La nuit des aurores polaires

De Luc Boulanger

Résumé

Cinq récits entremêlés, cinq destins qui se croisent pour converger en un dénouement saisissant. Alors qu’ils observent des aurores polaires, quatre individus disparaissent mystérieusement, laissant derrière eux une énigme insoluble. Trente-trois ans plus tard, la découverte d’un indice ravive l’espoir de résoudre le mystère et peut-être de retrouver les disparus. Une enquête palpitante, à la manière de la série Stranger Things.

Cette pièce de théâtre est particulièrement adaptée aux troupes nombreuses. Le groupe peut être subdivisé en cinq équipes, chacune travaillant de manière simultanée et indépendante. À la conclusion, une scène spectaculaire réunit les intrigues et permet aux personnages des différentes histoires de se rencontrer.

Fiche technique

  • Style/Thème : Intrigue fantastique à propos d'une disparition mystérieuse
  • Lieu : Un champ, un commissariat de police, un laboratoire
  • Nombre de comédiens : Entre 16 et 25
  • Durée : 45 min. (30 pages)
  • Âge : 8 à 13 ans
  • Niveau : Intermédiaire, Avancé

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Informations générales

Théâtre Animagination

Extrait de la pièce

La nuit des aurores polaires

Pièce de théâtre pour troupes nombreuses par Luc Boulanger

Les personnages

Cyprien, le père
Claude, l’ami de la famille
Maxime, enfant de Cyprien et Aurore
Camille, enfant de Cyprien et Aurore

Mélissa, enfant de Cyprien et Aurore et mère de Pascal
Philippe : Conjoint de Mélissa
Pascal(e) : fils ou fille de Philippe et Mélissa
René(e) : ami(e) de Pascal
Frédéric(que) : ami(e) de Pascal

Alex : enquêteur
Michel : enquêteur
Ursule : enquêteuse
Chef de police
Maire de Ironville

Miranda : Animatrice télé
David : Animateur télé
Daniel : Reporter
Joseph : Mineur
Amédée : Voisin des Laroche
Aurore : Conjointe de Cyprien
Van Patton : Chercheur d’or

Matéo : Assistant du professeur
Rico : Assistant du professeur
Professeur Zutemberg : Scientifique
Rectrice de l’université

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Scène un : La disparition

Cyprien ajuste un télescope posé sur un trépied. Autour de lui, ses enfants Maxime et Camille, ainsi que son ami Claude attendent que l’instrument soit installé.

Maxime : C’est bientôt prêt ? Il fait froid.

Camille : Oui, on gèle.

Cyprien : Patience ! Votre attente sera récompensée au centuple.

Claude : Les soirées fraîches du mois d’août sont idéales pour observer la Lune d’autant plus qu’elle est pleine ce soir.

Maxime : Avec le télescope, est-ce qu’on va pouvoir apercevoir le drapeau américain planté par Neil Armstrong ?

Claude avec un petit rire : Non ! Il nous faudrait un télescope vraiment très puissant.

Cyprien : La Lune est à plus de 334 milles kilomètres de la Terre. Mais on verra très bien la mer de la Tranquillité où s’est posé Appolo 11.

Camille : La mer de la Tranquillité ? Y a de l’eau sur la Lune ?

Cyprien : Il n’y a ni eau ni atmosphère sur la Lune. Il s’agit simplement du nom d’un cratère.

Claude : J’adore ce nom… La mer de la Tranquillité… Armstrong devait se sentir drôlement seul au milieu de cette vaste étendue.

Cyprien qui a de la difficulté avec une vis : Maxime, est-ce que tu pourrais me donner mon canif ?

Maxime : Il est où ?

Cyprien : Dans la poche avant de mon sac.

Maxime se penche pour prendre le canif dans le sac. Il le donne ensuite à son père qui l’ouvre et s’en sert pour visser.

Claude : Il est magnifique ce canif.

Cyprien : C’est un cadeau que j’ai reçu pour mes années de bénévolat chez les scouts. Un canif est indispensable quand on part en excursion.

Maxime : Ça permet de se défendre contre les ours et les loups.

Claude : Il est très très rare que les loups attaquent les humains. En fait, ça arrive surtout dans les légendes.

Camille : Comme dans le Petit Chaperon rouge.

Claude : Oui, mais les contes, ce n’est pas la vraie vie.

Cyprien qui redonne le canif à Maxime : Tiens, range-le.

Maxime prend le canif. Mais au lieu de le ranger, le garde pour l’examiner.

Camille : Regardez là-bas. Y a des lueurs !

Claude : L’éclairage de la ville probablement.

Cyprien qui prend le temps de scruter au loin : Alors là les amis, on est gâtés. Ce sont des aurores polaires.

Claude : Mais oui ! Tu as raison.

Camille : Aurore ! Comme le nom de maman.

Claude : Dommage qu’elle soit restée au chalet. Elle aurait adoré.

Maxime qui examine toujours le canif : Maman trouve que ça ne vaut pas la peine de se transformer en glaçon pour regarder des points de lumière dans une lunette. Je crois que je suis d’accord avec elle.

Cyprien : Il fallait surtout que quelqu’un reste avec bébé Mélissa.

Camille : C’est vraiment magnifique. On dirait des rideaux lumineux qui flottent au vent.

Claude : Tu n’es pas si loin de la vérité. Les aurores polaires sont provoquées par les vents solaires.

Maxime : Des vents qui viennent du Soleil ?

Cyprien : Absolument. Le Soleil nous envoie de grandes quantités de particules de matière qu’on appelle vent solaire. Parfois, ces vents sont si puissants qu’ils entrent en interaction avec les particules de gaz de la haute atmosphère qui deviennent lumineuses.

Claude : C’est un phénomène magnétique qui se produit près des pôles au nord et au sud.

Camille : Je comprends rien. Pour moi, c’est maman qui dessine dans le ciel.

Claude : Ma grand-mère croyait que les aurores polaires étaient provoquées par le reflet des rayons du Soleil sur les banquises du pôle Nord.

Cyprien : La science a mis beaucoup de temps à comprendre ce phénomène. Alors les gens ont trouvé toutes sortes d’explications.

Maxime : La lumière devient de plus en plus intense. Est-ce que ça peut être dangereux ?

Claude : Ça risque surtout de devenir « dangereusement » beau. On va se régaler.

Camille : On devrait prendre des photos pour montrer à maman.

Claude : Je pourrais essayer avec mon appareil.

Cyprien : Il est difficile de réaliser de belles images des aurores polaires.

Maxime : Ça bouge dans le champ là-bas.

Cyprien : Probablement des chevreuils qui viennent manger les pommes de monsieur Dessurault.

Maxime : Non, ce n’était pas des chevreuils. J’en suis certain.

Claude : Des ratons laveurs alors.

Maxime : C’était beaucoup plus grand avec de longues dents et des griffes immenses.

Cyprien : Tu as trop d’imagination.

Camille : Moi, j’ai peur des monstres avec de longues dents. Je veux rentrer.

Cyprien : Maxime, arrête tes folies. Tu fais peur à ta sœur.

Ateliers de cinéma

Il se tourne vers sa fille.

Cyprien : Il n’y a rien à craindre Camille. Regarde vers le ciel, regarde les couleurs

Maxime plus bas, à son père : Je ne suis pas fou. J’ai vu une bête qui nous épiait.

Cyprien : C’est assez, j’ai dit… Et range ce canif.

Maxime garde le canif prêt de lui.

Claude : On pourrait installer mon appareil sur le trépied de ton télescope. Ainsi, on pourrait prendre des photos à longue exposition.

Cyprien : Bonne idée !

Mais avant qu’ils aient eu le temps de passer à l’action, on entend un chien qui aboie au loin.

Maxime : Vous avez entendu ?

Cyprien : Un chien qui jappe. Et après ?

Maxime : Les chiens nous préviennent du danger.

Claude : C’est la pleine lune. Les animaux sont plus actifs à la pleine lune.

Maxime : Justement.

Il ouvre le canif.

Camille : Je veux maman ! Je veux maman !

Cyprien : Du calme Camille.

Cyprien à Maxime : Bravo ! Tu as gagné ! On retourne au chalet pour retrouver maman et bébé Mélissa.

Il regarde Claude.

Cyprien : Claude, je crois que tu n’aurais pas dû lui conter cette histoire de Belzébuth.

Maxime : C’est le Barzaloup.

Claude : Je suis désolé Cyprien. Avoir su…

Cyprien : Pas grave.

Claude : Ramène-les au chalet. Je t’attends ici et j’installe l’appareil.

À ce moment, on entend un bruit étrange. Maxime crie très fort et échappe le canif. Une grande lumière et puis plus rien.

 

Scène 2 de cette pièce de théâtre pour troupes nombreuses : Le couteau de nulle part

Pascal, Frédéric et René arrivent en courant et en riant.

Frédéric : Wow ! Content de revoir votre terrain. Il est vraiment grand.

René : Vraiment loin aussi. Trois heures de voiture, c’est un peu long.

Frédéric : Sans tablettes et sans jeux vidéo en plus.

Pascal : Ouais, ma mère veut qu’on passe toutes nos vacances sans ordinateur.

René : Quoi ? Est-ce que ça veut dire que vous n’avez même pas de console de jeux au chalet ?

Pascal : Ben… Oui.

René : T’aurais dû me le dire avant de partir.

Frédéric : Tu ne serais pas venu ?

René : J’en aurais apporté une.

Pascal : Ta console aurait été interceptée aux douanes.

René : Y a des douanes à Ironville ?

Frédéric : Nos mères ont inspecté les bagages avant de partir.

Il prend un air officiel.

Frédéric : Tous les objets pouvant provoquer des excès de plaisir ont été interdits : jeux vidéo et friandises sucrées ne sont plus permis.

Pascal : Nous sommes condamnés à jouer dehors et manger santé.

René : Mais c’est une dictature !

Frédéric : T’inquiète pas, j’ai mes trucs. Je cache des bonbons dans mes bas.

Pascal : Ma mère ne sait pas qu’il y a une poche secrète sous mon sac. Elle oublie toujours d’y jeter un œil. Cette poche recèle des trésors de sucreries.

René : Et vous avez réussi à passer une console vidéo en fraude ?

Frédéric : Trop gros, trop difficile.

Pascal : En fait, je comptais sur mon père. Mais ma mère lui a imposé les mêmes règles que nous. Elle a vérifié minutieusement le coffre de la voiture avant le départ.

René : Mais je ne pourrai jamais survivre deux semaines sans jeux vidéo.

Frédéric : Il faudra s’amuser comme les enfants d’autrefois.

Pascal : On l’a vécu aux dernières vacances. C’est pas si mal.

Frédéric : On a appris à jouer au Barzaloup.

René : Au Barza quoi ?

Pascal : Barzaloup. C’est une légende de la région ; un monstre issu d’un croisement entre l’ours, le loup et l’humain.

René : Ça existe ?

Pascal : Ben non ! C’est une histoire que les gens se racontent pour se faire peur.

René : Votre Barzaloup, il se cache dans les vieilles mines?

Pascal : Je sais pas.

René : Il y a plein de vieilles mines d’or partout à Ironville.

Pascal : C’est des mines de fer ; « iron » en anglais, ça veut dire fer.

Frédéric en sortant un bandeau : Allez, on joue. Un de nous trois est le Barzaloup. Il se bande les yeux et compte jusqu’à 10. Les deux autres vont se cacher le plus rapidement possible.

Pascal : Ensuite le Barzaloup doit les chercher. Mais quand il crie « Barza », les autres doivent répondre immédiatement « Loup ». La première personne qui se fait attraper devient le Barzaloup à son tour.

René : Je veux être le Barzaloup.

Frédéric : Non, c’est moi.

Pascal : On décide à Roche-Papier-Ciseaux. Un, deux, trois…

Frédéric sort un papier, René aussi et Pascal sort une roche. Il est donc éliminé. Les deux autres jouent de nouveau et Frédéric gagne.

Frédéric : Super ! C’est moi le Barzaloup. Je vais vous attraper et vous dévorer ! Un, deux, trois…

Les deux autres vont se cacher peut-être dans les coulisses, peut-être dans la salle.

Frédéric : Neuf, dix ! Le Barzaloup arrive avec ses dents pointues et ses griffes qui déchirent la chair humaine. Barza !

Les deux autres répondent automatiquement : Loup !

Frédéric : Vous vous croyez malin, mais avec mon odorat, je peux vous sentir à des kilomètres. Barza !

Les deux autres répondent. Pascal s’amuse à passer tout prêt de Frédéric. René veut faire la même chose, mais s’arrête subitement.

René : Aie ! Il y a un couteau par terre.

Frédéric qui a repéré René : Je t’ai attrapé. C’est toi le Barzaloup maintenant.

René : Attends ! Regarde !

Il pointe un objet sur le sol.

Frédéric qui a enlevé son bandeau : C’est un couteau. Il est beau.

Il vient pour le prendre.

Pascal qui revient : Non ! N’y touche pas. On nous dit tout le temps qu’il ne faut pas toucher les objets abandonnés.

Frédéric : T’as raison. Qu’est-ce qu’on fait ?

René : Appelle tes parents.

Pascal : Papa, maman !

Un temps.

Pascal plus fort : Papa, maman !

Philippe qui arrive en trombe : Y a un problème les enfants ?

Frédéric : On a trouvé un couteau par terre.

Philippe qui se penche : C’est un canif… avec un signe scout sur le manche. Il a l’air en bon état.

Il vient pour ramasser le canif.

Pascal qui l’arrête : À l’école, on nous a appris à ne pas toucher aux objets dangereux qui trainent.

Philippe : Merci ! J’aurais pu laisser mes empreintes digitales sur le manche.

René : Surtout qu’on voit une tache de sang séché sur la lame.

Frédéric : Un mot est gravé dessus : C-Y-P-R-I-E-N.

Pascal : Cyprien, c’est le nom de grand-papa il me semble.

Philippe : Le nom du père disparu de Mélissa.

Frédéric : Disparu ?

Philippe : Avec deux enfants et un ami. Ça fait plus de 30 ans.

Pascal : Ma mère n’a jamais connu son père. Elle était bébé.

Philippe : Ils sont sortis dehors un soir pour observer les étoiles et on ne les a plus revus. Seul le télescope a été retrouvé.

Pascal : Ça s’est passé ici sur ce terrain.

René : Pas question que je sorte le soir.

Philippe : Mélissa ! Mélissa !

Mélissa en coulisse : Qu’est-ce qu’il y a ?

Philippe : Viens tout de suite. C’est important.

Mélissa : Quelqu’un s’est blessé ?

Frédéric : On a trouvé le canif de votre père.

Mélissa : Quoi ?

Philippe : Oui, regarde.

Pascal : Son nom est écrit : Cyprien.

Mélissa observe le couteau quelques secondes et émue, fixe intensément Philippe.

 Philippe : Il faut prévenir la police.

Mélissa : Et ma mère…

Philippe : Ce canif va rouvrir de vieilles blessures.

Mélissa : On n’a pas le choix.

Philippe qui sort son portable : Mon téléphone ne fonctionne pas ici. Il faut que je monte sur la colline. Venez !

Ils quittent tous sauf René et Frédéric.

René : C’était à moi d’être le Barzaloup.

Frédéric : On jouera plus tard.

Il fait signe à René de le suivre. Ils partent.

 

Scène 3 de cette pièce de théâtre pour troupes nombreuses: L’enquêteuse célèbre

Le canif est posé sur une table au centre. Michel et Alex entrent. Michel tient un sac de pistaches rouges. Il pige dedans allègrement.

Alex : Ton rapport est prêt ?

Michel : Bien sûr.

Alex : Quelles sont les conclusions ?

Michel, la bouche pleine : Tu le sauras tout à l’heure.

Alex : Il faut que tout soit réglé au quart de tour. On dit qu’elle est très pointilleuse.

Michel : À mon avis, sa réputation est surfaite.

Alex : Elle a résolu toutes les enquêtes qu’elle a menées.

Michel : J’en doute.

Alex : C’est écrit noir sur blanc dans le Sélection du Reader’s Digest (ou autre magazine).

Michel : Alors je lui souhaite bonne chance.

Il pointe le canif.

Michel : Elle aura devant elle toute une énigme.

À ce moment, Ursule Poivron flanquée du maire et du chef de police surgissent.

Ursule : Où est-il ? Je suis impatiente de le voir.

Maire : Le canif est juste là. Mais avant que vous débutiez vos investigations, j’aimerais, en tant que premier magistrat de notre ville, vous remercier pour votre collaboration inestimable. Le chef de police et moi…

Ursule : Aussitôt que j’ai lu la nouvelle dans les journaux, j’ai fait ma valise et j’ai sauté dans le premier avion disponible.

Maire : C’est une chance, madame Poivron, de pouvoir compter sur une enquêteuse telle que vous.

Chef : Toute notre équipe est à votre disposition.

Ursule : Et où est cette équipe ?

Chef : Ici. Je vous présente Alex Chapdelaine, sous-chef de police et premier enquêteur.

Alex : Depuis que je suis tout petit, je rêve de vous rencontrer et d’investiguer à vos côtés.

Pour toute réponse, Ursule hoche la tête.

Chef : Et voici Michel Legros, deuxième enquêteur et responsable de la circulation.

Michel qui lui tend une main souillée : B’jour M’dame !

Ursule jette un coup d’œil sur la main de Michel, mais se garde bien de lui rendre la politesse.

Ursule : Bonjour.

Elle regarde à gauche et à droite.

Ursule : C’est tout ? Un chef, un sous-chef et un employé ?

Maire : Il faut comprendre que Ironville est une petite municipalité isolée où il ne se passe pas grand-chose au niveau judiciaire. Si vous le désirez, nous pourrons engager des ressources supplémentaires au besoin.

Ursule : Pour l’instant, ça devrait être suffisant.

Chef : Ma femme accepterait sûrement d’être votre assistante.

Ursule : On verra. Puis-je examiner l’objet ?

Alex : Bien sûr. Allez-y.

Elle scrute le canif sous tous les angles.

Ursule : Quelqu’un a cherché la provenance de ce canif ?

Alex : J’ai fait mon enquête. Ce canif est un objet unique, une œuvre d’art même. Il a été fabriqué par un artisan de la région il y a plus de 40 ans.

Ursule : Le nom de cet artisan ?

Maire : Il s’agit de Baptiste Merval. Je l’ai bien connu. C’était un genre d’ermite qui vivait dans sa cabane et fabriquait de menus objets à partir du métal de nos mines.

Ursule : C’était ?

Chef : Oui, il est décédé, il y a une vingtaine d’années.

Alex : 19 ans exactement.

Ursule : On distingue une croix scoute sur le manche.

Alex : Le canif est un cadeau personnalisé offert à monsieur Cyprien Laroche dont le prénom est également gravé sur le manche. Monsieur Laroche a été animateur dans le mouvement scout durant plusieurs années.

Ursule : Ce monsieur Laroche est bien celui qui a disparu subitement avec deux de ses enfants et un ami il y a 33 ans ?

Alex : Il s’agit bien de son canif et il l’avait probablement avec lui au moment de sa disparition.

Ursule : Vous en êtes certain ?

Alex : Pas à cent pour cent. Mais il y a de fortes chances.

Ursule : Il est en excellent état.

Chef : Je dirais même qu’il a l’air pratiquement neuf. Comme s’il avait été conservé dans une cloche de verre.

Alex : Ce canif ne peut pas avoir passé 33 ans dans les bois.

Ursule : Il s’agit peut-être d’une reproduction ou d’une contrefaçon.

Maire : Baptiste Merval avait une signature particulière. Ça ne peut être une contrefaçon.

Ursule : Monsieur Merval aurait pu fabriquer deux exemplaires du canif et offrir le plus beau à monsieur Laroche.

Chef : C’est dans le domaine du possible même si c’est peu probable.

Ursule : Il existe quand même un doute.

Michel : La tache de sang est encore plus énigmatique.

Ursule : En quoi l’est-elle ?

Michel qui fouille dans une de ses poches : J’ai procédé à l’analyse de l’ADN de la tache de sang.

Il sort un rapport plié en quatre marqué par des taches rouges de pistaches. Ursule saisit le document et démontre son mécontentement en apercevant les taches. Michel se lèche les doigts et les essuie sur ses vêtements.

Michel : Je vous résume. La tache de sang est récente, quelques jours à peine et ce qui est le plus troublant, c’est que l’ADN correspond à celui de la famille Laroche. Il s’agit logiquement du sang de monsieur Laroche ou d’un de ses enfants disparus.

Ursule : Et les empreintes digitales ?

Michel en s’essuyant encore une fois les doigts sur ses vêtements : Il y a en a, mais on ne peut pas les identifier.

Chef : Nous n’avons pas dans nos dossiers les empreintes de monsieur Laroche.

Ursule : Et le canif a été retrouvé par des enfants sur le terrain où monsieur Laroche est disparu.

Maire : Il semble même que ce soit l’endroit exact. Le terrain appartient toujours à la famille.

Ursule : Ce canif a d’autres particularités qui m’auraient échappé ?

Alex : Je crois que nous avons fait le tour de la question.

Ursule : Sûrement pas, car nous aurions trouvé la réponse.

Chef : Ce cas est vraiment très étrange. Le plus étrange de ma carrière.

Ursule : C’est un cas très intéressant et la solution nous pend probablement au bout du nez. Mais nous ne la voyons pas.

Elle prend une pistache dans le sac de Michel et la mange.

Ursule : Donc, nous avons devant nous un canif possiblement disparu il y a 33 ans, mais en parfait état comme si on venait de le déposer sur l’herbe. Sur sa lame, une tache de sang récente de quelqu’un qui a disparu en même temps.

Alex : Ça laisse présager qu’au moins un des disparus est encore vivant ou l’était encore il y a quelques jours.

Michel : Surtout qu’il s’agit d’une petite tache de sang.

Maire : Cela semble insoluble.

Ursule : Semble est le bon mot.

Chef : Quelle direction va prendre votre enquête ?

Ursule : Disparition mystérieuse !

Alex : Vous voulez parler de l’émission de télévision qui fait dans le sensationnel ?

Ursule : Exactement.

Chef : Vous n’êtes pas sérieuse ? Les journalistes de Disparition mystérieuse n’ont aucune crédibilité.

Ursule : Mais ils sont célèbres, ils ont des moyens et beaucoup de gens les écoutent.

Maire : Cette histoire a déjà fait les manchettes des grands journaux. Nous ne voulons pas attirer davantage l’attention sur notre petite ville tranquille.

Ursule : Pour résoudre cette affaire, il faut l’aborder sous un angle différent. Disparition mystérieuse peut nous offrir ce nouveau regard.

Chef : N’y aurait-il pas un autre moyen ?

Ursule qui s’empare du sac de pistaches de Michel : Ursule Poivron réussit toujours à résoudre ses enquêtes, car elle va où les autres n’osent aller ! Hum ! Elles sont vraiment excellentes ces pistaches !

Pour obtenir la deuxième partie de l’histoire, achetez ce texte de pièce de théâtre pour troupes nombreuses

 

Tableau des répliques par personnages et par scène de cette pièce de théâtre pour troupes nombreuses

 

Je travaille pour une école du Québec

Les écoles publiques et privées qui relèvent du ministère de l’Éducation du Québec peuvent obtenir les textes de théâtre sans frais grâce à un programme de droits de reprographie géré par Copibec.

Il faut une adresse courriel officielle d’un centre de service scolaire ou d’une école privée pour profiter de ce programme. Les élèves ne peuvent demander directement un texte.

Le nombre de pièces auxquelles vous avez droit annuellement peut être limité.

Chaque demande est analysée et vérifiée. Nous tentons de répondre dans un délai de deux jours ouvrables.

Je veux comprendre le droit d’auteur

Il faut d’abord savoir que le droit d’auteur est multiple.

Le droit de reprographie

Lorsque vous distribuez un texte à des comédiens et comédiennes, que ce soit de façon imprimée ou électronique, vous devez obtenir l’autorisation de l’auteur et payer des droits. En achetant un texte sur notre site Animagination, vous obtenez automatiquement l’autorisation et les droits, mais pour un projet unique. Le projet doit se réaliser dans un contexte amateur ou scolaire. Pour le domaine professionnel, il faut plutôt s’entendre avec l’auteur.

Notez que la procédure est différente pour les écoles du Québec. Consulter la section Je travaille pour une école du Québec.

Le droit de représentation

Que la ou les représentations soient gratuites ou qu’il y ait des droits d’entrée, vous devez vous procurer des droits de représentation pour respecter le droit d’auteur. Il n’existe que deux types d’exception : dans un milieu éducatif où l’audience est composée uniquement d’élèves (aucun parent) et à l’intérieur d’une cellule familiale où aucun étranger n’est invité.

Sur le site Animagination, vous pouvez vous procurer les droits de représentation lors de l’achat du texte ou revenir plus tard lorsque la ou les dates de représentation sont déterminées. Il est fortement conseillé de vous procurer ces droits avant les représentations.

Rappelez-vous que les droits d’auteur sont les seuls revenus de l’écrivain. C’est ce qui lui permet de continuer à écrire de belles histoires pour les jeunes.

Le droit moral

L’auteur a droit au respect de son œuvre. Elle ne peut être modifiée ou adaptée sans son consentement. Cependant, pour les textes du site Animagination vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation du genre d’un personnage, changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.

Pour plus de détails, consultez notre Foire aux questions au bas de chaque page de la section Textes de théâtre.

Ce texte est fortement inspiré d’un feuillet d’information de la Société québécoise des auteurs et autrices dramatiques (SoQAD).

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