La mystérieuse île de l’Ogre

De Luc Boulanger

Résumé

Les jeunes d’un village côtier s’ennuient durant l’été. Ils prennent alors l’initiative de partir en expédition vers la mystérieuse île de l’Ogre sans prévenir leurs parents. Ils vivront moult aventures aboutissant à un dénouement plus que surprenant.

Une histoire à jouer est un genre de théâtre idéal pour les novices. Un narrateur ou une narratrice lit le texte tandis que les comédiens et comédiennes jouent sur la scène. Les répliques peuvent être dites directement par les comédiens et comédiennes ou encore par la narration. Ce style théâtral met résolument en valeur l’aspect collaboratif du jeu de groupe.

Fiche technique

  • Style/Thème : Histoire à jouer
  • Lieu : Plage
  • Nombre de comédiens : 6 et plus
  • Durée : 15 min. (5 pages de narration)
  • Âge : 5 à 8 ans
  • Niveau : Débutant

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Informations générales

Théâtre Animagination

Extrait de la pièce

La mystérieuse île de l’Ogre

Histoire à jouer de Luc Boulanger

Une histoire à jouer est un type de théâtre idéal pour les débutants et débutantes. Un narrateur ou une narratrice lit le texte pendant que les comédiens et comédiennes jouent sur la scène. Les répliques peuvent être dites directement par les comédiens et comédiennes ou encore par la narration. Ce type de théâtre met l’accent sur le jeu de groupe.

Les personnages

Jasmine, petite fille espiègleCharles, garçon responsable
Mariette, souriante et calmeMalik, sérieux
Francesca, énergiqueYann, père de Malik

Il est possible d’ajouter des personnages et de répartir les répliques autrement. Des jeunes peuvent également participer dans cette histoire à jouer sans avoir de répliques.

Le texte de cette histoire à jouer est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

 

Le texte

Comme son nom l’indique, Paisible-sur-Mer est un petit village sur le bord de l’océan. Tous les jours de l’été, les enfants des environs se rejoignent sur la belle et longue plage de sable. On peut les voir se baigner dans l’eau cristalline et tranquille de la baie. Souvent, ils se lancent le ballon en riant. Ils organisent également des parties de foot sur la plage ensoleillée. Alors tout le monde se met à courir et veut montrer aux autres son immense talent.

Malgré tout, certains jours, les enfants s’ennuient. Ils s’assoient alors sur le sable et regardent un peu partout. Jasmine, une petite fille espiègle aux yeux pétillants dit à ses amis : « Nous jouons toujours aux mêmes jeux. » Charles, un des garçons les plus âgés ajoute : « C’est vrai, il faudrait trouver de nouvelles activités. » Les enfants réfléchissent en se grattant la tête. « Et si on jouait à cache-cache », s’exclame la toujours souriante Mariette. Le sérieux Malik répond en faisant non de la tête : « Tu as déjà oublié. Nous avons joué ce matin et hier après-midi. » Mariette se frappe la main sur le front en disant : « C’est vrai. »

C’est alors que Francesca se lève pour crier : « J’ai une idée. » Tous les autres répondent en même temps : « Qu’est-ce que c’est ? » Francesca les regarde avec un sourire en coin : « Nous pourrions aller explorer la mystérieuse île de l’Ogre. » Un silence s’installe. Personne n’ose parler, car il est interdit de mettre le pied sur cette île. Les gens du village racontent qu’elle est hantée. Malik est le premier à briser le silence : « À quoi tu penses ? C’est dangereux ! » La plupart des enfants semblent d’accord avec Malik, mais Charles intervient : « Voilà pourquoi cette idée est intéressante. » Tout le groupe en discute durant plusieurs minutes. À la fin, la majorité s’est ralliée à Charles et est d’accord pour organiser une expédition dès le lendemain. En fait, seul Malik refuse de participer au projet. Il est très en colère quand il dit : « Vous allez attirer le malheur sur le village. » Charles lui répond : « Les courageux écrivent l’histoire. » Très fâché, Malik quitte le groupe.

Les enfants ont décidé de partir dès le lendemain matin au lever du soleil. Sans le dire à leurs parents, ils se sont levés tôt et se sont tous préparé un sac avec de la nourriture et des vêtements chauds. Charles a trouvé une vieille barque abandonnée non loin de la plage. Elle est encore en bon état pour une traversée de quelques kilomètres. Il demande l’aide de tous pour traîner la barque jusqu’au bord de l’eau. Bien qu’il soit téméraire, Charles est tout de même responsable. Il installe chaque enfant dans la barque de manière qu’elle soit bien équilibrée et que chacun puisse ramer à son aise.

On est maintenant prêt à prendre la mer. Les enfants regardent l’île de l’Ogre au loin avec un peu d’inquiétude. Avec l’éclairage du soleil naissant et la brume du matin qui flotte tout autour, on dirait une tête de monstre qui expire de la fumée par les narines. Mais Charles est déterminé et lance un « En avant pour l’aventure ! »

La barque et tout son équipage s’élancent sur l’eau. Comme la température est encore fraîche, il fait bon ramer. Cela réchauffe et donne confiance. Tout à coup, Francesca pointe au loin : « Des dauphins ! » Tout le monde s’arrête pour contempler le spectacle de ces acrobates de la mer qui sautent et plongent dans un numéro qui semble chorégraphié pour éblouir. Les dauphins passent très près de la barque et en font pratiquement le tour. Les enfants ne manquent pas de les récompenser avec de belles exclamations de surprise et d’émerveillement : « Oh ! ah ! » Puis, aussi rapidement qu’ils étaient apparus, les dauphins repartent. On entend encore quelques instants leurs petits cris stridents qui ressemblent à des moqueries. Pour Charles, ce petit moment de joie est de bon augure : « Cela va nous porter chance. »

Mais il ne faut pas rester longtemps sans ramer, sinon la barque va dériver. Alors les enfants se remettent au travail. Ils rament, rament et rament encore et l’île ne semble pas se rapprocher. On pourrait même penser qu’elle recule à mesure qu’on avance comme si elle voulait garder ses distances. Mariette qui accompagne souvent son père à la pêche rassure les autres : « C’est une illusion ; comme on s’approche tranquillement, nous avons l’impression de ne pas avancer. » Mariette a raison, la barque progresse lentement mais sûrement vers l’île.

Maintenant, le soleil est plus haut et ses rayons chauds commencent à faire sentir leur présence. Les enfants ont soif. Charles qui se considère comme le capitaine de l’expédition estime qu’il est temps de boire et de manger une collation. Il demande à tous de cesser de ramer. Jasmine se penche alors pour prendre son sac et s’aperçoit qu’il est trempé. Une bonne quantité d’eau s’est accumulée au fond de la barque. Jasmine panique un peu : « Nous avons une fuite. Nous allons couler. » Mariette s’empresse d’examiner la situation. Elle réalise qu’il s’agit d’une petite fuite : « Rien de grave pour l’instant. Mais il faudra écoper. » Charles qui avait tout de même prévu le coup tend une tasse à Jasmine. Pendant le reste du voyage, elle devra prendre l’eau au fond de l’embarcation et la jeter par-dessus bord.

Le soleil continue à monter dans le ciel et l’île devient de plus en plus imposante. En fait, elle devient tellement impressionnante que les enfants sentent monter en eux un sentiment de frayeur ; même Charles reste figé devant cet immense bloc rocheux. C’est qu’il vient de constater qu’il n’existe aucune plage pour aborder. Tout ce que l’on peut voir, ce sont de fortes vagues qui vont se fracasser sur les parois de pierre. Mariette qui a déjà vécu pareille situation avec son père s’écrie : « Il faut ramer très fort pour faire le tour de l’île. » Alors tout le monde se met à ramer, mais de façon désordonnée si bien que l’embarcation commence à pivoter sur elle-même et menace d’aller s’écraser sur les rochers. Les enfants s’affolent, hurlent de peur et s’attendent au pire. À travers la houle, on entend Francesca qui s’époumone : « Nous avons attiré le malheur sur nous. »

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Ce texte est fortement inspiré d’un feuillet d’information de la Société québécoise des auteurs et autrices dramatiques (SoQAD).