Le regard des autres

De Luc Boulanger

Résumé

Une enseignante demande à ses élèves de présenter un exposé oral. Certains élèves sont enthousiastes, pendant que d’autres angoissent à l’idée de parler en avant de la classe. L’enseignante leur proposera alors des stratégies pour se préparer mentalement à assumer le regard des autres.

Une pièce de théâtre accessible et proche du quotidien des jeunes qui comporte un défi pour les sept personnages d’élèves et l’enseignante : apprendre un monologue final de quelques minutes.

Fiche technique

  • Style/Thème : Vie sociale et bonnes valeurs
  • Lieu : Une classe, à la maison, cinéma, autobus...
  • Nombre de comédiens : 10 ou 11
  • Durée : 45 min. (30 pages)
  • Âge : 8 à 13 ans
  • Niveau : Intermédiaire, Avancé

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Informations générales

Théâtre Animagination

Extrait de la pièce

Le regard des autres

Pièce de théâtre en milieu scolaire par Luc Boulanger

Les personnages

Madame Alice : Enseignante dévouée
Gabrielle : Passionnée des animaux
Alex : Incertaine, manque de confiance
Charlie : Amateur de jeux vidéo et de rôles
Sam : Jeune mature et sûr de lui
Lou : Énergique et moqueuse
Billie : Athlète de compétition, fonceuse
Éden : Artiste un peu effacé
Mère de Charlie
Père d’Alex
Chauffeur d’autobus

Les personnages ont des noms épicènes qui peuvent être utilisés au masculin, féminin ou tout autre genre.

Le décor de base est composé de bureaux, de tables et de chaises de classe que l’on va déplacer pour suggérer un autobus, une salle de cinéma, une maison familiale…

Ce texte de pièce de théâtre en milieu scolaire est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

 

Scène un : Avant la cloche

La classe est vide. On entend en coulisse les élèves qui discutent de tout et de rien. Gabrielle et Alex entrent.

Gabrielle : Je te le dis, il est tellement beau.

Alex : Comme il s’appelle ?

Gabrielle, les yeux qui brille : Elliot.

Alex : Ah ! Drôle de nom.

Gabrielle : Tous les soirs, il m’attend à la maison avec ses beaux grands yeux doux. On passe des heures à se regarder.

Alex : J’espère que vous faites plus que ça.

Gabrielle : Je lui apprends des tours. Il m’écoute au doigt et à l’œil.

Alex : Quelle race de chien ?

Gabrielle : C’est pas un chien, c’est un lézard.

Alex : Un lézard ?

Gabrielle : Oui, un gecko.

Alex : Je pensais que c’était une race de chien.

Gabrielle : Mais non. On en trouve au sud, ça porte bonheur.

Alex : Ah, j’en aurais peut-être besoin.

Charlie, Sam et Lou arrivent à leur tour.

Charlie : C’était un genre de maison en pierre. Elle avait l’air abandonnée.

Sam : J’espère que t’es pas entré.

Charlie : La peur, je connais pas.

Sam : Mais il y a toujours des pièges dans ce genre de maison.

Charlie : Je sais comment les éviter.

Sam : T’as trouvé des pièces d’or ?

Charlie : Et une épée magique.

Lou : Mais de quoi vous parlez ?

Sam : De Action et Dragons, un jeu médiéval.

Lou : OK. Je comprends. La maison dont tu parles n’existe pas vraiment.

Charlie : Elle existe dans le monde virtuel.

Lou : Donc, elle existe pas.

Sam : Certain, elle existe dans le métavers.

Lou ironique : Très pratique une maison dans le métavers, surtout quand il pleut.

Billie et Éden entrent à ce moment dans cette pièce de théâtre en milieu scolaire.

Billie : Des fois, j’ai le goût de tout laisser tomber.

Éden : Hein, pourquoi ?

Billie : C’est exigeant. J’ai pas une minute à moi.

Éden : Mais, t’as la chance d’aller dans d’autres pays.

Billie : Toi, t’as la chance de dormir le samedi matin. Moi, je dois aller m’entraîner.

Éden : Peut-être, mais j’ai jamais gagné de médailles.

Billie : L’année passée, t’avais remporté un prix au concours de dessin.

Éden : Ça compte pas. J’ai reçu un bout de ruban et une boîte de chocolats. Toi, t’as des vrais médailles avec du vrai métal.

Billie moqueuse : Mais il y a du chocolat à l’intérieur.

Éden : Pas vrai !

Billie en rigolant : Bien sûr !

Éden est sceptique.

 

Scène deux de cette pièce de théâtre en milieu scolaire : L’annonce

Madame Alice entre dans la classe.

Madame Alice : Tout le monde est de bonne humeur ce matin ?

Les élèves : Oui, madame.

Madame Alice à Alex qui est tombée dans la Lune : Alex, tu es avec nous ou avec les astronautes ?

Alex : Eh… Pardon, Madame.

Madame Alice : Aujourd’hui, nous débutons une nouvelle étape. On a terminé notre projet d’herbier avec succès.

Gabrielle qui lève la main : Madame !

Madame Alice : Oui, Gabrielle.

Gabrielle : J’aurais encore quelques plantes à ajouter à notre herbier.

Madame Alice : Il est trop tard maintenant. Je sais que tu as énormément contribué au projet, mais il faut savoir s’arrêter et passer à autre chose.

Gabrielle : Mon père m’a amené dans un marais et on a trouvé une plante carnivore.

Éden : Une plante carnivore ! Est-ce que c’est dangereux Madame ?

Madame Alice : Non. En fait, il faudrait plutôt dire insectivore. Elles attirent les insectes dans une sorte de tube végétal qui peut ressembler à une bouche.

Billie : Euk ! Une bouche végétale.

Madame Alice : Elles attirent les insectes grâce à un nectar succulent. Ensuite, les pattes des insectes restent collées aux feuilles de la fleur qui les digère tranquillement.

Billie : On dirait un film d’horreur. Je voudrais pas que ça m’arrive.

Madame Alice : Pas de danger Billie. Comme toujours, vous êtes enthousiastes et intéressés. Cependant, on va délaisser la nature pour aborder un autre domaine. Ce sera de l’art oratoire.

Lou : Je sais c’est quoi Madame.

Madame Alice : Dis-moi.

Lou : C’est comme le Kung-fu.

Elle se lève et exécute quelques mouvements qui font penser au Kung-fu.

Madame Alice : On s’assoit et on modère ses élans.

Lou qui s’assoit : Désolée, madame.

Madame Alice : Tu voulais probablement parler d’arts martiaux. Alors que l’art oratoire, c’est l’art de s’exprimer en public.

Éden : Si je comprends bien, on va faire des exposés devant la classe comme l’an passé avec Monsieur François.

Madame Alice : Exactement.

Gabrielle : Super ! Je connais déjà mon sujet.

Sam : Attends que je devine. Ça va parler d’animaux.

Gabrielle : Hein ! Tu le sais ?

Sam ironique : J’ai un superpouvoir.

Madame Alice : L’exposé devra durer entre deux et cinq minutes et présenter une de vos passions comme un passe-temps, un sport ou un loisir.

Sam : Est-ce que ça compte au bulletin Madame ?

Madame Alice : Bien sûr. Vous allez être évalué sur votre expression, la structure de votre contenu et la qualité de votre français.

Lou : Il va falloir bien parler ?

Madame Alice : Disons qu’il y a une différence entre la manière dont on s’exprime à la cour de récréation et en public.

Alex : Je comprends pas l’histoire du contenu.

Madame Alice : Ce que vous allez raconter doit être logique. Est-ce qu’il y a une introduction, un développement et une conclusion ? Vous avez déjà étudié cela.

Éden : Avec Monsieur François.

Madame Alice : Et on va prendre le temps de réviser ces notions.

Charlie : Est-ce qu’on va pouvoir se filmer et présenter la vidéo en classe ?

Madame Alice : Non, Charlie. C’est un exposé oral, pas un exercice de production audiovisuelle.

Charlie : Monsieur François était d’accord l’an passé.

Madame Alice : Peut-être, mais moi j’exige que ce soit en présentiel.

Charlie : Je ne serai jamais capable.

Madame Alice : Tu vas y arriver. Il suffit de bien se préparer.

Charlie : Impossible, j’ai jamais fait ça.

Madame Alice : Il est temps de briser la glace.

Charlie : Mais… Madame.

Madame Alice : Je ne changerai pas d’idée. Tu viendras me voir, je vais t’aider dans ta démarche.

Charlie est sonné.

Madame Alice : Vous avez une semaine pour y penser. Maintenant, vous allez terminer les exercices de mathématiques qu’on a débuté en fin d’après-midi hier.

Les élèves se mettent au travail. La mise en scène doit faire comprendre qu’un laps de temps s’écoule. Fin de la scène de cette pièce de théâtre en milieu scolaire.

 

Scène trois : Réactions au dîner

La cloche sonne. Les élèves se lèvent et sortent leur lunch. Certains s’assoient sur les bureaux.

Madame Alice : Bon dîner ! À tout à l’heure !

Elle sort.

 Alex : Ah non ! Je me suis trompé de lunch.

Lou : T’as encore pris le lunch de ton frère.

Alex : Oui.

Billie : Qu’est-ce que ça change ?

Alex : Mon frère mange des sandwichs au végépâté et j’aime pas ça.

Billie : C’est bon le végépâté. Si tu veux, je peux t’échanger mon sandwich aux œufs.

Alex : Tu serais gentille.

Billie : Pas de soucis.

Ils échangent les sandwichs. Pièce de théâtre en milieu scolaire.

Gabrielle : Moi, je ne mange que du végé.

Lou : On s’en doute.

Gabrielle : Il faut se préparer à la transition.

Éden : La transition ?

Gabrielle : Vers une alimentation moins axée sur les protéines animales.

Sam : Ça pourrait être le sujet de ton exposé.

Gabrielle qui a une sorte d’illumination : Oui… J’avais d’abord songé à l’effet de la fonte des glaces sur les ours polaires, mais la cuisine végane pourrait être encore plus appropriée. Ah ! J’ai trop d’idées.

Éden : Moi, je vais raconter un film.

Billie : Un film, c’est pas une passion.

Éden : On peut être passionné par le sujet d’un film.

Lou : Il faudrait que tu trouves un film que personne ne connaît sinon on va déjà savoir la fin.

Sam : Un livre, ça serait mieux.

Alex : Moi, j’ai vraiment pas d’idée.

Lou : Moi, j’improvise. La spontanéité, y a rien de mieux.

Billie : Pas moi. Tout va être écrit d’avance, sinon je vais figer sur place. Je vais être prête.

Sam : Le mieux, c’est de préparer un plan. Tu notes les principales idées sur un carton.

Éden : Est-ce qu’on a le droit d’avoir un carton dans les mains ?

Gabrielle : Monsieur François le permettait.

Éden : Est-ce que Madame Alice va vouloir ? Elle n’accepte pas les vidéos.

Lou : De quoi tu vas parler Charlie ?

Charlie : De rien.

Alex : De rien ?

Charlie : Je ne vais pas le faire.

Billie : Tu vas avoir zéro.

Charlie : J’aurai zéro.

Les autres le regardent attentivement, perplexes. La cloche sonne. Les élèves sortent de scène. On comprend qu’on effectue de nouveau un saut dans le temps.

 

Scène quatre de cette pièce de théâtre en milieu scolaire : À la maison chez Charlie

Charlie est assis, pensif. Sa mère entre.

Mère : Tiens, t’es là !

Charlie : Oui.

Mère : Habituellement, t’es rivé à ta tablette à cette heure-là.

Charlie : J’ai pas le goût ce soir.

Mère : Ah bon ! Qu’est-ce qui se passe ?

Charlie : Il faudrait que tu parles à Madame Alice.

Mère : Pourquoi ? Un problème à l’école ?

Charlie : On a pas le droit de faire des vidéos.

Mère : Attends, je comprends pas.

Charlie : Pour l’exposé oral, on doit absolument s’exprimer en personne devant la classe.

Mère : Oui, je me souviens. L’an passé avec Monsieur François, t’avais monté une vidéo sur l’histoire de Godzilla.

Charlie : J’avais eu une très bonne note. Mais là, je vais couler.

Mère : Voyons. C’est quoi cette attitude défaitiste ?

Charlie hausse les épaules.

Mère qui adopte un ton motivant : Où est mon chevalier sans peur et sans reproche ?

Charlie : C’est pas drôle. Écris à Madame Alice, je t’en supplie.

Mère : Je vais lui dire quoi ? Mon fils performe dans le monde virtuel, mais est incapable d’interactions réelles.

Charlie : Mais non. T’as qu’à lui mentionner que… que je vais être malade ce jour-là.

Mère : Très crédible.

Charlie : On lui écrira le matin même.

Mère : Charlie, on a souvent discuté de ta dépendance aux écrans.

Charlie : Y a rien là. Plus tard, on va vivre dans le métavers.

Mère sceptique : J’ai bien hâte de voir ça.

Charlie : Vas-tu lui écrire ? J’aurais juste à préparer une vidéo. Fini le stress.

Mère : Madame Alice doit avoir de bonnes raisons d’agir ainsi.

Charlie : Monsieur François était vraiment cool.

Mère : Madame Alice est plus exigeante. Moi, je trouve ça cool.

Charlie : Ça va m’empêcher de dormir.

Mère : D’accord. Je vais lui écrire pour lui faire part de ton anxiété. On verra.

Charlie : Merci.

Fin de scène de cette pièce de théâtre en milieu scolaire.

 

Scène cinq : À la maison chez Alex

Le père d’Alex est en train de préparer une canne à pêche à mouches. Alex le rejoint.

Alex : Tu pars à la pêche demain ?

Père : Samedi. Tu veux venir avec moi ?

Alex : Pas vraiment.

Père : La météo annonce un temps superbe et l’eau est encore froide. Ça va mordre.

Alex : J’aime pas la pêche. On attend trop.

Père : La patience est souvent récompensée.

Alex : Je suis trop maladroite. J’accroche tout le temps l’hameçon dans les branches.

Père qui rit un peu : Quand on débute, c’est normal.

Alex : On dirait que j’ai pas de talent dans rien.

Père : Quoi ? Qu’est-ce que j’entends ?

Alex : C’est vrai ! Mes amis ont tous des talents. Gabrielle communique avec les animaux, Billie est championne de patinage et Éden dessine super bien.

Père : Toi, t’es bonne avec ton entourage.

Alex : Hein ! C’est pas un talent.

Père : Bien sûr. T’as le tour avec ton frère. Je crois qu’il t’écoute plus que moi.

Alex : À quoi ça va me servir ?

Père : Les gens qui savent établir des liens solides avec les autres sont les plus heureux du monde.

Alex : Peut-être, mais j’ai besoin d’un sujet.

Père : Un sujet ?

Alex : Pour mon exposé oral à l’école. Il faut que je me trouve un sujet à propos d’une passion.

Père : Ah ! Tu attends l’inspiration.

Alex : Oui.

Père : L’inspiration, c’est comme la pêche. Il faut être patient. Parfois, t’as l’impression que ça ne mord pas et tout d’un coup, hein !

Il mime le geste du pêcheur qui ferre un poisson. Pièce de théâtre en milieu scolaire.

Père : T’attrapes ce que tu voulais.

Alex : Je sais même pas ce que je veux.

Père : Sois patiente. Tu devrais vraiment venir avec moi samedi.

Alex : Je vais y penser.

 

Scène six de cette pièce de théâtre en milieu scolaire : De retour en classe

Les élèves entrent dans la classe rapidement et s’installent.

Madame Alice : Avant notre période de géographie, on va prendre le temps de discuter de l’exposé oral que vous devez préparer. J’ai eu plusieurs commentaires de vos parents à ce sujet.

Madame Alice dirige son regard vers Charlie qui affiche un grand sourire.

Éden : Est-ce que vous avez changé d’idée, madame ?

Madame Alice : Pas du tout. Je maintiens les mêmes paramètres, mais je vous explique tout de suite les raisons qui motivent ma décision.

Charlie devient maintenant plus inquiète.

Lou : Moi, j’ai hâte !

Madame Alice : Tant mieux. Je pense sincèrement que vous avez besoin de travailler vos compétences en expression orale. Vous communiquez énormément par les écrans et vous parlez moins souvent devant un auditoire.

Billie : C’est quoi un auditoire, madame ?

Madame Alice : Un public, des personnes qui écoutent.

Sam : Pourquoi Monsieur François acceptait qu’on prépare des vidéos ?

Madame Alice : J’ai rencontré Monsieur François ce matin. Je lui ai fait part de ma position à ce sujet et il est maintenant du même avis que moi. La production numérique est une matière et l’expression orale, une autre.

Gabrielle : Ses élèves ne pourront plus présenter de vidéo.

Madame Alice : Pas pour de l’expression orale. Je le répète, je suis disponible pour vous aider dans votre démarche. Vos parents sont au courant et d’accord.

Les élèves acquiescent.

Madame Alice : Et si par hasard, vous tombez malade le jour des présentations, vous ferez simplement la vôtre à votre retour.

Charlie se gratte le front.

Alex : J’ai pas de passions particulières madame, j’ai pas de sujet.

Madame Alice : Il faut que tu fouilles Alex. Tout le monde a des passions.

Gabrielle : Mon problème, c’est que j’en ai trop.

Sam :  Est-ce qu’on a le droit d’avoir des notes sur un carton lors de notre exposé ?

Madame Alice : Un carton avec des mots clés est accepté, mais vous ne pouvez pas lire une composition.

Sam : Super !

Madame Alice : Maintenant, je vous ai distribué un texte de la poétesse Joséphine Bacon. Vous allez le lire et nous allons ensuite étudier la Côte Nord du Québec.

Les élèves plongent dans la lecture. Fin de la scène de cette pièce de théâtre en milieu scolaire.

Les scènes 7 à 10 sont disponibles seulement avec la version complète.

 

Scène 11 de cette pièce de théâtre en milieu scolaire : Le grand jour

Les comédiens replacent le matériel pour qu’on retourne dans la classe. Les élèves entrent bruyamment. Madame Alice ferme la marche. Elle attend que tout le monde prenne place.

 Note de l’auteur : Si la longueur des monologues dépasse les capacités de vos jeunes comédiens, vous pouvez couper dans le texte.

Madame Alice : Je vous sens nerveux et tendus. C’est normal.

Alex : J’avoue que j’ai moins bien dormi.

Madame Alice : On va débuter la journée avec les présentations. La pression va retomber ensuite.

Lou : Charlie est absent ?

Madame Alice : Je me suis entendu avec sa mère. Il se prépare dans un autre local.

Billie : Est-ce que je peux commencer, madame ?

Madame Alice : J’avais pensé piger vos noms au hasard. Mais on peut y aller dans l’ordre qui vous convient.

Billie : J’ai envie que ce soit réglé rapidement.

Madame Alice : T’es une fonceuse.

Billie lui sourit et va s’installer en avant. Madame Alice prend place complètement en arrière.

Madame Alice : Je vous rappelle que vous êtes évalué sur votre expression, la structure de votre contenu et la qualité de votre français. Je me garde aussi une marge de manœuvre d’appréciation personnelle.

Madame Alice fait signe à Billie qu’elle peut débuter. Celle-ci prend une grande respiration. Son texte est appris par cœur. Elle va le réciter un peu rapidement en regardant vers le plafond.

Billie : Avec mon équipe de patinage de vitesse, nous avions une compétition à Lake Placid qui est une ville de l’état de New York qui a reçu deux fois les Jeux olympiques d’hiver en 1932 et 1980. Comme nous étions qu’à quelques heures de route de la grosse pomme, c’est ainsi qu’on surnomme la ville de New York, notre responsable, Mélissa, a décidé d’organiser un séjour de deux nuits à Time Square au centre-ville. J’étais très excitée par ce voyage, tout comme les autres membres de mon équipe. Nous sommes partis tôt un samedi matin afin d’éviter le trafic, car la circulation automobile à New York est complètement démesurée. J’avais déjà visité d’autres grandes villes comme (à la discrétion de la comédienne), mais New York, c’est pas uniquement gros, c’est énorme. Il y a des voitures partout, particulièrement les fameux taxis jaunes et le nombre d’édifices et leur hauteur dépassent l’imagination. Avec l’autobus, nous avons visité les endroits classiques comme la statue de la liberté, l’Empire State Building et le pont de Brooklyn, mais ce que j’ai aimé le plus, c’est de me promener à pied dans les grandes rues comme la Cinquième Avenue avec ses boutiques de luxe. J’avais l’impression d’être dans un film, de vivre un rêve. D’ailleurs, en soirée, nous sommes allés voir une comédie musicale de Broadway. Il s’agit de Hamilton que j’avais déjà vue à la télévision et je peux dire que j’ai eu beaucoup d’émotion en la regardant pour vrai. New York, c’est impressionnant. Mais pas juste à cause de la taille de la ville, mais aussi l’activité, le bruit entre autres. Il y a beaucoup d’hélicoptères touristiques qui tournent autour de l’île comme de grosses libellules. Aussi, j’ai été attristée de voir le nombre important de personnes itinérantes qui dorment sur le trottoir. C’est dommage qu’autant de pauvreté côtoie de grandes richesses. Mélissa nous a dit que c’était à l’image du rêve américain. J’ai quand même apprécié ma visite à New York. Je vous le conseille sans hésiter. Cela a renforcé ma passion pour les voyages. Merci.

Elle salue. Les autres l’applaudissent. Elle veut retourner à sa place, mais Madame Alice intervient.

Madame Alice : À la fin de chaque intervention, je vais vous donner mes premiers commentaires.

Billie fige un peu.

Madame Alice : J’apprécie vraiment que t’aies décidé de passer la première. C’est un bon point pour toi. Ton texte est très bien structuré avec des mots adéquats. Par contre, tu l’as récité un peu trop rapidement et on sentait le « par cœur ».

Elle s’adresse aux autres.

Madame Alice : Il est aussi important de regarder votre public.

Elle revient vers Billie.

Madame Alice : J’ai peut-être l’air un peu critique, mais c’est du bon travail. Félicitations.

Par sa gestuelle, Billie demande si elle peut reprendre place. Madame Alice acquiesce.

Sam : Je pourrais être le prochain.

Madame Alice : Excellent, vas-y.

Sûr de lui, Sam s’avance devant la classe. Il va s’exprimer de manière décontractée. Il tient un carton de notes dans ses mains auquel il va se référer.

Sam : C’est un secret pour personne, j’adore les superhéros. J’écoute tous les films, je collectionne les bandes dessinées, les figurines, les cartes et le moindre bidule qui s’y rattache. L’exercice de l’exposé oral m’a forcé à me poser des questions et à lire de l’information sur l’histoire des superhéros. Ceci sans l’aide de la méchante intelligence artificielle…

Quelques rires dans l’assistance.

Sam :  Tout d’abord, qu’est-ce qu’un super héros ? Voici les caractéristiques. Premièrement, notre personnage a des capacités extraordinaires qui dépassent les possibilités humaines. C’est ce qu’on appelle les superpouvoirs. Ils peuvent voler, voir à travers les murs ou lancer des boules de feu. Certains comme Iron-Man n’ont pas de superpouvoirs, mais plutôt un équipement technologique qui permet de rivaliser avec les super-vilains. Deuxièmement, ils portent un costume distinctif. Au départ, il s’agissait d’un collant inspiré des hommes forts de cirque. Aujourd’hui, les costumes ont énormément évolué. Enfin, troisièmement, ils ont la plupart du temps une double identité, soit une dans la vie de tous les jours souvent secrète et celle publique de superhéros. D’où viennent les superhéros ? Beaucoup de spécialistes considèrent que les dieux ou les demi-dieux grecs comme Hercule sont les ancêtres des superhéros. D’ailleurs, Thor est lui-même un dieu des anciens Vikings. Le premier véritable superhéros est Superman créé en 1938 par Jerry Siegel et Joe Shuster, un dessinateur d’origine canadienne. Batman, créé en 1939 par Bob Kane est le deuxième. Ces deux premiers personnages vont en inspirer des dizaines pour ne pas dire des centaines d’autres prêts à sauver la planète à répétition. Au début des années soixante, la maison d’édition Marvel Comics où travaillent Stan Lee et Jack Kirby, crée des superhéros plus dramatiques avec différents problèmes psychologiques comme Hulk, les Fantastic Four et mon préféré, Spider-Man. Ils vont obtenir beaucoup de succès et révolutionner le genre. En 2009, les Entreprises Disney achètent les droits des éditions Marvel pour les adapter au cinéma dans ce qu’on appelle le MCU, c’est-à-dire le Marvel Cinematic Universe. Il s’agit d’une série de films dont les histoires sont toutes reliées entre elles. Disney et ses concurrents vont énormément exploiter le potentiel des productions de superhéros. Ce qui explique l’explosion de films sur nos écrans de cinéma. Moi, je suis bien content, même si le philosophe Bulc Grounale soutient que « Les superhéros sont l’apothéose d’une société individualiste qui simplifie à outrances des enjeux complexes réglés à coups de poing ». Je réponds au philosophe que je garde la tête bien froide et que je m’amuse beaucoup.

Sam opine du bonnet pour indiquer qu’il a terminé. Le reste de la classe applaudit.

Madame Alice : Je n’ai qu’un mot, super ! Ton sujet est bien analysé et tu as une belle présence. Bravo !

Sam : Merci madame.

Content de lui, Sam retourne à sa place.

Lou : Je suis prête, madame.

Madame Alice : Parfait. Vas-y Lou !

Lou est tout sourire et les autres élèves savent déjà qu’ils vont rigoler. Elle s’installe.

Lou : Dans ma famille, surtout avec mon frère plus vieux et mon père, on se joue beaucoup de tours. Par exemple, à ma fête, il y a deux ans, mes parents avaient acheté un gros gâteau au chocolat avec plein de glaçage et de crème. Après que j’aie soufflé les bougies, mon père m’a dit « Il est très bon ce gâteau au chocolat, mais il a une très mauvaise odeur ». Moi, j’ai eu la réaction de me pencher pour le sentir. Alors, mon père m’a effoiré le visage dans le gâteau.

Lou imite le geste et les bruits. Les autres élèves éclatent de rire.

Lou : J’en avais partout et profondément dans les narines, tellement que j’ai atchoumé du chocolat. Une autre fois, mon frère s’était préparé des sandwichs au saumon fumé pour une randonnée en montagne. Comme il s’était couché tôt, j’ai ouvert le frigo… Il faut que je vous raconte que mon frère, il nous fait toujours des blagues avec les lunchs. Parfois, ma mère me met des œufs cuits durs dans mon sac à dîner. Lui, il les remplace par des œufs ordinaires non cuits. La première fois, je ne me suis pas méfié. J’ai cassé la coquille et tout le liquide m’a dégouliné entre les doigts. Maintenant, je demande à ma mère d’enlever la coquille. Une autre fois, il avait mis des piments très piquants dans le sandwich au jambon de mon père. Il parait que mon père a craché du feu. Ensuite, pour se venger, mon père a brassé la cannette de liqueur de mon frère. Quand il l’a ouvert, ça pissait partout. Chez nous, il faut toujours être sur ses gardes.

Gabrielle : Toi, qu’est-ce que tu avais mis dans le sandwich au saumon de ton frère ?

Lou : Ah oui ! J’oubliais ! Mon frère a horreur des pickles.

Gabrielle : Des pickles ?

Madame Alice : Des cornichons.

Lou : C’est ça. J’ai simplement remplacé son sandwich au saumon par un autre aux pick… aux cornichons.

Lou se bidonne.

Lou : Ma mère n’a jamais joué de tour sauf une fois et elle l’a préparé durant plusieurs années. Elle avait amassé dans une boîte secrète les ampoules de lumière brûlées de la maison. Une bonne journée, alors que tout le monde était à l’école ou au travail, elle a remplacé toutes les ampoules en bon état par des ampoules brûlées. Quand nous sommes rentrés en soirée et qu’on a voulu s’éclairer, rien ne fonctionnait. Ce qui était difficile à comprendre, car il y avait bel et bien de l’électricité. Nous avons été obligés de nous éclairer avec les chandelles qu’elle avait laissées sur la table. C’était génial. Ma mère ne nous a joué qu’un seul tour, mais c’est elle la king, eh la reine… J’ai terminé !

Éden : C’était drôle.

Madame Alice : Oui, mais on sentait le manque de préparation. Une anecdote a été racontée dans le désordre et certains mots provenaient du langage populaire.

Lou : Désolé Madame.

Madame Alice : Si je comprends bien; jouer des tours, c’est ta passion ?

Lou : Plus tard, je veux devenir humoriste.

Madame Alice : Bel objectif. Tu es une bonne conteuse. Mais il faudra travailler tes textes davantage. Bravo, tu peux retourner à ta place.

Lou est tout de même fière d’elle.

Madame Alice : Un ou une volontaire pour continuer.

Silence pesant.

Pour obtenir la fin de l’histoire et les scènes 7 à 10, achetez cette pièce de théâtre en milieu scolaire

 

Tableau pièce de théâtre en milieu scolaire

 

Tableau des répliques par personnages et par scène de cette pièce de théâtre en milieu scolaire

 

Je travaille pour une école du Québec

Les écoles publiques et privées qui relèvent du ministère de l’Éducation du Québec peuvent obtenir les textes de théâtre sans frais grâce à un programme de droits de reprographie géré par Copibec.

Il faut une adresse courriel officielle d’un centre de service scolaire ou d’une école privée pour profiter de ce programme. Les élèves ne peuvent demander directement un texte.

Le nombre de pièces auxquelles vous avez droit annuellement peut être limité.

Chaque demande est analysée et vérifiée. Nous tentons de répondre dans un délai de deux jours ouvrables.

Je veux comprendre le droit d’auteur

Il faut d’abord savoir que le droit d’auteur est multiple.

Le droit de reprographie

Lorsque vous distribuez un texte à des comédiens et comédiennes, que ce soit de façon imprimée ou électronique, vous devez obtenir l’autorisation de l’auteur et payer des droits. En achetant un texte sur notre site Animagination, vous obtenez automatiquement l’autorisation et les droits, mais pour un projet unique. Le projet doit se réaliser dans un contexte amateur ou scolaire. Pour le domaine professionnel, il faut plutôt s’entendre avec l’auteur.

Notez que la procédure est différente pour les écoles du Québec. Consulter la section Je travaille pour une école du Québec.

Le droit de représentation

Que la ou les représentations soient gratuites ou qu’il y ait des droits d’entrée, vous devez vous procurer des droits de représentation pour respecter le droit d’auteur. Il n’existe que deux types d’exception : dans un milieu éducatif où l’audience est composée uniquement d’élèves (aucun parent) et à l’intérieur d’une cellule familiale où aucun étranger n’est invité.

Sur le site Animagination, vous pouvez vous procurer les droits de représentation lors de l’achat du texte ou revenir plus tard lorsque la ou les dates de représentation sont déterminées. Il est fortement conseillé de vous procurer ces droits avant les représentations.

Rappelez-vous que les droits d’auteur sont les seuls revenus de l’écrivain. C’est ce qui lui permet de continuer à écrire de belles histoires pour les jeunes.

Le droit moral

L’auteur a droit au respect de son œuvre. Elle ne peut être modifiée ou adaptée sans son consentement. Cependant, pour les textes du site Animagination vous n’avez pas besoin d’autorisation pour les modifications suivantes : changement d’un nom de lieu, transformation du genre d’un personnage, changement d’une expression qui n’est pas commune à l’endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l’auteur.

Pour plus de détails, consultez notre Foire aux questions au bas de chaque page de la section Textes de théâtre.

Ce texte est fortement inspiré d’un feuillet d’information de la Société québécoise des auteurs et autrices dramatiques (SoQAD).

Théâtre Animagination
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