pièce de théâtre conte médiéval.

 

 

Tableau des répliques par personnage et par scène

Pièce de théâtre conte médiéval

Je travaille pour une école du Québec

Les écoles publiques et privées qui relèvent du ministère de l’Éducation du Québec peuvent obtenir les textes de théâtre sans frais grâce à un programme de droits de reprographie géré par Copibec.

Il faut une adresse courriel officielle d’un centre de service scolaire ou d’une école privée pour profiter de ce programme. Les élèves ne peuvent demander directement un texte.

Le nombre de pièces auxquelles vous avez droit annuellement peut être limité.

Chaque demande est analysée et vérifiée. Nous tentons de répondre dans un délai de deux jours ouvrables.

Je veux comprendre le droit d’auteur

Il faut d’abord savoir que le droit d’auteur est multiple.

Le droit de reprographie

Lorsque vous distribuez un texte à des comédiens et comédiennes, que ce soit de façon imprimée ou électronique, vous devez obtenir l’autorisation de l’auteur et payer des droits. En achetant un texte sur notre site Animagination, vous obtenez automatiquement l’autorisation et les droits, mais pour un projet unique. Le projet doit se réaliser dans un contexte amateur ou scolaire. Pour le domaine professionnel, il faut plutôt s’entendre avec l’auteur.

Notez que la procédure est différente pour les écoles du Québec. Consulter la section Je travaille pour une école du Québec.

Le droit de représentation

Que la ou les représentations soient gratuites ou qu’il y ait des droits d’entrée, vous devez vous procurer des droits de représentation pour respecter le droit d’auteur. Il n’existe que deux types d’exception : dans un milieu éducatif où l’audience est composée uniquement d’élèves (aucun parent) et à l’intérieur d’une cellule familiale où aucun étranger n’est invité.

Sur le site Animagination, vous pouvez vous procurer les droits de représentation lors de l’achat du texte ou revenir plus tard lorsque la ou les dates de représentation sont déterminées. Il est fortement conseillé de vous procurer ces droits avant les représentations.

Rappelez-vous que les droits d’auteur sont les seuls revenus de l’écrivain. C’est ce qui lui permet de continuer à écrire de belles histoires pour les jeunes.

Le droit moral

L’auteur a droit au respect de son œuvre. Elle ne peut être modifiée ou adaptée sans son consentement. Cependant, pour les textes du site Animagination vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation du genre d’un personnage, changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.

Pour plus de détails, consultez notre Foire aux questions au bas de chaque page de la section Textes de théâtre.

Ce texte est fortement inspiré d’un feuillet d’information de la Société québécoise des auteurs et autrices dramatiques (SoQAD).

Théâtre Animagination
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.